Définition dans McClintock & Strong

Anthony Benezet

Benezet, Anthony

Benezet, Anthony, philanthrope éminent et opposant à l'esclavage, naquit à Saint-Quentin, Picardie, France, le 31 janvier 1713. Ses parents, chassés de France par la persécution papiste, s'établirent à Londres en février 1715, et durant leur séjour là devinrent quakers. La famille vint à Philadelphie en novembre 1731. Anthony commença une carrière de commerce tôt; mais bientôt après son mariage, en 1740, lorsque ses affaires prospéraient, il quitta le commerce, et en 1742 accepta la charge de directeur de l'école anglaise des Friends à Philadelphie, poste qu'il conserva jusqu'en 1782, quand il le remit pour se consacrer à l'enseignement dans une école pour enfants de couleur. «Si grande était sa sympathie pour tout être capable de sentir la douleur, qu'à la fin de sa vie il résolut de ne plus manger de chair animale. Ce changement dans son mode de vie est supposé avoir été la cause de sa mort. Son esprit actif ne céda point à la faiblesse du corps. Il persista à assister à son école jusque dans les derniers jours.» Des gens de toutes conditions et de toutes Églises, ainsi que des centaines de Noirs, accompagnèrent ses restes au tombeau. Un officier ayant servi dans l'armée pendant la guerre contre la Grande-Bretagne observa alors: «Je voudrais être Anthony Benezet dans ce cercueil plutôt que George Washington, avec toute sa renommée.» «Peu d'hommes depuis les jours des apôtres ont vécu une vie plus désintéressée; et cependant, sur son lit de mort, il exprima le désir de vivre un peu plus, 'afin qu'il pût abattre le moi.' La dernière fois qu'il traversa sa chambre ce fut pour prendre de son bureau six dollars, qu'il donna à une pauvre veuve qu'il soutenait depuis longtemps.» Par son testament il léga sa succession, après le décès de sa femme, à certains administrateurs, pour l'usage de l'école africaine. L'objet principal de la vie de Benezet, pendant de longues années, fut d'exciter l'opinion publique contre l'esclavage et la traite des esclaves. Au retour de la paix en 1783, il adressa une lettre à la reine de Grande-Bretagne pour solliciter son influence en faveur de l'humanité. À la fin de cette lettre il dit: «J'espère que vous voudrez bien excuser la liberté prise en cette occasion par un vieil homme, dont l'esprit, depuis plus de quarante ans, a été fort séparé du cours commun du monde, et longtemps péniblement exercé dans la considération des misères sous lesquelles une si grande partie de l'humanité, également que nous sujets de l'amour rédempteur, souffre l'oppression la plus injuste et la plus lourde, et qui désire sincèrement le bonheur temporel et éternel de la reine et de son royal époux.» Il publia de nombreux pamphlets sur le sujet, et aussi un Account of that Part of Africa inhabited by Negroes (1762); un Caution to Great Britain and her Colonies, in a short Representation of the Calamitous State of the Enslaved Negroes in the British Dominions (1767); Historical Account of Guinea, with an Inquiry into the Rise and Progress of the Slave-trade (1771); Short Account of the Religious Society of Friends (1780); Dissertation on the Plainness and Simplicity of the Christian Religion (1782); Observations on the Indian Natives of this Continent (1784). On dit que les écrits de Benezet éveillèrent d'abord l'attention de Thomas Clarkson sur la question de l'esclavage. — Allen's Biographical Dictionary; Allibone, Dictionary of Authors, 1, 169; Le Bas, Dict. Encyc. de la France.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.