Définition dans McClintock & Strong

Anima Mundi

Anima Mundi « l'âme du monde », selon quelques systèmes philosophiques, est une substance-âme pénétrant l'univers entier de la même manière que l'âme humaine pénètre le corps. Que les pythagoriciens aient supposé une anima mundi particulière n'est pas certain ; mais Platon considère l'existence du cosmos comme essentiellement médiée par l'anima mundi. Pour lui, elle est un produit de l'architecte du monde, de la raison la plus haute, comme lien de connexion entre la raison pure et le sensible, qui donne mesure et ordre à ce dernier. Aristote n'admit pas une anima mundi particulière. Chez les Stoïciens, la conception de celle-ci coïncide avec celle d'une puissance divine primitive produisant toute chose à partir d'elle-même. Avec Plotin et les néoplatoniciens, l'anima mundi n'est pas un produit immédiat de l'unité primitive la plus haute, mais émane d'elle par l'intermédiaire du νοῦς (raison). Plotin distingua parfois entre une anima mundi supérieure, être absolument non-sensuel et séparé du monde corporel, et une anima mundi inférieure, reliée aux corps de l'univers de manière analogue à celle dont l'âme individuelle est liée à son corps. L'origine de cette opinion philosophique doit se chercher dans le désir de trouver, entre la cause primitive de toutes choses et le monde phénoménal, des liens de connexion qui rendent l'origine de ce dernier à partir de la première plus aisément compréhensible. Le christianisme, qui fait remonter l'origine du monde à un acte créateur immédiat d'Elohîm, rejette entièrement la notion d'une anima mundi particulière. — Pierer, 19, 89. VOIR PANTHÉISME.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.