Définition dans McClintock & Strong

André Martel

Martel, Andre

Martel, Andre, théologien protestant suisse, naquit à Montauban en 1618 ; étudia la théologie à Saumur, et fut nommé pasteur de Saint-Affrique. En 1647 il fut appelé à Montauban pour remplir la même charge. En 1653 il devint professeur de théologie à l'académie réformée de cette ville ; il en fut recteur en 1660, lorsqu'il fut transféré à Puylaurens. Bien que très réservé sur tout ce qui pouvait blesser les prétentions du clergé catholique, il fut néanmoins impliqué dans un procès intenté contre les pasteurs de Puylaurens, accusés d'avoir reçu dans l'Église ceux qui, convertis un jour au catholicisme, étaient retombés dans le protestantisme, contrairement aux prescriptions royales d'avril 1663, de juin 1665, et d'avril 1666. Il fut conduit avec eux aux prisons de Toulouse. L'attention du gouvernement se porta particulièrement sur lui ; on espérait que s'ils réussissaient à lui extorquer une abjuration, son exemple attirerait un grand nombre de ses coreligionnaires, et servirait d'excuse à ceux qui ne demandaient qu'un prétexte pour passer au catholicisme. Sa modération en faisait aussi espérer la réussite. On essaya donc de le faire céder tantôt par des menaces, tantôt par des promesses. Tout fut inutile, et on le relâcha enfin. Après la révocation de l'Édit de Nantes, les ministres de Montauban et des églises voisines se retirèrent en Hollande. Martel préféra la Suisse, et se retira dans le canton de Berne, où il obtint très vite la direction d'une des principales églises. Il mourut à Berne vers la fin du XVIIe siècle, vers soixante-dix ans. Parmi les ouvrages de Martel on trouve Response a la methode de M. le cardinal de Richelieu (Rouen, 1674, 4to). Cette réponse, dit Cathala-Couture, indique chez l'auteur une connaissance profonde, et, par-dessus tout, un ton de modération et de bienséance bien éloigné de l'amertume et du fanatisme qui prévalent ordinairement dans la plupart des œuvres de controverse : — De Natura Fidei et de Gratia efficaci (Montauban, 1653, 4to) : — thèse inaugurale — un certain nombre de thèses qu'il prononça, durant sa présidence, aux étudiants de l'académie de Montauban, de 1656 à 1674 : — une collection de sermons que Cathala-Couture lui attribue, sans toutefois en donner les titres en détail. Voir Cathala-Couture, hist. du Quercy, vol. iii ; Haag, La France Protestante ; Bayle, Nouvelles Lettres (La Haye, 1739), p. 314, 315 ; Hoefer, Nouv. Biog. Generale, vol. 33, s.v.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.