Définition dans McClintock & Strong

Amalric de Bena

Amalric of Bena

Amalric de Bena ou de Chartres (Latin, Amalricus ou Emelricus ; en français, Amaury), théologien et philosophe médiéval célèbre, né à Bena, village près de Chartres, vécut à Paris vers la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle. Il enseigna la dialectique et les arts libéraux du Trivium et du Quadrivium. Il entreprit d'expliquer les ouvrages métaphysiques d'Aristote, nouvellement traduits en latin, en partie d'après des manuscrits récents, en partie d'après des versions arabes venues d'Orient. Dans ces ouvrages Amalric avance l'opinion que tous les êtres procèdent d'une première matière, qui en elle-même n'a ni forme ni figure, mais en laquelle le mouvement est continuel et nécessaire. Les Arabes avaient déjà introduit cette philosophie en Europe occidentale ; dès le IXe siècle Scot Erigène enseignait que la première matière était toute chose, et qu'elle était Dieu. Bien que l'audace de ce langage fût fréquemment blâmée, la doctrine d'Erigène n'a jamais été expressément condamnée, et Amalric n'hésita donc pas à la professer à nouveau. Il soutint aussi l'idéalité de Dieu et de la première matière, prétendant réconcilier cette vue avec les écrits de Moïse et la théologie de l'Église catholique. De la mobilité continue et nécessaire de la première matière il conclut que tous les êtres particuliers devaient en fin de compte retourner dans le sein de l'Être des Êtres, seul indestructible, et que, avant cette consommation ultime, les vicissitudes de la nature diviseraient l'histoire du monde et de la religion en trois périodes correspondant aux trois personnes de la Trinité. VOIR ALMERICIANS. Il développa ses idées surtout dans une œuvre intitulée «Physion, a Treaty of Natural Things.» Ce livre fut condamné par l'Université de Paris en 1204. Amalric fit appel de cette sentence au pape et s'en alla lui-même à Rome ; mais le pape Innocent III confirma la sentence en 1207. Amalric fut contraint de se rétracter, ce qu'il fit avec grande réticence. Il mourut de chagrin en 1209. En 1210, lorsque dix de ses principaux disciples furent brûlés, le corps d'Amalric fut exhumé et ses os furent brûlés, avec ses livres, y compris la métaphysique d'Aristote. — Herzog, Real-Encyklopadie, 1, 268 ; Hoefer, Biog. Generale, 2, 305.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.