Définition dans McClintock & Strong
Aloès / Bois d'aloès
Aloe, Aloes, or Lign-aloe
Aloe, Aloes, or Lign-Aloe
arbre oriental, ayant un bois odoriférant, mais entièrement différent de la plante d'où l'on tire la résine amère aloès employée en médecine. Les mots hébreux ahalim' et ahaloth' (אֲהָלוֹת אֲהָלִים) se rencontrent en Ps. 45:8, «Tous tes vêtements exhalent la myrrhe, l'aloès (Sept. στακτή), et la cannelle»; Pr. 7:17, «J'ai parfumé mon lit de myrrhe, de cannelle et d'aloès» (Sept. omet); Cant. 4:14, «Nard et safran, calamus et cannelle, avec tous les arbres d'encens, myrrhe et aloès (Sept. άλώθ), avec toutes les épices premières.» D'après les articles qui leur sont associés (les deux noms indiquant la même chose), il est évident qu'il s'agissait d'une substance odoriférante probablement bien connue dans l'antiquité. VOIR AROMATIQUES.
Ce bois ou cet arbre fut appelé par les Grecs ἀγάλλοχον, et plus tard ξυλαλόη (Dioscor. 1:21), et a été désigné par les modernes sous les noms d'aloe-wood, paradise-wood, eagle-wood, etc. Les botanistes modernes distinguent deux sortes; l'une, authentique et la plus précieuse, l'autre plus commune et inférieure (Ainslie, Materia Indica, 1, 479 sqq.). La première (Cynometra agallocha, ou Aquilaria ovata de Linn.) croît en Cochinchine, en Siam et en Chine, n'est jamais exportée, et est d'une telle rareté en Inde même qu'elle vaut son poids en or (Martins, Lehrbuch der Pharmakognosie, p. 83 sqq.). Des pièces de ce bois, résineuses, de couleur sombre, lourdes et perforées comme par des vers, sont appelées calambac; l'arbre lui-même est nommé par les Chinois suk-hiang. Il est décrit comme grand, avec un tronc droit et des branches élevées. L'autre espèce, plus commune, s'appelle garo dans les Indes orientales, et est le bois d'un arbre croissant aux Moluques, l'Excoecaria agallocha de Linné (Oken, Lehrb. d. Naturgesch. II, 2:609 sqq.; Lindley, Flora Med. p. 190 sqq.). Les feuilles ressemblent à celles d'un poirier; il a un suc laiteux qui, en vieillissant, se durcit en une résine odoriférante. Le tronc est noueux, tortueux et ordinairement creux (voir Gildemeister, De Rebus Indicis, fasc. 1:65). Le nom vernaculaire en Inde est aghil (sanskrit agaru); d'où les Européens qui visitèrent l'Inde lui donnèrent le nom de lignum aquiloe, ou bois d'aigle. Du reste, le nom hébreu semble aussi en être dérivé (Gesenius, Thes. Heb. p. 33), que la Vulgate, en Nu. 24:6, a rendu par «As tents which the Lord hath spread;» au lieu de «As aloe-trees which the Lord hath planted» — dans notre version, «lign-aloes.» L'aloe-wood, selon Hérodote, était employé par les Égyptiens pour embaumer les cadavres; et Nicodème en apporta, mêlé de myrrhe, pour embaumer le corps de notre Seigneur Yéhoshoua (Jn. 19:39). D'autres, cependant, pensent que les aloes (ἀλόη) avec lesquels le corps du Mashiah (Christ) fut embaumé étaient un extrait d'une plante différente, l'arbuste épineux connu parmi nous sous ce nom (Penny Cyclopaedia, s.v. Agave). Quelques-uns encore considèrent le lign-aloe de l'Ancien Testament comme un arbre est-indien différent du précédent, à savoir l'Aquilaria agallochum, mais s'il est identique à la variété la plus précieuse susdite demeure incertain (Celsius, Hierobot. 1, 135). Une sorte inférieure d'aloès serait aussi obtenue de l'Aquilaria Malaccensis (Rumphius, Herbar. Amboin. 2, 29 sqq.). Les aloes des anciens étaient procurés d'Arabie et d'Inde (Salmasius, Exerc. ad Pliny 2, 1054 sqq.). Il est encore fort estimé comme article de luxe en Orient (Harmar, Observ. 2, 149; Kampfer, Amoen. p. 904; Burckhardt, Arabia, 1, 216; Hartmann, Hebr. 1, 315 sqq.; Lamarck, Enc. Meth. 1, 422-429; Roxburgh, Flora Ind. 2, 423).
La plante qui a la réputation de produire les meilleurs aloès des boutiques modernes est l'Aloe Socotrina, originaire du Cap de Bonne-Espérance et de l'île de Socotra, mais aujourd'hui cultivée communément dans les Antilles. La résine est obtenue par inspissation du suc des feuilles (Penny Cyclopaedia, s.v. Aloe). VOIR BOTANIQUE, et VOIR LIGN-ALOE.
