Définition dans McClintock & Strong

Alléluia (chant liturgique)

Alleluia (2)

Alleluia Le chant de ce mot hébreu, signifiant «Louez le Seigneur», comme Amen et Sabaoth, provient de l'usage de l'Église de Jérusalem. On l'attribue au pape Damas. Le pape Grégoire permit qu'il fût chanté hors du temps pascal. L'alleluia inclusio était la clôture du temps pour chanter l'alleluia, de Noël à l'Épiphanie. La fameuse Victoire de l'Alleluia fut remportée par saint Germanus et les Bretons chantant l'Alleluia (apr. J.-C. 492) à Pâques sur les Saxons et les Pictes. Le samedi avant la sexagésime fut appelé «samedi de l'Alleluia», parce que l'Alleluia était alors chanté pour la dernière fois jusqu'au Temps pascal. Grégoire ordonna que l'Alleluia fût chanté non seulement à Pâques, mais durant toute l'année. Il fut admis aux funérailles. Alexandre II prohiba l'Alleluia dans la liturgie dans l'intervalle entre la sexagésime et la veille de Pâques, et le IVe concile de Tolède l'interdit pendant tous les jours de jeûne. Il était employé dans la messe pour représenter le titre hébreu de la croix, ainsi que Kyrie eleison rappelait le grec. Victor d'Utique l'appela la Mélodie alléluiaque. À la Circoncision, qui était un jour de jeûne en protestation contre les réjouissances païennes, l'Alleluia n'était pas chanté. Le peuple le chantait ensemble dans le service divin, les moines se rassemblaient à son son, et le laboureur aux champs et le marin en mer l'entonnaient dans les premiers jours de l'Église. Dès le IVe siècle, l'Alleluia semble être bien connu comme le cri chrétien de joie ou de victoire, et comme une expression d'encouragement. Un usage spécial de l'Alleluia se trouve dans les liturgies d'Orient et d'Occident. Dans la plupart des liturgies orientales il suit immédiatement l'Hymne chérubique, qui précède la grande entrée, par ex. dans celles de Saint Jacques, de Saint Marc et de Saint Chrysostome. Dans la liturgie mozarabe il est chanté après l'Évangile, pendant que le prêtre effectue l'oblation; tandis que dans l'Occident il précède immédiatement la lecture de l'Évangile. Dans les premiers temps il semble avoir été simplement intoné par le cantor qui avait chanté le gradual, debout sur les degrés de l'ambon, et répété par le chœur. Avant le VIIIe siècle naquit la coutume de prolonger la dernière syllabe de l'Alleluia et de la chanter sur des notes musicales; ceci fut appelé jubilatio. Dans l'arrangement romain des offices ordinaires, l'Alleluia suit l'Invocation, mais de la sexagésime au jeudi de la Semaine Sainte on substitue le verset «Laus tibi, Domine, Rex aeternae gloriae.»

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.