Définition dans McClintock & Strong

Accident (philosophie/théologie)

Accident

Accident terme de philosophie employé pour exprimer ce qui est simplement accessoire à une substance, et non essentiel à celle-ci, c.-à-d. que la circularité est un accident de tout corps, puisqu'il demeure corps de même, qu'il soit rond ou carré. En théologie ce mot est utilisé en rapport avec la doctrine romaine de la transsubstantiation, qui enseigne que les accidents du pain et du vin dans la sainte Eucharistie continuent à subsister sans sujet : « Accidentia autem sine subjecto in eodem [sacramento] subsistunt » (Aquinas, Opuscula, p. 57). Et le catéchisme du concile de Trente s'exprime ainsi : « Tertium restat, quod in hoc Sacramento maximum atque mirabile videatur, panis videlicet et vini species in hoc Sacramento sine aliqua re re subjecta constare » (Par. 2, nº 44). En défense de cette doctrine, les écrivains romains arguent ainsi : Si les accidents eucharistiques ont quelque sujet, ce sujet doit être ou bien (1) la matière du pain, ou (2) la surface du corps du Seigneur, ou (3) l'air et autres corpuscules contenus dans les pores, etc., de la matière, quelle qu'elle soit, qui, par l'ordre de Elohîm, continuent à subsister après la dissolution de la matière, de sorte à produire les mêmes sensations. Or (1) ils ne peuvent avoir pour sujet la matière du pain, parce que cette matière ne subsiste plus, et est changée en le corps de Yéhoshoua (Jésus) ; (2) ils ne peuvent avoir pour sujet la surface du corps du Seigneur, parce qu'elle n'est présente que d'une manière invisible ; et (3) l'air ne peut être le sujet de ces accidents, parce que les mêmes accidents, numero, ne peuvent passer d'un sujet à l'autre ; et parce, de plus, que l'air ne peut à la fois être la substance de ses propres attributs et de ceux du pain (Thomas Aquinas, par. 3, qu. 77, art. 1, in corp). On objecte encore que la doctrine contraire, à savoir qu'ils ne sont pas réellement les accidents du pain et du vin, mais n'apparaissent tels qu'à nos sens, détruit la nature et l'idée d'un sacrement et de la transsubstantiation. Qu'un sacrement, par sa nature même, est essentiellement un signe sensible, non seulement relativement à nous, mais en soi-même, c.-à-d., dans le langage des écoles, non seulement ex parte nostri, mais ex parte sui ; et que, par conséquent, si tout ce qui est réel et physique dans les accidents eucharistiques consiste en ceci que Elohîm les fait produire en nous, après la consécration, les mêmes sensations qu'autrefois produisait le pain, le sacrement n'est plus un signe sensible ex parte sui, en lui-même, mais seulement ex parte nostri ; et, par conséquent, quand Elohîm cesse de produire de telles sensations en nous, comme par ex. quand l'hostie consacrée est enfermée dans la pyxide, ce n'est plus un sacrement. On soutient encore que tenir qu'ils ne sont pas de purs, ou absolus, accidents détruit également la nature de la transsubstantiation, parce que (1) la transsubstantiation est une conversion réelle du pain et du vin au corps et au sang de Yéhoshoua (Jésus). Or, dans toute conversion il doit y avoir quelque chose de commun aux deux substances demeurant le même après le changement qu'il était auparavant, sinon ce serait simplement une substitution d'une chose à une autre. Comme donc, dans la sainte eucharistie, les substances du pain et du vin ne demeurent pas après la consécration, il s'ensuit que ce qui demeure est le pur accident. (2) Ceux qui s'opposent à la doctrine des accidents absolus enseignent qu'un corps diffère d'un autre seulement par la configuration différente de ses parties ; et que là où il y a la même configuration de parties, il y a le même corps ; et où les mêmes sensations sont produites, il y a aussi les mêmes arrangements de parties pour les produire. Si cela est, puisque, dans la sainte eucharistie, les mêmes sensations sont produites après la consécration qu'avant, il doit y avoir la même configuration de parties après la consécration qu'avant, ou le même corps ; en d'autres termes, il n'y a pas de changement, pas de transsubstantiation. — Landon, Eccl. Dictionary, s.v. VOIR TRANSUBSTANTIATION.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.