Définition dans McClintock & Strong
Abimelech
Abim'elech (Hébr. Abime'lek, אֲבַימֶלֶךְ, père [c.-à-d. ami] du roi, ou peut-être c.-à-d. père royal; Sept. Α᾿βιμελεχ, mais Α᾿χιμέλεχ en 1 Chroniques 18:16; Josèphe Α᾿βιμέλεχος), nom de quatre hommes. D'après la récurrence de ce nom parmi les rois des Philistins, et d'après son interchangeabilité avec le nom "Achish" dans le titre du Psaume 34, il semblerait que, dans cette application, ce ne fût pas un nom propre, mais plutôt un titre général, comme Pharaon chez les Égyptiens. Comparer le titre Padishah, c.-à-d. «père du roi», donné aux rois de Perse, que Ludolf (Lex. AEthiop. p.350) suppose dériver d'une salutation de respect semblable à celle des Éthiopiens, abba nagasi, équivalant à «Dieu sauve le roi» (Simonis Onomast. p.460). Comp. VOIR AHASUERUS. 1. Roi philistin de Guérar (q.v.) à l'époque d'Abraham (Genèse 20:1 s.), av. J.-C. 2086. Abraham se rendit dans son territoire peut-être au retour d'Égypte; et, craignant que l'extrême beauté de Sarah (q.v.) ne lui attirât des difficultés, il déclara qu'elle était sa sœur (voir S. Chandler, Vind. of O. T. p.52). La conduite d'Abimélec, en prenant Sarah dans son harem, montre que, dès ces temps anciens, les rois se réclamaient du droit d'approprier les femmes vierges non seulement de leurs sujets naturels, mais aussi de ceux qui séjournaient dans leurs domaines. La même coutume subsiste encore dans les pays orientaux, surtout en Perse (Critical Review, 3:332). VOIR FEMME. Un autre exemple contemporain de cette coutume se rencontre en Genèse 12:15, et un de date plus tardive en Esther 2:3. Mais Abimélec, obéissant à un avertissement divin communiqué en songe, accompagné de l'information qu'Abraham était une personne sacrée ayant commerce avec Elohîm, lui rendit sa femme (voir J. Orton, Works, 1:251). En marque de respect il ajouta des présents précieux, et offrit au patriarche un établissement dans n'importe quelle partie du pays; mais il n'hésita néanmoins pas à reprendre, avec une délicatesse mêlée de sarcasme (voir C. Simeon, Works, 1:163), la tromperie dont il avait été l'objet (Genèse 20). Le présent consistait en partie en mille pièces d'argent, comme «une couverture des yeux» pour Sarah; c.-à-d., selon quelques-uns, comme présent expiatoire, et pour être un témoignage de son innocence aux yeux de tous (voir J. C. Biedermann, Meletem. Philol. 3:3; J. C. Körner, Exercitt. Theol. 2; J. A. M. Nagel, Exercitt. Philol. Altd. 1759; J. G. F. Leun, Philol. Exeg. Giess. 1781). D'autres, de façon plus heureuse (VOIR COVERING OF THE EYES), pensent que le présent visait à procurer un voile pour Sarah afin de dissimuler sa beauté, qu'elle ne fût pas convoitée à cause de sa comeliness; et «ainsi fut-elle réprimandée» pour ne pas avoir porté un voile, ce que, comme femme mariée selon la coutume du pays, elle aurait dû faire (Kitto's Daily Bible Illust. in loc.). L'intervention de la Providence pour délivrer Sarah deux fois de harems royaux ne paraîtra pas superflue lorsqu'on considère combien les femmes y sont soigneusement isolées, et combien il est difficile d'avoir accès à elles (Esther 4:5) ou de les reprendre (Kitto's Daily Bible Illust. in Genesis 12). Dans de tels cas il n'est pas rare que le mari d'une femme mariée soit assassiné afin que sa femme soit retenue par le tyran (Thomson's Land and Book, 2:353). Rien de plus n'est rapporté du roi Abimélec, sauf que quelques années après il se rendit au camp d'Abraham, qui s'était déplacé vers le sud au-delà de ses frontières, accompagné de Phicol, «le chef de son armée», pour inviter le patriarche à contracter avec lui une ligue de paix et d'amitié. Abraham consentit; et cette première alliance sur les registres [VOIR ALLIANCE] fut confirmée par un serment mutuel, fait au puits qu'Abraham avait fait creuser, mais que les bergers d'Abimélec avaient enlevé de force sans qu'il s'en aperçût. Il le rendit au propriétaire légitime, sur quoi Abraham le nomma Beershéba (le Puits du Serment), et consacra le lieu au culte de YHWH (Genèse 21:22-34) (voir Origène, Opera, 2:76; Whately, Prototypes, p.197). VOIR ABRAHAM. 2. Un autre roi de Guérar, à l'époque d'Isaac (Genèse 26:1-22), supposé être le fils du précédent. av. J.-C. cir. 1985. Isaac chercha refuge dans son territoire pendant une famine; et, ayant la même crainte au sujet de sa belle femme mésopotamienne Rébecca, que son père avait eue pour Sarah (supra), il la prit pour sa sœur. Cela lui valut la réprimande d'Abimélec lorsqu'il découvrit accidentellement la vérité. Le pays paraît être devenu plus cultivé et peuplé qu'au temps de la visite d'Abraham, près d'un siècle auparavant; et les habitants étaient plus jaloux de la présence de tels puissants chefs pastoraux. À cette époque, comme aujourd'hui, les puits d'eau avaient tant d'importance pour l'agriculture comme pour le pastoralisme, qu'ils conféraient un droit de propriété sur le sol où ils avaient été creusés. Abraham avait creusé des puits lors de son séjour dans le pays; et, pour barrer la revendication qui en résultait, les Philistins les avaient ensuite comblés; mais ils furent maintenant dégagés par Isaac, qui procéda à la mise en culture des terrains auxquels ils donnaient droit. La terre vierge lui donna un rendement centuple; et ses autres biens, ses troupeaux et son bétail, reçurent aussi une augmentation prodigieuse telle que la jalousie des Philistins ne put être réprimée, et Abimélec l'enjoignit de chercher d'autres quartiers. Isaac s'exécuta, et alla dans la campagne ouverte, et creusa des puits pour son attelage. Mais les bergers des Philistins, sortis avec leurs troupeaux, n'étaient pas disposés à laisser la revendication d'un pâturage exclusif dans ces districts ainsi établie; et leur opposition conduisit le paisible patriarche à faire des déplacements successifs, jusqu'à ce qu'il atteignît une distance telle que ses opérations ne furent plus contestées. Plus tard, lorsqu'il était à Beershéba, Abimélec lui rendit visite, accompagné d'Ahuzzath, son ami, et de Phicol, le chef de son armée. Ils furent reçus avec une certaine réserve par Isaac; mais quand Abimélec expliqua qu'il souhaitait renouveler, avec un homme si manifestement béni d'Elohîm, la convention de paix et de bonne volonté contractée entre leurs pères, ils furent davantage accueillants, et la convention désirée fut conclue avec la solennité requise (Genèse 26:26-31). D'après les faits enregistrés quant au lien des deux Abimélecs avec Abraham et Isaac, il est manifeste que les Philistins, dès ce temps ancien, avaient un gouvernement plus organisé, et plus conforme au type que nous considérons aujourd'hui comme oriental, que ce qui apparaissait parmi les Cananéens natifs, dont l'une des nations avait été expulsée par ces colonisateurs étrangers du territoire qu'ils occupaient (voir Origène, Opera, 2:94-97; Saurin, Discours, 1:368; Dissert. p.207). VOIR PHILISTIN. 3. Fils de Gédéon par une concubine, natif de Sichem, où sa famille exerçait une influence considérable (Juges 9). Par cette influence Abimélec fut proclamé roi après la mort de son père, lequel avait refusé cet honneur quand il lui fut offert, tant pour lui que pour ses enfants (Jg 8:22-24). En peu de temps une partie considérable d'Israël parait avoir reconnu sa domination (Ewald, Gesch. Isr. 2:444), qui dura trois ans (av. J.-C. 1322-1319). Un des premiers actes de son règne fut d'anéantir ses frères, soixante-dix au nombre, étant le premier exemple d'un système de politique d'État barbare dont il y eut de fréquentes instances en Orient, et qui seulement récemment a été abandonné. Ils furent tués «sur une pierre» à Ophra, ville natale de la famille. Un seul, le plus jeune nommé Jotham, échappa; et il eut l'audace de paraître sur le mont Garizim, où les Sichemites étaient assemblés pour quelque chose de public (peut-être pour inaugurer Abimélec), et de les réprimander dans sa célèbre parabole des arbres choisissant un roi (voir Josèphe, Ant. v.7,2); une fable qui a été non sans justesse comparée à celle de Ménenius Agrippa (Tite-Live, 2:32; comp. Herder, Geist der Hebr. Poesie, 2:262). VOIR JOTHAM; VOIR PARABOLE. En l'espace de trois ans les Sichemites eurent amplement de quoi se repentir; ils se révoltèrent en l'absence d'Abimélec et organisèrent une embuscade dans les montagnes, dans le dessein de le détruire à son retour. Mais Zébul, son gouverneur à Sichem, fit en sorte de le prévenir, de sorte qu'il put éviter la souricière; et, ayant rassemblé précipitamment des troupes, parut inopinément devant Sichem. Les gens de cette ville avaient dans l'intervalle obtenu l'aide d'un certain Gaâl (q.v.) et de ses partisans, qui sortirent donner bataille à Abimélec. Il fut vaincu et se retira dans la ville; et son inefficacité et sa mauvaise conduite dans l'action furent si manifestes que le peuple fut incité par Zébul à l'expulser ainsi que ses partisans (comp. Josèphe, Ant. v.7,4). Mais le peuple sortit encore pour les travaux des champs. Appris à Abimélec, alors à Arumah, il dressa une embuscade en quatre corps dans les environs; et, quand les hommes sortirent le matin, deux des corps embusqués se dressèrent contre eux, tandis que les deux autres saisirent les portes de la ville pour empêcher leur retour. Par la suite la force entière se concentra contre la cité qui, privée de ses habitants les plus efficaces, fut facilement prise. Elle fut complètement détruite par le vainqueur exaspéré, et le sol fut jonché de sel (VOIR SAL), symbolique de la désolation à laquelle elle était destinée. La forteresse cependant subsistait; mais ses occupants, la jugeant intenable, se retirèrent au temple de Baal-Berit, qui se trouvait en position plus dominante. Abimélec fit amasser du bois contre ce bâtiment, qui fut ensuite incendié et détruit, avec les mille hommes qui s'y trouvaient. Ensuite Abimélec alla soumettre Thébez, qui avait également fait sécession. La ville fut prise sans grande difficulté, et le peuple se retira dans la citadelle. Là Abimélec recourut à sa méthode favorite, et tandis qu'il dirigeait une troupe pour brûler la porte, il fut frappé à la tête par une grosse pierre lancée par une femme du haut du mur. S'apercevant qu'il avait reçu un coup mortel, il ordonna à son porteur d'armes de l'achever par son épée, afin qu'on ne pût dire qu'il fut tombé par la main d'une femme (Juges 9). Abimélec paraît avoir été un chef d'armes brave et habile, mais dépourvu de religion, de principe ou d'humanité dans ses entreprises ambitieuses (Niemeyer, Charaki. 3,324). Son sort ressemble à celui de Pyrrhus II, roi d'Épire (Justinien 25:5; Pausanias 1,13; Valère Maxime 5,1,4; comp. Ctésias, Exc. 42; Thucydide 3:74); et la crainte de l'ignominie d'entendre qu'un guerrier était mort de la main d'une femme était très générale (Sophocle, Trach. 1064; Sénèque, Her. (Et.) 1176). En vain Abimélec chercha à éviter cette disgrâce (Saurin, Disc. Hist. 3,400); car le fait de sa mort par la main d'une femme fut longtemps associé à sa mémoire (2 Samuel 11:21). VOIR SICHEM. 4. Dans le titre du Psaume 34, le nom d'Abimélec est interchangés avec celui d'ACHISH VOIR ACHISH (q.v.), roi de Gat, auprès duquel David se réfugia pour fuir Saül (1 Samuel 21:10). 5. Fils d'Aviatar, et grand-prêtre à l'époque de David, selon le texte massorétique de 1 Chroniques 18:16 [voir ABI-], où toutefois il faudrait probablement lire (avec le Sept., Syr., Arab., Vulg., Targums, et beaucoup de MSS.) AHLMELECH VOIR AHLMELECH (comme dans le passage parallèle, 2 Samuel 8:17). VOIR ABIATHAR.
