Définition dans McClintock & Strong
Abgar
Abgar
[voir ABGARUS, vol. 1, p. 14] est le nom de plusieurs rois d’Édesse, qui régnèrent, d’après la chronique de cette ville, à diverses époques de 99 av. J.-C. à 217 apr. J.-C. Parmi les dix rois qui seraient porteurs du nom d’Abgar, nous n’avons affaire qu’aux six derniers. Le premier du nom fut Abgar Phika «le Muet,» qui régna avec Bacro deux ans et quatre mois, et seul vingt-trois ans et cinq mois (93-67 av. J.-C.). Son fils Abgar régna quinze ans (67-52), et est mentionné par Dion Cassius comme ayant conclu un traité avec les Romains au temps de Pompée. C’est le même qui trompa perfidement Crassus dans son expédition contre les Parthes (53 av. J.-C.), et que Appien appelle φύλαρχος τῶν Α᾿ράβων. Dans Plutarque son nom est écrit Α᾿ριαμνης. Nous avons déjà donné le récit d’Eusèbe. La version syriaque de l’histoire donnée dans les Ancient Syriac Documents de Cureton est manifestement une expansion élaborée d’Eusèbe. Très probablement, le seul fait en relation avec Abgar qui nous soit parvenu se trouve chez Tacite (Annales 12:12-14), où il apparaît sous une lumière peu honorable — d’abord séduisant le jeune roi parthe Méhérdates pour le faire perdre en jours de luxueuse oisiveté à Édesse, puis l’abandonnant perfidement sur le champ de bataille (49 apr. J.-C.).
Abgar VI bur-Manu, d’après Dionysius, régna vingt ans (65-85 apr. J.-C.), que Gutschmid rectifie en 69-89. La dynastie semble alors avoir changé; et le roi suivant, Abgar VII bar-lzat, qui acheta le royaume aux Parthes et régna 108-115 apr. J.-C., était de la race royale d’Adiabène. C’est probablement ce Abgar qui se montra si circonspect lorsque Trajan fit son expédition en Orient. Selon Dion Cassius, il n’alla pas en personne à Antioche pour accueillir l’empereur, mais lui envoya des présents et des messages amicaux. Il craignait Trajan d’un côté et les Parthes de l’autre; et différa donc sa rencontre avec Trajan jusqu’à l’arrivée de celui-ci à Édesse, où il le reçut à un banquet, au cours duquel il fit danser son fils Arbandes dans quelques danses natives. L’empereur fut vivement séduit par le jeune Arbandes. L’Abgar de l’époque d’Antonin le Pieux doit être Manu bar-Manu, comme le suggère Assemani.
