Définition dans Jewish Encyclopedia
Zidon
ZIDON
(SIDON) : 1. Fils aîné de Canaan
(Gen. x. 15, I Chron. i. 13).
2. Selon Strabon (xvi. 2), la plus ancienne ville
de Canaan : située à vingt milles au sud de Beyrouth.
Son territoire s’étendait des pentes du Liban
jusqu’à la côte, et était limité au sud par
Asher et Zabulon (Gen. xlix. 13 ; Jos. xix. 25).
À l’époque de sa prospérité, la ville possédait un port
d’hiver et un port d’été, qui sont aujourd’hui comblés de sable.
On dit que la ville fut appelée d’après le fils aîné
de Canaan (Gen. x. 19 ; Josèphe, « Ant. » i. 10,
§ 2) ; mais le nom peut aussi avoir été dérivé des
pêcheries étendues ("I1V) auxquelles les habitants
se livraient. Elle était gouvernée par des rois indépendants (Jér.
xxvii. 3), et avait son propre culte (Juges x. 6 ; II
Rois xxiii. 13). Elle avait cet avantage sur Tyr,
qu’elle entra en relations avec les Israélites lorsque
son roi, Ethbaal, maria sa fille Jézabel à Achab (I
Rois xvi. 31).
Les prophètes d’Israël faisaient continuellement référence
à la grande importance de Zidon comme ville commerciale
(Isaïe xxiii. 2, 4, 12 ; Joël iv. [Version Autorisée King James iii.] 4-7).
Elle perdit cette position lorsque Nabuchodonosor con-
quit la Palestine et une partie de la Phénicie. La
prophétie d’Ézéchiel qui s’y rapporte (Ézéch. xxviii, 20-24) date
d’une époque plus tardive. Isaïe (xxiii. 1-14, selon
Duhm ; xxiv. 10, selon Cheyne) fait référence à la
destruction de la ville par Artaxerxès Ochus en 351
av. J.-C. Le Talmud contient également diverses références à la ville. Ze'era dit (Meg. 6a) : « La tribu
de Zabulon, qui confine à Sidon, se plaint de
son pays montagneux, avec sa surabondance
de cours d’eau et de littoral, et il lui est répondu par référence
à Deut. xxxiii. 19, en indiquant les avantages de
cette région » : on dit que « sefune » signifie le murex
dont est obtenue la teinture pourpre ; que « temune » est une allusion à l’abondance
de poissons ; et que « hoi » se rapporte au verre
phénicien qui est fabriqué à partir des sables. Au septième
siècle, Zidon fut identifié avec Zeboud en Galilée
ou avec Bagdal de Yo (VT Gen. R. xcviii. 16).
Jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle,
la population ne dépassait pas 8 000 habitants, mais
ce nombre s’est accru jusqu’à 15 000 au cours des cinquante dernières années ; sur ce nombre, environ 10 000 sont des Mohammédans, et 800 des Juifs. Ces derniers sont très
pauvres et dépendent presque entièrement de la
Haloukkah. Zidon est encore considérée comme étant hors
des limites de la Palestine ; et les Juifs pieux ordonnent que leurs corps soient transportés après leur mort dans une ville
plus méridionale.
Bibliographie : Sepp, Jerusalem und das Heilige Land, ii.
450-496, Ratisbonne, 1876 ; Neubauer, G. T. pp. 294-395 ; Schwarz,
The Holy Land, p. 174. Pour les données sur la haloukkah, voir Die
Jüdische Presse (Mayence), 1897, passim.
J. S. O.
