Définition dans Jewish Encyclopedia

Yarden

JORDAN, THE

(p"i') : Rivière principale de la Palestine, formée par la confluence de trois cours d’eau prenant leur source respectivement à (1) Baniʽas (Paneas), (2) Tell al-Kadi (Dan) et (3) Hasbeyah (Baal Gad) au pied du mont Hermon. Le Jourdain coule vers le sud à travers le Bahr al-Hulah (lac Meron) et le Bahr al-Tabariyyah (lac de Tibériade ou Génézareth) et se jette dans la Mer Morte en son point le plus septentrional, à 137 milles en ligne droite de la source du fleuve. Le cours du Jourdain est si sinueux que, entre Tibériade et la Mer Morte, une distance directe de 65 milles correspond à 200 milles de lit. À Tibériade l’eau est claire, mais plus bas elle devient jaune. Le cours est très rapide, car il a une déclivité de 3 000 pieds de la source à l’embouchure. La vallée du Jourdain (en arabe « Al-Ghor ») est géologiquement remarquable comparée au reste de la Palestine. La partie inférieure se trouve bien en dessous du niveau de la mer, et elle est, de plus, bordée de chaque côté de falaises qui s’élèvent à pic en terrasses abruptes et l’enferment, la coupant de toute brise. Son climat est dès lors tropical, la température descendant rarement au-dessous de 77° et atteignant parfois 130°. En flore et en faune elle est en conséquence distincte ; des plantes caractéristiques de la Nubie, de l’Abyssinie et du Sahara y croissent avec une luxuriante profusion ; des poissons propres au lac Tanganyika se rencontrent dans la Mer de Galilée ; et des oiseaux appartenant naturellement au Ceylan et à l’Inde sont observés dans toute la vallée.

— — Données bibliques : À l’exception de Ps. xlii, 7 (Version Autorisée King James, 6) et Job xl, 23, « le Jourdain » apparaît avec l’article défini, son sens étant « le descendant ». Le Jourdain est présenté comme la source de fertilité d’une vaste plaine (« Kikkar ha-Yarden »), appelée à cause de sa végétation luxuriante « le jardin d’Elohîm » (Gen. xiii, 10). Il n’existe pas de description régulière du Jourdain dans la Bible ; on n’y trouve que des allusions éparses et indéfinies. Jacob le traversa ainsi que son affluent le Jabbok (l’actuel Al-Zarka) pour atteindre Haran (Gen. xxxii, 11, 23-24). Il est particulièrement noté comme ligne de démarcation entre les « deux tribus et la demi-tribu » établies à l’est (Nombres xxxiv, 15) et les « neuf tribus et la demi-tribu de Manassé » qui, conduites par Josué, se fixèrent à l’ouest (Jos. xiii, 7, passim).

Les sources du Jourdain ne sont pas mentionnées ; et ce n’est que dans la brève description de la frontière orientale de ces tribus (Nombres xxxiv, 10-12) que le Jourdain est évoqué en liaison avec Chinnereth (Génézareth) et la Mer Morte, cette dernière constituant l’extrémité méridionale de la ligne frontière. En face de Jéricho il fut appelé « le Jourdain de Jéricho » (Nombres xxxiv, 15 ; XXXV, 1, passim). Le Jourdain, en général, est très profond (comp. 1 Macc. ix, 48), mais il a plusieurs gués, dont l’un est célèbre comme le lieu où 42 000 Éphraïmites furent mis à mort par Jéphthé (Juges xii, 5-6). Il semble que ces gués soient les mêmes que ceux mentionnés près de Beth-barah, où Gédéon tendit un guet aux Madianites (Juges vii, 24). Dans la plaine du Jourdain, entre Succoth et Zarthan, se trouve la terre à argile où Salomon établit ses fonderies de bronze (1 Rois vii, 46).

Dans l’histoire biblique le Jourdain apparaît comme le théâtre de plusieurs miracles, le premier ayant lieu lorsque le Jourdain, près de Jéricho, fut franchi par les Israélites sous la conduite de Josué (Jos. iii, 15-17). Plus tard, les deux tribus et la demi-tribu qui se fixèrent à l’est du Jourdain élevèrent un grand autel sur ses rives pour servir « de témoignage » entre elles et les autres tribus (Jos. xxii, 10, 26 et s.). Le Jourdain fut traversé à sec par Élie et Élisée, chacun divisant les eaux par un coup de son manteau (4 Rois ii, 8, 14). Élisée accomplit deux autres miracles au Jourdain ; il guérit Naaman en le faisant se baigner sept fois dans ses eaux, et il fit flotter la hache d’un des fils des prophètes en jetant un morceau de bois dans l’eau (4 Rois v, 14 ; vi, 6). Le Jourdain fut traversé par Judas Maccabée et son frère Jonathan durant leur guerre contre les Nabatéens (1 Macc. v, 24). Un peu plus tard le Jourdain fut le lieu de la bataille entre Jonathan et Bacchide, qui fut vaincu (1 Macc. ix, 42-49).

E. G. H. M. Sel.

Dans la littérature rabbinique : Selon le Talmud, יַרְדֵּן est un composé, פְּרִי תַרְדֵּן (= « qui descend de Dan »), et la rivière porta ce nom parce qu’elle prend sa source dans la grotte de Paneas, dans la ville de Dan (la léshem biblique ; Bek. 55a ; comp. Josèphe, B. J. iii, 10, § 7). Le Jourdain est à un jour de marche de Jérusalem (Maʽas. Sh. v, 2). Il traverse les lacs Samko (Samachonitis) et Tibériade, la Mer Morte, tombe dans la Méditerranée et là se jette dans la gueule du Léviathan (Bek. 55a ; B. B. 74b). Cependant, par un miracle, l’eau du Jourdain, dont l’usage au Temple était prohibé à cause de son impureté (Parah viii, 9), ne se mêle pas aux eaux du lac de Tibériade (Gen. R. iv.). Le fleuve ne prend le nom de « Jourdain » qu’au-dessous de Beth-Jéricho (Bet Jcrah, selon la lecture proposée par Neubauer, G. T., p. 30), sur le lac de Tibériade (Bek. 55a). Son courant est si violent que les bateaux ne peuvent pas le remonter, mais seulement le traverser d’une rive à l’autre (Yer. Shab. iv, 2).

Quand les Israélites vinrent au Jourdain l’eau s’amoncelait en une colonne de douze milles de hauteur, laissant à sec un espace équivalent à celui occupé par le camp israélite, de sorte que tout le peuple put traverser ensemble. Selon Éléazar ben Siméon l’eau se forma en arcs de plus de trois cents milles de hauteur, visibles de tous les rois de l’Orient et de l’Occident (Sotah 34a ; Yer. Sotah vii, 31b). Le hanneton qui combattit pour les Juifs s’arrêta au Jourdain, mais n’en franchit pas le cours (Sotah 36a).

Bibliographie : Neubauer, La Géographie du Talmud, pp. 29 et sq.

s. s. 1. Bk.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.