Définition dans Jewish Encyclopedia

Sanctuaire

SANCTUARY

Sanctuaire : lieu sacré pour le culte divin. Il y eut six sanctuaires : (1) le Tabernacle dans le désert, édifié par Moïse la deuxième année de l’Exode ; (2) le Tabernacle à Shilo, érigé par Josué après la conquête de la Palestine (Jos. xviii. 1), et qui demeura 369 ans, jusqu’à la mort d’Éli le grand prêtre ; (3) le Tabernacle à Nob, la ville des prêtres, qui resta treize ans, jusqu’au règne de Saül (Seder ʿOlam R. xiii.) ; (4) le Tabernacle à Guibea (II Chron. i. 3), qui subsista cinquante ans, jusqu’à ce que Salomon eût achevé la construction du Temple (Seder ʿOlam R. xi., xiv. ; Zeb. 61b) ; (5) le Premier Temple, détruit en 422 av. J.-C. ; (6) le Second Temple, construit en 352 av. J.-C. et détruit en l’an 68 de l’ère commune.

Le Tabernacle, comme le Temple, fut appelé sanctuaire parce qu’il renfermait l’Arche sainte avec les tables de l’alliance (Deut. ix. 9, 15), et parce que seules des prêtres sanctifiés étaient admis dans les chambres intérieures. L’offrande de sacrifices se confinait au sanctuaire et était interdite ailleurs, spécialement sur les «bamot» = «hauts-lieux» (I Rois iii. 3 ; II Chron. xxxiii. 17). Le sanctuaire ne pouvait toutefois servir d’asile à un meurtrier ou à un autre criminel, ni même à un délinquant politique (Ex. xxi. 14 ; I Rois ii. 30-31).

L’objet du sanctuaire fut défini par l’injonction : «Et qu’ils me fassent un sanctuaire, afin que je puisse demeurer au milieu d’eux» (Ex. xxv. 8). YHWH déclara : «Et là je rencontrerai les enfants d’Israël, et le tabernacle sera sanctifié par ma gloire» (ib. xxix. 43). Les sacrifices étaient le moyen de communion avec Elohîm. Un lieu central pour le sanctuaire servait aussi à unifier les intérêts politiques des Israélites et à solidifier les douze tribus en une nation. La séparation ultérieure des dix tribus des liens politiques de Juda et de Benjamin ne put être réalisée que par l’édification de sanctuaires duplicata à Béthel et à Dan (I Rois xii. 26-27). Voir Pèlerinage.

Le Temple de Jérusalem était connu comme «Bet ʿOlamim» (Temple Éternel), Salomon le décrivant comme «une maison pour y habiter, un lieu établi pour que tu demeures à perpétuité» (ib. viii. 13). Salomon déclara que le sanctuaire était, en réalité, pour la commodité du peuple se rassemblant pour le culte d’Elohîm, et non pas une demeure pour Elohîm, dont «les cieux et le ciel des cieux ne peuvent contenir» (ib. v. 27). «Ne remplis-je pas le ciel et la terre, dit YHWH» (Jér. xxiii. 24). Le Midrash déclare que le sanctuaire était comme une cavité que l’océan inondait et remplissait d’eau sans en diminuer le volume ; de même la gloire de la Shekinah, quoique remplissant le sanctuaire et le Tabernacle, n’en était pas diminuée (Pesikta v.).

Le sanctuaire d’en bas correspond au sanctuaire d’en haut (Taʿan. 5a). L’échelle que Jacob vit en songe atteignait la porte des cieux, où le sanctuaire céleste fut établi en face de l’autel que Jacob érigea à Béthel (Gen. R. xlix. 5).

Symboliquement, le sanctuaire représente l’univers, et est appelé «ʿolam katan» (= «petit monde»). Ce microcosme enseigne que Elohîm est le Créateur de toute matière, et qu’Il conduit Ses créatures à travers tous les destins (Moses Isserles, Torat ha-ʿOlah, i., 1 ; Israel Jaffe, introduction à la même, § 15, éd. Prague, 1833). Après la destruction du Temple, la synagogue le remplaça comme sanctuaire pour la prière. Voir aussi Asile ; Haut-Lieu ; Shilo ; Tabernacles ; Temple.

E. c. J. D. E.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.