Définition dans Jewish Encyclopedia

Royaume d'Israël

ISRAEL, KINGDOM OF

Dans l’article "People of Israel" l’histoire du royaume du Nord dans ses rapports plus étendus est brièvement exposée ; ici les détails seront esquissés plus complètement. L’histoire peut être divisée en quatre périodes. La première fut une période de confusion et de semi-anarchie ; la seconde, un temps de consolidation nationale et de défense héroïque ; la troisième, une période marquée par des extrêmes de malheur et de succès ; et la quatrième, un terme d’humiliation par les Assyriens, se terminant par l’extinction nationale.

Première période. — Jéroboam I à Omri (934-886 av. J.-C.) : Le royaume pendant cette période était à l’état formateur : il prolongeait en fait les expériences politiques de l’époque de Saül. Le territoire d’Israël en dehors de Juda et du sud de Benjamin n’avait pas été organisé par David et Salomon sauf pour les fins de la taxation et du travail statutaire. Ce n’était pas une fédération de tribus, mais virtuellement une combinaison de districts, la région au nord d’Esdrelon étant spécialement lâche dans son attachement. Les habitants du territoire appelé « Israel » n’avaient pas agi auparavant ensemble sauf dans la rébellion contre la maison de David. Le génie de David avait placé Juda d’une demi-siècle en avant du reste du pays, tant en affaires politiques que militaires.

En conséquence, dans les guerres inévitables avec Juda, Israël fut d’abord désavantagé. Ses revers augmentèrent la confusion originelle et le mécontentement dynastique. Le gouvernement d’Ephraïm devint impopulaire ; et le fils de Jéroboam, Nadab (913 av. J.-C.), fut tué par un usurpateur, Baasha d’Issachar (911 av. J.-C.). Les districts du Nord avaient besoin d’une protection spéciale ; car les Araméens de Damas commençaient leurs attaques frontalières fatales.

Baasha fixa sa capitale à Tirzah, plus près de sa propre patrie, et conclut un traité avec Damas. Ses mesures de concentration lui permirent d’affirmer la supériorité naturelle de l’Israël septentrional et de s’établir fermement à la frontière de Juda. Par de coûteux présents le roi Asa de Juda amena les Araméens à rompre avec Baasha et à envahir le territoire d’Israël. Il en résulta la perte pour Israël des terres fertiles au nord-ouest et à l’ouest de la mer de Galilée, et l’abandon par Baasha de son avantage méridional. La dynastie de Baasha fut bientôt renversée. Son fils Élah (888 av. J.-C.) fut tué dans une conspiration militaire ; et après la chute de deux prétendants, Omri, le général de l’armée, fut fait roi par ses soldats.

Seconde période. — Omri à Jéhu (886-842 av. J.-C.) : Omri choisit une nouvelle capitale, Samarie, le site le plus fort pour la défense en Palestine centrale. Sous lui la guerre fratricide avec Juda se changea en amitié basée sur l’intérêt commun ; et la politique et le succès firent de Juda un allié fidèle, presque un vassal, d’Israël. L’alliance avec Tyr fut scellée par un mariage entre le fils d’Omri, Achab, et Jézabel, la fille du roi tyrien. La Galaad fut tenue d’une main ferme contre Damas au nord et contre les Moabites au sud. Mais à l’ouest du Jourdain les Araméens étaient encore prédominants ; et Omri fut forcé de leur concéder un marché ouvert à Samarie (I Rois xx. 84). Israël, désormais réduit à Éphraïm, Jizréel et Galaad, était en voie de consolidation.

Achab (875 av. J.-C.) poursuivit vigoureusement la politique de son père. Son association avec Tyr fut d’avantage matériel mais non religieux pour Israël. Le culte phénicien de Baal et d’Astarté ne pouvait être réconcilié avec le culte de YHWH ; de plus, il favorisait la luxure et l’oisiveté. Achab et Jézabel provoquèrent ainsi la colère du prophète Élie, dont la croisade contre la maison d’Omri fut encore inspirée par le spoliation et le meurtre par Achab d’un propriétaire libre de Jizréel. Pourtant Achab fut un vaillant défenseur d’Israël contre la puissance grandissante de Damas, avec laquelle il fut presque constamment en guerre. Dans l’ensemble, il eut du succès ; et par la paix d’Aphec (855 av. J.-C.) il révoqua les concessions de son père (I Rois xx.). L’année suivante on le trouve même avec Ben-hadad II de Damas comme l’un des nombreux alliés combattant contre les Assyriens, qui sous Salmanazar II menaçaient la Palestine ainsi que la Syrie. Mais en 853 av. J.-C. la guerre avec Damas éclata de nouveau. Achab, qui avait Josaphat de Juda pour allié, fut tué dans la bataille de Ramoth en Galaad.

Le fils d’Achab, Ahazia, tomba malade et mourut peu après son accession ; et sa place fut prise par son frère Joram (853 av. J.-C.). La guerre contre Damas fut poursuivie vigoureusement. La chute de la maison d’Omri survint lorsque le prophète Élisée, à la tête des partisans de YHWH, décida d’un coup d’état ; et à son instigation Jéhu, officier de l’armée, se souleva contre la maison royale, mit Joram et Jézabel à mort, et exécuta pour son compte une proscription meurtrière contre tous leurs parents ainsi que contre les prêtres du Baal.

Troisième période. — Jéhu à Menahem (842-741 av. J.-C.) : Jéhu, après avoir dégagé la voie au trône, se trouva immédiatement face à face avec Hazaël de Damas, qui peu auparavant s’était aussi fait roi par l’assassinat de son maître. Pour se garantir, Jéhu envoya de riches présents à Salmanazar d’Assyrie. Cela, toutefois, ne lui servit de rien. Les Assyriens avaient fait de fréquentes expéditions contre Damas, et avaient ainsi beaucoup aidé Israël — peut-être, en effet, l’avaient-ils sauvé d’une destruction totale ; mais après 839 av. J.-C. Salmanazar ne reparut plus en Syrie, et Hazaël eut champ libre en Israël et en Juda. Le règne de Jéhu fut ainsi rendu totalement inglorieux ; et son fils Joachaz (815 av. J.-C.) fut, si possible, encore plus réduit par la puissance d’Hoschias, si bien que l’État vassal ne fut autorisé à maintenir qu’une garde nominale de chars et de cavaliers.

Mais un secours fut accordé quand il était le plus nécessaire. Les Assyriens revinrent contre Damas après la mort d’Hazaël (803 av. J.-C.) ; et sous Joas (799 av. J.-C.), fils de Joachaz, Israël revit graduellement. En 797 av. J.-C. Damas fut prise par les Assyriens, et pendant deux générations elle resta inoffensive. Les Assyriens se retirèrent bientôt ; et, libéré du double danger, Israël se ranima encore davantage, jusqu’à ce que Jéroboam II (788 av. J.-C.), fils de Joas, l’élevât à une puissance et une prospérité jamais auparavant connues. En effet, pendant un temps les anciennes frontières idéales tant à l’est qu’à l’ouest du Jourdain furent maintenues. Mais la gloire était extérieure et de courte durée. Les causes morales du déclin sont montrées dans les prophéties d’Amos et d’Osée. Le fils de Jéroboam, Zacharie (742 av. J.-C.), n’avait guère commencé à régner quand un usurpateur, Shallum, le fit mourir, et il fut à son tour sommairement éliminé par un officier de l’armée, Menahem.

Quatrième période. — Menahem à Osée (741-722 av. J.-C.) : À l’époque de Menahem, Israël dut enfin traiter directement avec les Assyriens, qui sous Tiglath-Phalazar III commençaient leur ère finale de conquêtes. En 738 av. J.-C. il les acheta pour mille talents d’argent. Son règne fut bref, et son fils Pekahiah, après avoir régné un peu plus d’un an, fut tué par son général Pékah (735 av. J.-C.). En 734 av. J.-C. les Assyriens revinrent. Pour faire face à eux, Pékah conclut une alliance avec Damas. Les Assyriens annexèrent la Galilée et Damas, déposèrent Pékah, et mirent un intrigant, Osée, à sa place.

Osée régna comme vassal assyrien sur le reliquat central jusqu’en 724 av. J.-C., où il fut incité à se révolter par l’Égypte sous la dynastie éthiopienne. Samarie fut bientôt assiégée, et à la fin de 722 av. J.-C. elle fut prise. Du petit royaume 27 290 personnes furent déportées, et il fut fait une province assyrienne.

Bibliographie : Voir Israel.

K. O. H. J. F. McC.

ISRAEL, PEOPLE OF : Dans la Bible « Israel » est le nom national du peuple qui est connu racialement comme « Hébreux ». À l’état tribal aucun nom global n’était historiquement appliqué à tout le peuple. Le récit (Genèse xxxii. 24 s.) du changement de nom de « Jacob » en « Israel » est en partie un reflet du fait historique de l’union des tribus et de leur triomphe final sur les Cananéens.

I. Origine du peuple : Qu’on le considère politiquement ou ethnologiquement, Israël doit être considéré comme un peuple composite. Cela apparaît tant d’après les énoncés généalogiques de la Bible que d’après des cas enregistrés d’amalgames raciaux. Il n’est cependant pas facile de déterminer exactement tous les éléments raciaux d’Israël ; et les débuts sont enveloppés de la plus grande obscurité. Une contribution babylonienne première est au moins probable. La tradition selon laquelle Abram, en tant que fondateur de la race, venait d’Our en Chaldée est dépourvue de sens si elle n’est qu’une référence géographique ; et le fait que les Hébreux partageaient avec les Babyloniens leurs plus anciens souvenirs littéraires, telles formes caractéristiques des récits de la Création et du Déluge, confirme apparemment la tradition.

La tradition biblique plus immédiate tend à considérer Israël fondamentalement araméen ; et cette croyance n’est pas incompatible avec une descendance partiellement babylonienne. Le cours de la plus ancienne histoire fut peut-être à peu près le suivant : pendant la domination babylonienne du pays occidental — non plus tard qu’environ 1600 av. J.-C. — une faction d’émigrants du bas Euphrate vint dans la région autour de Harran, siège d’une vieille colonie babylonienne. Après quelque temps, certaines familles d’entre eux allèrent plus à l’ouest et au sud, s’installant en bandes dispersées tant à l’est qu’à l’ouest du Jourdain. De ces groupes descendraient les peuples hébraïques, y compris les Hébreux proprement dits, les Moabites, les Ammonites et les Édomites. Par les ancêtres des Hébreux propres les anciennes affinités furent maintenues un temps par des apports araméens, de sorte que plus tard on put dire d’Israël : « un Araméen nomade fut ton père » (Deutéronome xxvi. 5, Hébr.).

II. Histoire tribale : Il y eut ainsi quelques clans vigoureux, les plus en vue étant marqués par leurs affiliations araméennes, formant des établissements pour eux-mêmes en Palestine et n’abandonnant jamais tout à fait ces établissements, jusqu’à ce que, par une énergie morale et physique supérieure, ils fassent valoir leur revendication de la possession de la majeure partie du pays. En mettant dans l’ordre chronologique le plus probable la substance des traditions patriarcales et tribales et des tables généalogiques, et en utilisant les rares notices provenant de sources extérieures, on peut construire l’esquisse historique suivante :

1. Les tribus avant l’Exode : La plupart, sinon toutes, des tribus d’Israël avaient une sorte d’existence organique avant 1200 av. J.-C., date approximative de l’Exode d’Égypte, quoique elles n’aient pas toutes porté alors les noms devenus historiques.

Le schéma des Douze Tribus est une construction ultérieure, fondée en partie sur des données généalogiques et en partie sur des frontières géographiques ; cependant ce schéma est encore le guide principal pour déterminer la distribution tribale dans la période précédant l’invasion.

La classification traditionnelle des tribus (Genèse xxx.) en fils de Léa, fils de Rachel, et fils de leurs deux servantes a une valeur historique essentielle. Les quatre aînés furent les premiers à s’établir indépendamment en Canaan. Ruben fut le premier chef ; mais il perdit tôt sa prééminence et s’établit définitivement au-delà du Jourdain. Siméon et Lévi furent presque détruits dans une querelle avec les Cananéens de la région de Sichem, avec qui ils avaient fait alliance. Les restes dispersés de Siméon furent plus tard absorbés par Juda. Quant à Lévi, il n’est pas tout à fait certain qu’il ait été réhabilité en Israël en tant que tribu sacerdotale (voir Levites). Juda, dans ces premiers jours, s’allia aux Cananéens des districts d’Adullam et de Thimna, et conserva son existence tribale malgré de nombreux désastres (Genèse xxxviii.). Juda primitif et tardif tira sa force de l’absorption d’étrangers.

Quelque sorte d’établissement fut probablement aussi accompli par Issacar et Zabulon dans la plaine d’Yizréel et vers le nord avant le retour d’Égypte, ce qui expliquerait la proéminence de ces tribus si tôt après cette époque (Juges v.) dans ces régions fertiles et très convoitée. Joseph et Benjamin prennent plus d’importance en Palestine après le séjour en Égypte qu’avant. Dans l’époque antérieure l’ambition et le progrès de la tribu de Joseph excitèrent la jalousie des autres tribus, et elle fut contrainte de migrer en Égypte, comme c’était l’usage pour de nombreux Asiatiques durant les XVIIIe et XIXe dynasties. Benjamin, en tant que tribu en Canaan, n’exista peut‑être pas avant l’époque égyptienne. L’emplacement historique de Gad, Aser, Dan et Nephtali suggère leur origine principalement étrangère, ce qui explique qu’ils soient comptés parmi les fils des servantes de Léa et Rachel. Connectés à Israël, ils ne devinrent proéminents qu’à l’époque de l’établissement général. Mais dans les inscriptions égyptiennes vers 1300 av. J.-C. un peuple appelé « Aseru » occupait déjà le territoire plus tard attribué à Aser.

La question d’une fédération de l’une quelconque des tribus est obscure. Mais il semble qu’il y ait eu un « Israel » au sens quelconque en Canaan avant l’Exode, car Mérenptah, fils de Ramsès II, se vante d’avoir dévasté Israël en Canaan. Aucune autre allusion monumentale supposée à Jacob ou Joseph ou aux Hébreux ne peut encore être utilisée à des fins historiques.

2. L’époque égyptienne et l’Exode : Pendant ce temps les fils de Joseph prospérèrent tellement en Égypte que de nombreuses familles de tribus parentes y migrèrent. Mais un changement de politique sous les rois de la XIXe dynastie entraîna une dure oppression des Hébreux, si bien que leur vie y devint intolérable. Le grand dessein de les ramener en Canaan fut porté par Moïse, un Hébreu d’éducation égyptienne, mais à cette époque fugitif dans la péninsule du Sinaï en conséquence de son militantisme en faveur de ses frères opprimés. Là il adopta la religion de ses hôtes, les Kénites, qui étaient adorateurs de YHWH. Il retourna ensuite en Égypte, persuada son peuple de migrer avec lui, et effectua le passage d’un bras de la mer Rouge lorsque poursuivi par les Égyptiens. Après cette délivrance il devint plus facile pour les fugitifs de faire du culte de YHWH leur propre culte ; et le nouveau lien religieux fut renforcé par une visite prolongée au lieu de résidence de Moïse et de YHWH, le mont Sinaï. De cette religion Moïse fut le premier sacrificateur, bien que le ministère fut ensuite transféré à d’autres mains. En tant que chef civil et prêtre en une personne il fut le juge suprême ; et comme interprète de la volonté de YHWH il fut le premier et en un sens le plus grand des prophètes. La loi et la justice, dont Moïse transmit les rudiments à son peuple, firent également partie de l’essence de la révélation.

3. L’occupation de la Palestine : Les tribus de Joseph, maintenant divisées en deux grands clans, furent naturellement la pointe du mouvement sur la Palestine. Leur effort principal fut d’entrer dans « le pays montagneux d’Éphraïm », où leurs parents étaient les plus nombreux. Les tentatives d’atteindre ce but par l’ouest et le sud s’avérèrent vaines ; et après de longs délais un détour fut fait autour du pays d’Édom, une union étant réalisée avec la population israélite déjà à l’est du Jourdain et leurs alliés. Les ennemis principaux de tous les peuples hébraïques de cette époque furent les Amorrites, qui par l’invasion des nouveaux venus furent chassés de Galaad et de la frontière nord de Moab, de sorte que de nouveaux établissements israélites furent faits dans les régions au nord et au sud du Yabboq.

Avec ces réussites la vie et l’œuvre de Moïse furent accomplies. Sa place fut prise par Josué, le représentant de la tribu dominante d’Éphraïm. Sous la nouvelle direction le Jourdain fut traversé près de Jéricho (c. 1160 av. J.-C.) ; et avec l’entrée dans les hautes terres centrales, l’ancien Israël déjà en Palestine et les nouveaux immigrants, animés de l’esprit d’une religion conquérante, firent cause commune dans l’occupation graduelle du pays de la promesse et la réalisation d’un idéal national. Il est douteux, cependant, qu’il y ait eu une fédération complète des tribus avant l’ère de la royauté. Pendant plus d’un siècle l’établissement s’étendit, en partie par conquête, mais surtout par assimilation pacifique des communautés cananéennes. Principalement parce que les Cananéens purent se maintenir dans des cités fortifiées, une conquête complète et rapide de tout le pays était hors de question (comp. Juges i.). Contre les Cananéens plus nombreux et plus riches mais divisés, l’avantage principal des Hébreux était l’action commune sur une aire étendue, inspirée par la faim de terres et par l’enthousiasme religieux.

Au début l’agression fut naturellement le facteur principal. L’occupation du pays montagneux central posa la fondation du grand établissement des fils de Joseph avec Éphraïm lui-même au centre, Manassé (Machir) au nord, et la nouvelle tribu de Benjamin au sud. Ce territoire fut tenu fermement et resta longtemps le noyau et la défense d’Israël. Les autres tribus s’ajustèrent graduellement à cette condition primaire. Celles du nord, Issacar, Zabulon et Nephtali, renforcèrent leur emprise sur la plaine d’Yizréel et au-delà, et à un stade précoce de l’occupation générale (v. 1130 av. J.-C.), avec l’aide de Machir (Manassé), Éphraïm et Benjamin (Juges v.), firent valoir leur droit contre une combinaison désespérée de Cananéens septentrionaux. Les tribus du sud, Juda, Siméon et Dan, prirent peu part au travail caractéristique de la conquête de Canaan pour Israël. Cependant Juda, vigoureux et entreprenant, s’agrandit continuellement à partir de centres bien choisis, absorbant des clans entiers d’étrangers, comme les Kénites et les Kénizzites, ainsi que le reste de Siméon. Dan tint une partie de la plaine littorale (Shephela) par une tenue précaire, d’abord contre les Cananéens, puis contre les Philistins, jusqu’à ce qu’il fût forcé de migrer au pied du mont Hermon, où il resta dès lors inactif dans les affaires communes d’Israël.

Au nord-ouest Aser fut revendiqué pour le peuple de YHWH (ib. V. 17), mais ne fut jamais assimilé. Galaad et Bashan devinrent une patrie pour des émigrants, surtout du territoire surpeuplé de Manassé ; et Galaad devint en fait synonyme de Gad.

4. Période des Juges : Après des siècles de domination militaire, les Égyptiens avaient abandonné Canaan (c. 1170 av. J.-C.) pour en faire en grande partie la possession des Israélites. Mais le titre des nouveaux occupants n’était pas incontesté. Des raids réussis, parfois s’élevant à des occupations prolongées, furent faits par des Araméens (qui vinrent en grand nombre par l’Euphrate pour remplacer les communautés hittites presque éteintes), par les Moabites, par les Madianites, et à l’est du Jourdain par les Ammonites. Seulement une portion du pays était attaquée et dépouillée par chacun des envahisseurs ; et à chaque occasion un chef se levait pour délivrer son peuple. L’incursion la plus sérieuse fut celle des Madianites, qui (c. 1090 av. J.-C.) frappèrent au centre du territoire d’Israël par les possessions de Manassé. Après la repoussé, Gédéon, le chef ou « juge », fut presque fait roi par ses compatriotes : et le manque d’une direction commune fut désormais si vivement ressenti qu’il ne fut plus qu’une question de temps quand un royaume d’Israël serait établi.

Le dernier et le plus grand des juges fut Samuel (c. 1030 av. J.-C.). Il fut le premier successeur légitime de Moïse, en tant que prêtre, prophète et juge en une seule personne. Moïse avait été le fondateur d’Israël en ce qu’il avait insufflé à son peuple l’esprit national avec la religion de YHWH. Mais l’idée de nationalité s’effaçait rapidement par l’effet désintégrant de l’agriculture sur un peuple initialement nomade, par l’établissement de familles et de clans dans leurs propres tenures et districts, et par l’adoption presque générale des coutumes cananéennes, avec gouvernement municipal séparé et culte de divinités locales (voir Ba‘al).

Les influences externes semblaient encore plus destructrices. La plus pressante de toutes les menaces immédiates fut la puissance croissante des Philistins. Ceux-ci avaient (c. 1040 av. J.-C.) à plusieurs reprises défait les armées d’Israël ; ils avaient détruit la ville sacrée de Silo avec son sanctuaire ; ils avaient saisi les principales forteresses d’Éphraïm et de Benjamin ; et ils tenaient maintenant Israël central en vassalité.

III. Le Royaume. — 1. Le Royaume uni : Samuel prévint alors qu’un roi seul pouvait reprendre et unir Israël ; et par lui Saül, un riche propriétaire de Guibée en Benjamin, fut consacré à la royauté (c. 1030 av. J.-C.). La première réussite de Saül fut de bon augure. La ville de Jabesh en Galaad était assiégée par les Ammonites et demanda la protection des tribus de l’ouest. Saül enflamma Israël en proclamant une guerre sainte au bénéfice de cette ville. Le secours qui suivit ranima les tributaires découragés des Philistins ; et une série de brillantes victoires, dans lesquelles le prince héritier, le noble Jonathan, prit la tête, servit à rendre Israël fort et uni. Saül rassembla autour de lui des hommes de valeur et de promesse, et leur donna le commandement de corps choisis de milice. Abner, le chef de l’armée, fut un leader brave et habile ; et parmi les officiers se trouva un jeune homme de génie, David, fils de Jessé de Bethléem en Juda, le premier de cette tribu à prendre part active aux affaires d’Israël. Jonathan et David devinrent amis fidèles ; et leur alliance promettait bien pour la rédemption de leur pays.

Tout se passa heureusement pendant un temps. Les Philistins, chassés de la Palestine centrale, furent tenus à distance ; et si Saül eût été un homme d’État en même temps qu’un guerrier l’État aurait pu être sauvé sous son régime. Mais il manquait du don d’administration si essentiel à l’édification de la nation. Il devint aussi sombre et mélancolique, et soupçonna un complot contre lui de la part de David et de Jonathan. David fut contraint de fuir la cour. Il se fit chef d’une bande audacieuse de hors‑la‑loi. Bien que souvent poursuivi par Saül, il ne chercha pas à se venger. Il devint nominalement vassal du roi de Gath, mais aida les Philistins aussi peu, et son peuple de Juda autant, que possible. Les Philistins, incapables de pénétrer les passages occidentaux de Benjamin et d’Éphraïm, marchèrent vers le nord et frappèrent Israël depuis la plaine d’Yizréel. Sur un flanc du mont Guilboa la bataille fatale fut livrée, où Saül et trois de ses fils, Jonathan, Abinadab et Melchisua, donnèrent leur vie ; et les Israélites devinrent de nouveau tributaires de leurs terribles ennemis (c. 1000 av. J.-C.).

David avait posé pour lui‑même la fondation d’un royaume dans sa propre tribu séparée ; et quand Isbaal (Ishbosheth), un fils survivant de Saül, fut proclamé roi d’Israël par Abner, David établit sa résidence royale à Hébron, où il régna comme roi de Juda pendant quelques années, probablement en de bons rapports avec ses anciens alliés, les Philistins. Le règne d’Isbaal fut fort bref ; et il ne posséda jamais une autorité réelle à l’ouest du Jourdain, sa capitale étant à Mahanaïm en Galaad. Il fut déposé par son général après une querelle ; et Abner, après quelques années d’anarchie, remit le royaume à David, qui reçut alors l’allégeance des anciens d’Israël (c. 995 av. J.-C.).

David fut le créateur politique d’Israël. Avant lui il y avait eu des aspirations nationales, mais jamais une nation unie. Il fut la figure publique la plus imposante dans l’histoire d’Israël. Surpassé dans l’art de la guerre par son général et proche parent Joab, à qui il dut la plupart de ses succès militaires, il fut inégalé pour le génie d’homme d’État. Son échec comparatif final comme souverain fut dû à des faiblesses morales et à un tempérament émotionnel surmené.

Ses premières réalisations comme roi d’Israël furent l’expulsion définitive des Philistins de leurs garnisons dans la région centrale ; la capture de Jérusalem aux Cananéens jebusiens, qu’il fit sa capitale et la ville sacrée de YHWH, assurant ainsi l’alliance du puissant et guerrier Benjamin et l’allégeance religieuse de tout Israël ; l’établissement d’une administration organisée avec des fonctionnaires d’État permanents ; et la formation d’une garde régulière de soldats entraînés comme noyau d’une armée permanente.

Il commença bientôt une période de guerres étrangères, qui se terminèrent par la soumission des Moabites, Édomites et Ammonites, ainsi que des Araméens de Syrie méridionale et centrale. La suzeraineté d’Israël sur tous ceux-ci, sauf les Araméens, dura jusqu’au bien après le règne du successeur de David.

Le royaume proprement dit n’était cependant pas entièrement organisé intérieurement ; et les crimes et folies de David faillirent le déchirer en fragments. L’adultère avec Bethsabée, l’épouse d’un officier fidèle, et le meurtre du mari furent suivis, dans la seconde moitié de son règne, par de fatales dissensions entre les enfants de ses nombreuses épouses, et enfin par la rébellion ouverte d’Absalom, l’héritier du trône. Grâce à la fidélité de quelques amis dévoués la sûreté de David fut assurée, et par la stratégie de Joab, Absalom fut vaincu et tué. Les dissensions locales furent une fois de plus extérieurement apaisées, et les dernières années du grand roi furent passées dans une tranquillité comparative. Une intrigue de cour à la fin des jours de David mit fin aux prétentions et à la vie de l’héritier suivant, Adonija, et Solomon, fils de Bethsabée, lui succéda sur le trône (c. 965 av. J.-C.).

Les mérites de Salomon furent moindres et ses démérites plus nombreux que ceux de son père. Il cultiva la paix et l’amitié avec ses voisins, développa le commerce et la production, et organisa le royaume en districts administratifs ; et à l’aide d’ouvriers et de matériaux apportés de Phénicie, il érigea le grand Temple sur Moriah ainsi qu’un palais somptueux pour lui‑même. D’un autre côté, il fut sensuel dans ses habitudes et sans profondeur religieuse ni fermeté. Il appauvrissait le reste du royaume pour bâtir Juda et Jérusalem, pour acquitter ses dettes envers les Phéniciens, pour maintenir une cour splendide et pour satisfaire ses goûts luxueux et extravagants. Avant la fin de son règne il avait perdu l’allégeance des États vassaux et avait provoqué un mécontentement inquiétant dans le Nord d’Israël. Son règne marque la première époque de l’histoire littéraire hébraïque ; c’est alors que fut faite la plus ancienne collection de ballades épiques et des traditions des héros tribaux.

2. Le royaume partagé : À la mort de Salomon (934 av. J.-C.) son fils Roboam revendiqua la royauté sur tout Israël. Mais le mécontentement dans les tribus septentrionales se manifesta aussitôt par une grande assemblée populaire à Sichem. Là elles choisirent pour roi Jéroboam, un Éphraïmite qui avait été fugitif en Égypte à cause d’une tentative de rébellion sous le règne de Salomon. Benjamin, sur le territoire duquel se trouvait Jérusalem et le Temple, resta avec Juda. Ainsi l’idéal d’un Israël uni fut brisé à tout jamais. Désormais pendant un temps il y eut inimitié et lutte entre le Nord (Israël) et le Sud (Juda) ; et bien qu’il survînt plus tard une période plus longue de paix presque ininterrompue, l’espoir de réunion ne fut plus jamais chéri.

Malgré la popularité de l’élection de Jéroboam, le nord d’Israël resta dans un état d’anarchie partielle ou totale pendant un demi‑siècle. Pour rivaliser avec le Temple de Jérusalem des sanctuaires furent érigés à Dan et à Béthel, et de fortes forteresses furent élevées des deux côtés du Jourdain. Mais d’abord Israël fut désavantagé comparativement à Juda. Ce dernier était numériquement petit, mais disposait d’une force guerrière bien disciplinée ainsi que du siège légitime du gouvernement et du culte. Le véritable fondateur du royaume du Nord fut Omri (886 av. J.-C.), qui construisit la forteresse de Samarie et en fit sa capitale. Sous sa dynastie on cultiva l’amitié tant avec les Judéens qu’avec les Phéniciens, et à l’est du Jourdain on mena une guerre opiniâtre contre la puissance montante de Damas. Son successeur Achab (875 av. J.-C.) poursuivit sa politique, mais Joram, fils d’Achab, fut renversé et tué par l’usurpateur Jéhu.

La nouvelle dynastie souffrit terriblement des mains de Damas, mais après que cet État puissant eut été écrasé par les Assyriens (797 av. J.-C.), Israël se ranima, et sous Jéroboam II (783‑742 av. J.-C.) atteignit le sommet de sa puissance. Les successeurs de Jéroboam eurent cependant des règnes brefs et malheureux jusqu’en 733 av. J.-C., date à laquelle Damas et Samarie furent capturées par les Assyriens, qui annexèrent tout l’Israël au nord d’Yizréel. Osée, le roi vassal à Samarie, se révolta en 724 av. J.-C. à l’instigation de la dynastie éthiopienne intrigante en Égypte, et sa capitale fut prise après un siège qui dura jusqu’à la fin de 722 av. J.-C. Beaucoup de peuples du royaume furent exilés, et leurs places furent prises par des colons païens déportés de Babylone. Parmi les affaires internes les plus importantes furent l’essor et l’influence du prophète itinérant Élie (c. 870 av. J.-C.) et de son école, et des premiers grands prophètes littéraires, Amos (c. 760 av. J.-C.) et Osée (c. 740 av. J.-C.).

Le royaume de Juda, après ses premiers succès contre Israël, joua un rôle subalterne pendant plus d’un siècle. Ses luttes les plus âpres — de succès divers — furent menées contre les Édomites ; et il continua à croître par la naturalisation d’étrangers au sud. Sous le roi Ozias (783‑738 av. J.-C.) il atteignit l’apogée de sa prospérité, ayant sous tribu une grande partie du territoire philistin et édomite. Mais en 734 av. J.-C., sous Achaz (735‑719 av. J.-C.), il devint tributaires des Assyriens, qui ravageaient alors la Palestine septentrionale. Le fils d’Achaz, Ézéchias (719‑690 av. J.-C.), prit part à une révolte importante contre l’Assyrie en 701 av. J.-C. Le royaume fut ravagé ; beaucoup d’habitants furent déportés ; et Jérusalem ne fut sauvée de la capture que par l’apparition d’une peste dans l’armée assyrienne près de la frontière égyptienne. Dorénavant, presque jusqu’à la chute de Ninive (607 av. J.-C.), Juda resta un vassal assyrien.

En 608 av. J.-C. la Palestine fut traversée par une force égyptienne sous Pharaon-Necho ; et le jeune roi Josias (639‑608 av. J.-C.), ayant marché pour lui donner bataille, fut défait et mis à mort. Un bref régime égyptien fut terminé en 604 av. J.-C. par le grand Nabuchodonosor de Babylone, qui avait succédé à l’empire assyrien déchu. Les Égyptiens, expulsés de Palestine, gardèrent cependant des intrigues, et Juda sous Joachaz (608‑597 av. J.-C.) fut amené à se révolter en 598 av. J.-C. L’année suivante le roi nouvellement monté sur le trône Joïakin fut pris avec sa cité et déporté en Babylone avec nombre de ses sujets, y compris le prophète Ézéchiel. En 588 av. J.-C. Juda se révolta de nouveau sous Sédécias (598‑586 av. J.-C.). En 586 av. J.-C. Jérusalem fut prise, le roi et beaucoup d’autres furent déportés, et le royaume fut enfin aboli.

IV. Le régime babylonien : Sur les Judéens restés en Palestine fut nommé un gouverneur de leur propre race, Guedalia, mais en quelques années il fut assassiné par un apostat nommé Ismaël. Comme punition pour ce meurtre une troisième déportation fut opérée en Babylonie, tandis qu’un groupe de fugitifs, emmenant le vieux prophète Jérémie, se réfugia en Égypte et disparut des récits ultérieurs. Un nombre considérable demeura toutefois en Palestine.

Les exilés, dans l’ensemble, prospérèrent en Babylonie. Le noyau de la première ou principale déportation fut placé près du canal Kebar, non loin de Nippur en Babylonie centrale. Ici et ailleurs la plupart des captifs furent employés à des travaux publics, et beaucoup d’entre toutes les classes des exilés gagnèrent finalement leur liberté et atteignirent des positions influentes. Ainsi la Babylonie fournit un appui moral et financier solide au judaïsme pendant plusieurs siècles. C’est là aussi que la foi et la dévotion religieuse d’Israël furent renouvelées ; la littérature du royaume fut étudiée, rééditée et adaptée aux besoins de la communauté renaissante ; et l’espérance d’un retour en Palestine fut prêchée et chérie. Vers 545 av. J.-C. cette aspiration prit une forme plus définie. Cyrus, roi de Perse, avait alors acquis la domination sur tous les plateaux de l’Asie jusqu’aux rivages de la mer Égée, et il sembla aux visionnaires d’Israël (le second Isaïe et d’autres) que les basses terres sémitiques tomberaient bientôt aussi sous sa main. En effet, l’empire babylonien devint sa possession quand la ville de Babylone se rendit à son armée sans résistance en juillet 539 av. J.-C.

V. La domination perse : Peu après Cyrus publia une proclamation donnant aux exilés judéens et autres l’autorisation de retourner dans leurs terres. Les Juifs saisirent volontiers l’occasion. Un « prince » de la lignée davidique, Shéchbazsar, avec un grand nombre d’émigrants, partit pour Jérusalem en 538 av. J.-C. Les difficultés du repeuplement furent énormes, dues en grande partie à la jalousie et aux intrigues des Samaritains et d’autres peuples de Palestine. Les fondations d’un Temple furent posées ; mais ce ne fut qu’en 521 av. J.-C., lorsque Darius Hystaspe, le grand bienfaiteur des cultes des peuples sujets, donna un encouragement plus marqué, qu’un élan décisif fut donné par les efforts de Zorobabel, prince de la même lignée royale, soutenu par un contingent de nouveaux colons. Par son action avec celle de Josué le grand prêtre, et sous l’inspiration des prophètes Aggée et Zacharie, le Temple fut achevé et consacré en 516 av. J.-C.

La colonie hébraïque n’était encore guère qu’une colonie en difficulté ; et pendant les deux générations suivantes elle manifesta un net déclin de ferveur religieuse et par conséquent de bien‑être social et politique. La séparation des peuples païens et semi-païens de toute la région était indispensable. Mais les mariages mixtes furent fréquents ; et avec ces alliances les pratiques de cultes interdits allèrent de pair. Une grande réforme fut alors opérée par Esdras, prêtre et scribe en Babylonie, qui vint à Jérusalem (vers 458 av. J.-C. ?) avec des pouvoirs du roi Artaxerxès I pour réformer la communauté juive. Les efforts d’Esdras auraient été de peu d’effet s’ils n’avaient été soutenus par l’influence puissante de Néhémie, un échanson juif d’Artaxerxès, qui vint avec une escorte royale et une commission de gouverneur pour redresser les affaires de ses compatriotes en Palestine.

Néhémie, dont le génie était essentiellement pratique, rebâtit les murailles de Jérusalem ; força les Juifs riches à remettre les biens hypothéqués à leurs frères plus pauvres ; interdit la prise d’usure, la conclusion de mariages mixtes et la profanation du sabbat. L’œuvre la plus durable d’Esdras fut rien de moins qu’une nouvelle édition de la Loi, qui devint bientôt le pilier le plus solide du judaïsme. Elle fut lue devant une grande assemblée en 444 av. J.-C. Une seconde visite de Néhémie en 432 av. J.-C. aboutit à l’application vigoureuse de certaines réformes les plus urgentes.

Pendant le siècle qui suivit jusqu’en 330 av. J.-C. peu de choses sont connues avec précision sur le sort du corps politique juif. Le peuple était homogène ; et l’effet du labeur de Néhémie et d’Esdras fut visible dans le maintien de la pureté religieuse de la communauté.

VI. L’époque hellénistique : Les conquêtes d’Alexandre le Grand soumirent la Syrie à l’influence hellénistique, d’abord exercée surtout par les Lagides d’Égypte depuis Alexandrie comme centre (323-203 av. J.-C.), puis par Antiochos III de Syrie et ses deux successeurs régnant à Antioche (203-165 av. J.-C.).

Ce que l’Égypte des pharaons n’avait pu faire en Palestine, l’Égypte des Lagides l’accomplit en grande partie. Non seulement un contrôle politique s’instaura, mais une forte influence intellectuelle fut exercée. Ptolémée I, qui occupe Jérusalem en 320 av. J.-C., emmena en grand nombre des Juifs en Égypte comme colons et citoyens potentiels. D’autres Juifs le suivirent, fidèles à leur judaïsme établi par Esdras ; précurseurs et types de Juifs fidèles depuis lors répandus dans le monde. Les Juifs prospérèrent en Égypte ; et Alexandrie réagit sur Jérusalem en matière intellectuelle. La capitale égyptienne devint un centre d’études juives ; et les Juifs fervents qui s’y rendaient pour le culte familiarisaient la population du pays d’origine avec l’horizon élargi et le savoir du monde acquis en Égypte. De plus, la première traduction grecque de l’Ancien Testament fut faite et employée par les Juifs hellénistiques. Dans l’ensemble, le régime ptolémaïque fut favorable au judaïsme.

En 203 av. J.-C. Antiochos III enleva la Judée à l’Égypte. Sous son successeur Antiochos Épiphane commença l’époque fatale d’héllénisation et de compromis avec le paganisme, avec la réussite de ses efforts pour corrompre la prêtrise. Sa démarche suivante fut de s’emparer du Temple et de le profaner.

VII. Les Maccabées : À ce moment un héroïsme digne des meilleurs jours d’Israël fut manifesté par le noble prêtre Mattathias de la famille hasmonéenne, qui en 167 av. J.-C. leva la bannière de la rébellion.

Sous son fils et successeur Judas Maccabée, Jérusalem fut reprise, le Temple purifié et son culte restauré (165 av. J.-C.). La domination des Maccabées fut enfin établie en Judée, et se maintint pendant un siècle entier, jusqu’à ce que la Syrie devînt une province romaine.

Bibliographie : Josèphe, Antiquités ; les histoires de Grätz (1853 et seq. ; éd. anglaise, abrégée, 1891 et seq.), Ewald (1884 et seq.), Hitzig (1869), Stade (1887 et seq.), Renan (1887 et seq.), Kittel (1888, 1892), Wellhausen (1894), Klostermann (1898), Kent (1896 et seq.), Piepenbring (1898), Cornill (1898), Winckler (1895, 1900), et Güthe (1899) ; Milman, History of the Jews (1829) ; F. W. Newman, Hebrew Monarchy (1847) ; Stanley, History of the Jewish Church ; McCurdy, History, Prophecy, and the Monuments (1894 et seq.) ; articles sur Israel par Wellhausen dans Encycl. Brit., par Barnes dans Hastings, Dict. Bible ; et par Güthe dans Cheyne et Black, Encyc. Bibl. E. G. H. J. F. McC.

ISRAEL : Premier “Hochmeister” (grand rabbin) d’Allemagne ; vécut au début du XVe siècle. Il fut appelé à cette charge par un édit spécial de Ruprecht III, émis le 3 mai 1407. Dans cet édit l’empereur dit que, en conséquence de plaintes portées devant lui au sujet d’une mauvaise administration des affaires communales par certains rabbins allemands, il a décidé de créer la charge de « Hochmeister » pour contrôler toutes les rabbines d’Allemagne ; il nomme Israël comme premier « Hochmeister » en raison de sa vaste connaissance du savoir juif, de son talent oratoire et de son honnêteté scrupuleuse. Le siège du nouveau grand rabbin semble avoir été Nuremberg. L’autorité d’Israël, toutefois, fut contestée, et dans la même année (23 nov.) Ruprecht publia un nouvel édit par lequel il infligea une amende de vingt marks d’or à tout Juif ou toute Juive qui désobéirait aux ordres du grand rabbin. Malgré cela, les rabbins allemands continuèrent d’opposer Israël, qu’ils accusèrent d’avoir sollicité sa fonction auprès de l’empereur, donnant ainsi au gouvernement l’occasion de se mêler des affaires communautaires juives ; ils l’accusèrent aussi d’avoir été exigeant dans le prélèvement des taxes afin de gagner la faveur de l’empereur. Voir Israel de Krems ; Hochmeister.

Bibliographie : Wiener, Regesten zur Gesch. der Juden in Deutschland, pp. 65, 171 et seq. ; Gildemann, Gesch. iii. 35. S. I. Br.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.