Définition dans Jewish Encyclopedia

Mouton

SHEEP

Données bibliques : Les termes les plus usuels pour le mouton sont « seh » et « kebes » (« kesel ») ; « kar » (Deutéronome xxxii. 14 ; Isaïe lviii. 7) désigne l'agneau jeune au pâturage ; « téléh » (Isaïe xl. 11 et suiv.), l'agneau tète ; « ayil », le bélier ; « rahel », la brebis. Dans les passages araméens de l'Ancien Testament le terme « êmer » apparaît (Esdras vii. 17), terme que l'on trouve aussi dans les langues cognates. Le mot « zon » est employé collectivement pour le petit bétail, y compris moutons et chèvres.

L'importance de la place tenue par les moutons dans l'élevage de la Palestine se montre par les centaines de références bibliques. C'est le premier animal nommé (Genèse iv. 2). À l'époque patriarcale, les moutons formaient la partie principale des troupeaux et étaient la source principale de richesse (comp. Genèse xii. 16, xxiv. 35, etc. ; Exode ii. 16). L'existence d'un grand nombre de moutons est évoquée tout au long du récit biblique (comp. Nombres xxxi. 32 ; Josué vi. 21 ; 1 Samuel xiv. 32, xv. 3, xxvii. 9 ; Job i. 3 ; 1 Chroniques v. 21). Même les rois ne dédaignaient pas d'être éleveurs de moutons (2 Rois iii. 4 ; 1 Chroniques xxvii. 31 ; 2 Chroniques xxvi. 10, xxxii. 29 ; comp. Ecclésiaste ii. 7). Les usages du mouton étaient nombreux. Sa chair, surtout celle des agneaux, était un mets apprécié (1 Samuel xxv. 18 ; 1 Rois iv. 23 ; Isaïe xxii. 13 ; Amos vi. 4) ; le lait de la brebis était aussi consommé (Deutéronome xxxii. 14). Le shofar était fait de la corne du bélier (Josué vi. 4), qui servait aussi de récipient pour l'huile, etc. (1 Samuel xvi. 1). La peau servait de couverture pour les tentes (Exode xxvi. 14), et probablement aussi d'habillement (Héb. xi. 37). Mais c'est surtout pour sa laine que le mouton était estimé (Deutéronome xviii. 4 ; Proverbes xxvii. 23, 26 ; xxxi. 13 ; Job xxxi. 19), et la tonte des moutons était l'occasion d'une fête (Genèse xxxviii. 12 ; 1 Sam. xxv. 2 ; 2 Sam. xiii. 23). La laine blanche de Damas est spécialement mentionnée (Ézéchiel xxvii. 18).

Le mouton fut prééminemment l'animal pour le sacrifice (Genèse iv. 4 ; Lévitique i. 10 et passim ; 1 Rois viii. 5 ; 2 Chroniques xv. 11). L'holocauste du matin et du soir dans le Sanctuaire consistait en un agneau d'un an (Exode xxix. 38 ; Nombres xxviii. 1).

La plaine à l'est du Jourdain, ainsi qu'Ammon, Moab, Galaad, Basan, le Carmel et le Sharon étaient particulièrement favorables au pâturage des moutons (Nombres xxxii. 4 ; Isaïe lxv. 10 ; Michée vii. 14 ; 2 Rois iii. 4). L'Arabie était aussi riche en moutons (Isaïe lx. 7 ; Ézéchiel xxvii. 21 ; 2 Chroniques xvii. 11).

Le mouton aujourd'hui le plus commun en Palestine est la variété à queue large, caractérisée par un dépôt de graisse dans la queue (« alyah » ; comp. Exode xxix. 22 ; Lévitique iii. 9 et suiv.). Dans le nord de la Palestine existe une variété cornue semblable au mérinos. Les moutons abondent encore à l'est du Jourdain.

Troupeau et berger sont souvent utilisés figurativement en référence au peuple et à leurs dirigeants (Nombres xxvii. 17 ; 1 Rois xxii. 17 ; Ézéchiel xxxiv. 17, xxxix. 18 ; Zacharie xi. 7 ; Ps. xlix. 15, cxix. 176). Le bélier est aussi l'emblème d'une des grandes monarchies (Daniel viii. 3). La patience et la douceur de l'agneau sont évoquées en Isaïe liii. 7, Jérémie xi. 19, et Ps. xliv. 12, 23 (Version Autorisée King James 11, 22).

Dans la littérature rabbinique : Un certain nombre de termes supplémentaires pour le mouton sont employés dans le Talmud ; NIRD'N (Kér. 28b s.v.), (IL H. 26a). Dans le premier mois de la seconde année le mouton est appelé TpD, NtorDID (Parah i. 3). Le bélier est aussi appelé D'^m « BDT » (« le mâle des brebis » ; Yeb. 121b), et au pluriel '"iPH (Hul. 39b) ; tandis que pour le grand bélier on applique le terme Nn“l2 (Shab. 18b). D'nny (proprement « il a des kots ») apparaît parfois pour le mouton en général (Hul. 84a). Le bélier sauvage est « ipn » (« bélier du champ » ; Hul. 80a). On mentionne des moutons portant leurs lourdes queues sur de petits chariots (Shab. 54b).

La haute estimation des moutons dans le Talmud s'illustre par le conseil : « Vends ton champ pour acheter des moutons, mais ne vends pas tes moutons pour acheter un champ. »

« Le bélier vivant n'émet qu'un son ; mort, sept sons » (Kin. 25a). Le mouton conçoit généralement à deux ans, et sa période de gestation est de cinq mois. Il s'accouple avec la chèvre (Bek. 19b). À la naissance, le jeune vient au monde par les lèvres d'abord, non par les oreilles, comme la chèvre (Bek. 35a). Pour aider le mouton lors de la mise bas, on lui liait des morceaux de tissu trempés dans de l'huile et chauffés sur le front et le ventre (Shab. 54b). Pour engraisser les brebis, on leur bandait les pis afin d'empêcher la formation du lait (Shab. 54a). Les meilleurs moutons venaient d'Hébron (Sotah 34b).

Bibliographie : Tristram, Natural History, p. 184 ; Lewysohn, Zoölogie des Talmuds, p. 118.

K. G. H. I. M. C.

Voir la fiche concept
Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.