Définition dans Jewish Encyclopedia
Macédoine
MACEDONIA
Pays du sud-est de l'Europe ; aujourd'hui en grande partie partie de l'Empire ottoman. C'est le pays natal d'Alexandre le Grand, qui, par conséquent, est appelé « Alexandre le Macédonien » dans les écrits rabbiniques. En Dan. xi. 30 les Macédoniens sont mentionnés sous le nom de « Kittim » (King James Version Révisée), et Eusèbe et le Josephus hébreu ou Gorionides (Knobel, « Volkertafel », p. 103) emploient la même désignation.
Dans la littérature apocalyptique ce royaume est connu comme la « quatrième bête » (Dan. vii. 7). Le Premier Livre des Maccabées, qui fut à l'origine écrit en hébreu, emploie aussi le mot « Kittim » pour désigner les Macédoniens, et nomme Philippe et Alexandre (i. 1), ainsi que Philippe III et son fils illégitime Persée (viii. 6), comme rois des Macédoniens. Comme les Syriens hellénisés se proclament « successeurs d'Alexandre », ces Syriens sont aussi appelés « Macédoniens » (2 Macc. viii. 20).
Les Rabbins, dont la connaissance de la vie grecque s'est formée à l'époque macédonienne, ont identifié l'hébreu « Yawan » (Javan) avec la Macédoine (Targ. Yer. à Gen. x. 2 ; Targ. de 1 Chron. i. 5 ; Yoma 10a ; Gen. R. xxxvii. 1), et pour eux, comme pour Daniel, la Macédoine représentait le royaume eschatologique (Mek. à Ex. xx. 18 ; Targ. de 1 Sam. ii. 4) ; chez eux l'expression « Javan » est interchangeable avec « Macedonia ». Ils mentionnent, probablement au sens figuré, la « jaunisse » de la Macédoine (Targ. Yer. à Deut. xxviii. 22) ; aussi l'or de ce même pays (Targ. à Esth. viii. 15 ; 2e Targ. à Esth. vi. 10).
On soutient que de nombreux idiomes macédoniens se retrouvent dans la langue judéo-hellénistique, spécialement telle qu'elle apparaît dans la LXX (Swete, « Introduction to the O. T. in Greek », p. 291, Cambridge, 1900). Des villes portant des noms macédoniens furent fondées en terre palestinienne, telles que Béroé, Dion, Pella. Certaines armes des Macédoniens sont mentionnées par Josèphe (« B. J. » V. 11, § 3).
Beaucoup de Juifs ont dû vivre en Macédoine, puisque les doctrines chrétiennes y trouvèrent une adhésion prompte et précoce. Paul visita les régions macédoniennes lors de son second voyage missionnaire (Actes xvi. 9 ; comp. 1 Cor. xvi. 5) ; ses collaborateurs Silas et Timothée y œuvrèrent (Actes xvii. 14, xviii. 5). Paul la visita de nouveau au cours de son troisième voyage (Actes xx. 1 ; 2 Cor. i. 16, ii. 13, vii. 5), faisant halte dans les villes Philippes, Thessalonique et Béroé. Des inscriptions juives ont été trouvées à Thessalonique (« R. E. J. » x. 78), et la présence de Juifs en Macédoine est prouvée aussi par la lettre d'Agrippa à Caligula (Philon, « Legatio ad Caium », § 36 [éd. Mangey, ii. 587]).
Pour un compte des Juifs en Macédoine à l'époque moderne voir Turquie.
Bibliographie : Schurer, Oesch, til. 37 ; Krauss, hehmv/irier.
MACHADO : Nom d'une famille de marranes (Maranos) qui semble s'être émigrée d'Avislone (Lisbonne) vers l'Amérique. Le nom se rencontre au Mexique et dans les Indes Occidentales à une date très ancienne. Dès 1600, au cours du procès de Jorge de Almeida par l'Inquisition au Mexique, Isabel Machado et son père Antonio Machado furent accusés d'être Juifs. Abraham de Macado est mentionné comme résident de la Martinique en 1680, et M. Machado est connu pour avoir été planteur en Surinam vers 1690.
La famille la plus importante portant ce nom en Amérique est celle de New York. Elle descend de David Mendez Machado, qui partit de Lisbonne, comme réfugié de l'Inquisition, pour l'Angleterre, où il rejoignit des émigrants se rendant en Géorgie, arrivant à Savannah en 1733. David Mendez Machado épousa Zipporah, fille du Dr. Samuel Nunez, l'un des premiers colons de Géorgie, et peu après quitta Savannah pour New York ; là, en 1734, il devint hazzan de la congrégation espagnole et portugaise Shearith Israel, à laquelle il resta affilié jusqu'à sa mort en 1753. Aaron Machado, vraisemblablement un frère, obtint la liberté en qualité de citoyen à New York en 1739. David Mendez Machado eut deux enfants ; Rebecca, née à New York en 1746, épousa à Philadelphie, en 1762, Jonas Phillips (voir Phillips) ; et Sarah épousa M. Moses de Charleston, S. C. Parmi les descendants illustres de David Mendez Machado on peut citer le commodore Uriah P. Levy, Henry M. Phillips, Jonas B. Phillips, Mordecai M. Noah, et N. Taylor Phillips.
Voici l'arbre généalogique de la famille Machado de New York :
David Mendez Machado = Zipporah Nunez
(d. 1753) (d. 1799)
Sarah = M. Moses
Israel Moses
Raphael Moses
Raphael Moses, Jr.
Rebecca = (1762) Jonas Phillips
(1746-1831) (1736-1803)
21 enfants
Bibliographie : N. Taylor Phillips, Family History of the Rev. David Mendez Machado ; Publications Am. Jew. Hist. Soc. ii. 45 et suiv. ; iv. 3 ; vi. 47, 128.
A. L. Hii.
