Définition dans Jewish Encyclopedia

Livre des Nombres

NUMBERS, BOOK OF

Quatrième livre du Pentateuque. Dans la version des Septante il porte le titre ’Ap/d/io(; dans la Vulgate, « Numeri », tiré du commandement donné par Elohîm, contenu dans le premier chapitre, d’énumérer les enfants d’Israël. Dans la littérature juive il est connu comme « Bc-Midbar » ; les rabbins plus anciens l’appelaient « Sefer Wa- Yedabber » ; dans le Talmud sa désignation est « Homesh ha-Pekudim », « la cinquième partie, qui est appelée ‘Numbers’ » (Sotah 36b; comp. Rashi ad loc.). — Données bibliques : Le texte massorétique contient 1 288 versets en 158 sections, dont 92 se terminent à la fin d’une ligne (« petuhot » = « ouvertes ») et 66 au milieu d’une ligne (« si'tumot » = « fermées »). Il est en outre divisé en dix leçons hebdomadaires (« parashiyyot ») pour le cycle annuel, et en trente-deux leçons hebdomadaires (« sedarim ») pour le cycle triennal.

Le sujet du livre se répartit en trois groupes principaux. Ch. i.-x. 10 racontent les faits accomplis et les lois données dans le désert du Sinaï ; ch. x. 11-xxvii. (à l’exception des ch. xv. et xix.) sont historiques, rapportant les événements survenus pendant les errances des enfants d’Israël dans le désert ; ch. xxviii.-xxxvi. contiennent lois et ordonnances promulguées dans les plaines de Moab. Le livre couvre une période de plus de trente-huit ans, à savoir, depuis le premier jour du second mois de la seconde année après l’Exode (i. 1) jusqu’à la dernière partie de la quarantième année (xxxiii. 38).

Ch. i. : Elohîm ordonne à Moïse, dans le désert, de faire le dénombrement de ceux qui sont capables de porter les armes — de tous les hommes « dès vingt ans et au-dessus », la tribu de Lévi étant exceptée, et de nommer des princes sur chaque tribu. Le résultat de l’énumération fait trouver 603 550 Israélites aptes au service militaire. Moïse reçoit l’ordre d’assigner exclusivement aux Lévites le service du Tabernacle.

Ch. ii. : Elohîm prescrit la formation du camp autour du Tabernacle, chaque tribu se distinguant par son étendard choisi. Juda, Issacar et Zabulon campent à l’est du Tabernacle ; Ruben, Siméon et Gad au sud ; Éphraïm et Manassé à l’ouest ; et Dan, Aser et Nephtali au nord. Le même ordre doit être observé en marche.

Ch. iii. : Des fils d’Aaron et de la mort de Nadab et Abihu. Moïse reçoit l’ordre de consacrer les Lévites au service du Tabernacle à la place des premiers-nés, qui jusque-là avaient accompli ce service. Les Lévites sont divisés en trois familles, les Gerschonites, les Qéhathites et les Mérarites, chacune sous un chef, et toutes dirigées par un prince, Éléazar, fils d’Aaron. Les Lévites comptent 22 000, en comptant tout mâle d’un mois et au-delà. Les Gerschonites sont placés à l’ouest du Tabernacle, chargés des objets tissés ; les Qéhathites au sud, chargés du mobilier et de l’Arche de l’Alliance ; les Mérarites au nord, chargés des matériaux les plus lourds ; le nombre des premiers-nés mâles est de 22 273, nombre qui dépasse celui des Lévites de 273 ; les excédents sont rachetés cinq sicles chacun.

Ch. iv. : Le dénombrement des Lévites propres au service du Tabernacle — ceux de trente à cinquante ans — fait apparaître : Qéhathites, 2 750 ; Gerschonites, 2 630 ; Mérarites, 3 200 ; au total, 8 580. Comment les Lévites doivent disposer du matériel du Tabernacle lorsqu’ils se préparent à un voyage.

Ch. v.-vi. : Ordonnances et lois concernant les lépreux et autres personnes impures qui sont exclues du camp ; concernant la réparation pour les péchés communs ; concernant la femme infidèle, son épreuve par le prêtre et son expiation ; concernant le Nazaréen et la cérémonie effectuée à l’expiration de son vœu ; la bénédiction formelle du peuple.

Ch. vii. : Les offrandes des princes des douze tribus à la dédicace de l’autel.

Ch. viii. : L’allumage du candélabre ; la séparation des Lévites et la cérémonie de leur consécration ; leur période de service — de vingt-cinq à cinquante ans.

Ch. ix. : Les Pâques différées ; la nuée qui dirige les haltes et les marches des Israélites.

Ch. x. : Moïse reçoit l’ordre de fabriquer deux trompettes d’argent pour convoquer l’assemblée et annoncer la reprise d’un voyage ; les diverses occasions d’emploi des trompettes ; le premier voyage des Israélites après la construction du Tabernacle ; Moïse demande à Hobab d’être leur guide.

Ch. xi. : Le peuple murmure contre Elohîm et est puni par le feu ; Moïse se plaint de l’obstination des Israélites et reçoit l’ordre de choisir soixante-dix anciens pour l’assister dans le gouvernement du peuple ; récit d’Eldad et Médad, de la pluie de cailles et de l’épidémie à Kibroth-hattaavah.

Ch. xii. : Miryam et Aaron calomnient Moïse à Hatsérot, et Miryam est frappée de lèpre pour sept jours, à l’issue desquels les Israélites se mettent en route pour le désert de Paran.

Ch. xiii.-xiv. : Les espions et l’issue de leur mission.

Ch. xv.-xvi. : Ordonnances à observer en Canaan ; différents genres d’offrandes ; « hallah », ou la part du prêtre sur la pâte ; l’expiation pour les péchés involontaires ; concernant l’homme trouvé en train de ramasser du bois le jour du sabbat ; la loi des franges (voir Fringes) ; la rébellion et la punition de Koré et de ses 250 partisans.

Ch. xvii. : Moïse reçoit l’ordre de fabriquer des plaques pour couvrir l’autel avec les deux cent cinquante encensoirs laissés après la destruction du parti de Koré. Les enfants d’Israël murmurent contre Moïse et Aaron à cause de la mort des hommes de Koré, et sont frappés d’une peste : 14 700 périssent ; le bâton d’Aaron.

Ch. xviii.-xix. : Aaron et sa famille sont déclarés par Elohîm responsables de toute iniquité commise en relation avec le sanctuaire. Les Lévites sont de nouveau nommés pour l’aider dans la garde du Tabernacle. Concernant les portions sacerdotales et les dîmes données aux Lévites. Les Lévites reçoivent l’ordre de remettre aux prêtres une partie des dîmes qu’ils prennent. La loi de la vache rousse.

Ch. xx. : Après la mort de Miryam à Kadès, les Israélites reprennent plainte contre Moïse pour le manque d’eau. Moïse, ordonné par Elohîm de parler au rocher, désobéit en le frappant, et est puni par l’annonce qu’il n’entrera point en Canaan. Le roi d’Edom refuse aux Israélites la permission de traverser son territoire. Mort d’Aaron sur le mont Hor.

Ch. xxi. : Défaite du roi Arad le Cananéen par les Israélites. Les Israélites mordus par des serpents pour avoir parlé contre Elohîm et Moïse. Le serpent d’airain. Les errances des Israélites avant d’atteindre la vallée de Moab. Batailles et défaites de Sichon et d’Og.

Ch. xxii.-xxiv. : Épisode de Baal-PR et de Balaam.

Ch. xxv. : Les Israélites campés à Schittim commettent des abominations avec les filles de Moab et servent Baal-peor. Une peste emporte 24 000 Israélites. Phinéhas tue Zimri.

Ch. xxvi. : Le nouveau recensement, pris juste avant l’entrée dans le pays de Canaan, donne le nombre total des mâles de vingt ans et au-dessus comme étant 601 730, le nombre des Lévites d’un mois et au-delà comme étant 23 000. Le pays sera partagé au sort.

Ch. xxvii. : Les filles de Tsélofchad, leur père n’ayant pas de fils, participent au partage. Moïse reçoit l’ordre de désigner Josué comme son successeur.

Ch. xxviii.-xxix. : Prescriptions pour l’observation des fêtes, et les offrandes pour différentes occasions : chaque jour ; le sabbat ; le premier jour du mois ; les sept jours de la Fête des pains sans levain ; le jour des prémices ; le jour des trompettes ; le Jour des Expiations ; les sept jours de la Fête des Tabernacles ; le jour de l’assemblée solennelle.

Ch. xxx. : Lois concernant les vœux des hommes et des femmes mariées ou non mariées.

Ch. xxxi. : La conquête de Madian par les Israélites.

Ch. xxxii. : Les Rubenites et les Gadites demandent à Moïse de leur assigner le pays à l’est du Jourdain. Après leur promesse d’aller devant l’armée pour aider à la conquête du pays à l’ouest du Jourdain, Moïse accorde leur requête. Le pays à l’est du Jourdain est partagé entre les tribus de Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé. Les villes bâties par ces tribus.

Ch. xxxiii. : Énumération des stations où les Israélites se sont arrêtés durant leurs quarante années d’errance dans le désert. Pendant qu’ils sont dans les plaines de Moab, on dit aux Israélites qu’après avoir traversé le Jourdain ils devront chasser les Cananéens et détruire leurs idoles.

Ch. xxxiv. : Les frontières du pays dont les Israélites sont sur le point de prendre possession. Le pays doit être partagé entre les tribus sous la direction d’Éléazar, Josué et de douze princes, un de chaque tribu.

Ch. xxxv.-xxxvi. : Les quarante-huit villes assignées aux Lévites, et les six villes de refuge. Lois concernant le meurtre et les villes de refuge, et l’héritage féminin.

E. o. ir. M. Sel.

Vue critique : Il existe de nombreuses preuves que le livre des Nombres n’a pas été écrit par Moïse, et qu’il n’est pas contemporain des événements qu’il décrit. Tout au long du texte Moïse est désigné à la troisième personne, et en un passage (xii. 8) dans des termes qui excluent depuis longtemps l’auteurat moïséen. Un seul passage, à savoir xxxiii. 2, revendique l’auteurat de Moïse ; mais il est si étroitement lié à d’autres passages qui sont clairement postérieurs à Moïse, et, en fait, les plus récents du Pentateuque, qu’il est évident qu’il ne l’a pas écrit. Il a été abondamment démontré que les mêmes grandes sources, J, E et P, qui ont fourni le matériel pour les autres livres de l’Hexateuque, ont aussi fourni le matériel des Nombres. Même D apparaît dans un passage.

Il n’y a pas d’unité de pensée ni de matière dans Nombres. Son matériau peut être commode­ment groupé géographiquement, auquel arrangement on obtient les trois divisions suivantes : (1) ch. i.-x. 10, qui traitent du camp au Sinaï ; (2) ch. x. 11-xix., qui contiennent des récits d’errances ; et (3) ch. xx.-xxxvi., dont la scène est les plaines de Moab.

Ch. i.-x. 10 : La première section du livre couvre les derniers dix-neuf jours du campement au Sinaï. Le matériau provient tout entier de P ; mais il n’est pas de la main d’un seul auteur. Ch. i. 1, 16, 54 est de P?, l’auteur du « Grundschrift » sacerdotal, qui a noté l’ordre de recenser Israël, et rapporte brièvement comment il fut accompli. Les versets 17 à 53 donnent les tribus dans un ordre différent du précédent, et sont de la main d’un amplificateur ou suppléant sacerdotal, P*. Ch. ii., qui donne le plan de campement, présente encore un ordre différent des tribus, si bien que Juda occupe la première place. On s’accorde généralement à voir là la main d’un encore plus tardif suppléant sacerdotal. Ch. iii. contient le récit du choix de la tribu de Lévi au lieu de tous les premiers-nés d’Israël. Cette narration principale de P» (versets 5-22, 27, 28, 33, 34, 39, 44, 45) a été complétée par P" (versets 1-4, 23-26, 29-32, 35-38, 40-43, 46-51), avec la position de leur campement et quelques autres détails. Ch. iv., un nouveau dénombrement des Lévites adultes avec indication de leurs fonctions, contient (verset 11) une référence à l’autel d’or, dont il existe un récit en Ex. xxx., chapitre complémentaire. Il est donc à attribuer à P*. Dans tous ces passages de P' on observe une grande élaboration du style et beaucoup de répétitions.

Ch. V., concernant l’ordalie prévue pour une femme soupçonnée d’infidélité, provient d’un rédacteur sacerdotal peut-être plus ancien que P*; Carpenter et Harford-Battersby, parce qu’il écrit comme un maître, le désignent comme P'. La loi dans sa forme actuelle combine deux lois plus anciennes, selon l’une desquelles la preuve de la culpabilité de la femme est présupposée, tandis que l’autre la considérait indéterminée et prévoyait une ordalie pour établir la vérité. Pour les détails voir Stade in Zeitschrift, 1895, pp. 166 et suiv. ; (Carpenter et Harford-Battersby, The Hexateuch, ii. 192 ; et Baentsch dans Nowack’s Hand-Kommentar, loc. cit.). Ch. vi., sur la loi des vœux, est de la même source que ch. V., c’est-à-dire P*. La bénédiction finale (versets 22 à 27) est d’une source complémentaire.

Ch. vii., relatif aux dons des princes des différentes tribus, est daté du jour où Moïse acheva d’ériger le Tabernacle, et suit donc immédiatement Ex. xl. Il est considéré comme l’une des dernières amplifications de P*. Un verset (89) est de P>-'. Ch. viii., la purification cérémonielle des Lévites, est de P% mais consiste en deux strates, 1-15a et 15b-26. Celles-ci couvrent grosso modo le même sujet, 15b-26 étant postérieur à l’autre. Ch. ix., sur les régulations de la Pâque différée, est également de P\ Ch. x. 1-8 raconte les signaux pour le départ. Il est de Pt^. Les versets 9 et 10 contiennent des prescriptions concernant le son des trompettes à la guerre et comme mémoire. Ils portent les marques caractéristiques du Code de Sainteté, P''.

Ch. x. 11-xix. : Dans la seconde division des Nombres les sources sont plus complexes, J, E et P étant chacune représentées. Il n’est nullement possible de séparer les trois fils avec certitude. Ch. x. 11-26, décrivant le départ du Sinaï, contient d’abord (versets 11-12) l’énoncé de P'^’ du départ. Celui-ci a été amplifié (versets 13-28, 34) par P*. Dans les versets 29-33, 35 et 36 le récit J, interrompu à Ex. xxxiv. 28, est repris. Comme dans les récits J ailleurs, le beau-père de Moïse, qui accompagne les Israélites en chemin, est appelé Hobab. Ch. xi. 1-3, relatant l’incident de Tabéra, est vraisemblablement attribué à E parce que les marques de J y manquent et parce que E, ailleurs, assimile à la prière certaines fonctions (xxi. 7 et Gen. xx. 7, 17). L’histoire des cailles (xi. 4-15, 18-24a, 31-35 ; xii. 16) est clairement de J : le style, la langue et le point de vue sont les siens. D’autre part, xi. 16, 17, 24b-30, et xii. 1-15, par leur conception de la tente d’assignation comme distincte du camp, sont manifestement d’E.

Ch. xiii.-xiv., décrivant l’envoi des espions, est très complexe. J, E et P sont tous représentés dans le récit. L’analyse suivante n’est que provisoire ; à P appartiennent xiii. 1-17a, 21b, 25, 26a, 32 ; xiv. 1a, 2, 5-7, 9a, 10, 26-30, 32-39a. Selon P, Caleb, Josué et dix autres traversent le pays jusqu’à Kehob dans le voisinage du Liban ; ils signalent que les peuples sont d’une grande stature ; la congrégation murmure ; et quarante années d’errance sont prononcées. De J viennent xiii. 17b, 18b, 19, 22, 27a, 28, 30, 31 ; xiv. 1c, 3, 8, 9b, 11-17, 19-24, 31, 41-45. Selon J, Caleb et d’autres espions montent au « negeb » (Version Autorisée King James : « south »), et atteignent Hébron ; ils déclarent que les enfants d’Anaq s’y trouvent ; le peuple pleure de peur ; seuls Caleb et les petits verront donc le pays promis ; la tentative présomptueuse du peuple d’y monter est vaincue. À E appartiennent xiii. 17c, 18a, 18c, 20, 21a, 23, 24, 26b, 27b, 29, 33 ; xiv. 1b, 4, 25, 39b, 40. Le début du récit d’E peut être trouvé sous-jacent en Deut. i. 22-25. Il décrit l’envoi de douze hommes, qui atteignent la vallée d’Eschcol, y coupent des fruits et les rapportent à Kadès, avec le rapport qu’il y a de nombreux Nephilîm dans le pays ; le peuple crie vers YHWH et est dirigé de marcher par le chemin de la mer de Suf, mais il propose d’entrer directement dans le pays.

Ch. xv., sur la loi générale de l’oblation et sur la loi concernant les franges des vêtements, est de P‘, bien que P® ait interpolé les versets 32 à 36, qui se réfèrent à l’homme trouvé en train de ramasser des bâtons le jour du sabbat. Ch. xvi. est composite : un récit de J sur la révolte menée par un Judéen contre Moïse, un récit d’E sur la révolte de deux fils de Ruben, et un récit de Ps sur une multitude d’Israélites qui murmurent contre Moïse et Aaron ont été combinés et transformés par P® en la tentative de Lévites, menés par Koré, d’obtenir la prêtrise. À J appartiennent les versets 1d, 13, 14a, 15, 26b, 27c-31, 33a ; à E, 1c, 12, 14b, 25, 27b, 32a, 33b, 34 ; à P®, 1a, 2b-7, 18-24, 26a, 27a, 35, 41-50 ; et à P% 1b, 8-11, 16, 17, 32b, 33c, et 36-40. Ch. xvii., sur la floraison du bâton d’Aaron, et ch. xviii., sur les responsabilités et prérogatives des prêtres, sont tirés de la narration sacerdotale principale, P?. Ch. xix. contient des prescriptions pour la purification de ceux qui ont touché un mort. Les versets 1 à 13, sur le cérémonial de la vache rousse, sont provisoirement attribués à P" ; la loi parallèle aux versets 14 à 22 est reliée par son titre à P‘.

Ch. xx.-xxxvi. : Dans la troisième section du livre, ch. xx. 1-13, relatant la querelle à Méribah, est principalement dérivé de P=, mais la référence à Miryam (1b) semble être tirée d’E, tandis que 3a, 5, et 8b sont des fragments d’un récit J où Aaron n’était pas mentionné. Les versets 14 à 22a, le refus d’Édom de laisser passer Israël sur son territoire, sont combinés à partir de J et E. E a fourni les versets 14-18, 21a et 22a ; J, 19, 20 et 21b. Les versets 22b à 29, décrivant la mort d’Aaron, sont clairement de Ps.

Ch. xxi. est un récit JE. J a fourni les versets 1-3 (la dévotion d’Hormah), 16-20 (le voyage d’Hormah à Pisgah), et 24b-32 (la conquête de Heshbon et Jazer) ; E a fourni 4b-9 (l’origine du serpent d’airain), 11b-15 (le voyage à l’Arnon), 21-24a (la conquête de Heshbon). Les versets 4a, 10 et 11a font partie de l’itinéraire de P, comme l’est xxii. 1.

L’histoire de Balaam (xxii. 2-xxiv.) a été tissée ensemble à partir de J et d’E. Les sections J sont xxii. 3b-5a, 5c-7, 11, 17, 18, 22-36a, 37b, 39 ; xxiii. 2-8 ; xxiv. 1-25. Ces sections décrivent la détresse de Moab, et l’envoi des anciens de Madian à Balaam, apparemment dans le pays d’Ammon (texte émendé pour lire poy au lieu de iDy en xxii. 5c). YHWH lui apparaît en chemin, et l’âne parle ; Balaam ne pratique pas l’enchantement, mais parle sous l’influence de l’esprit d’Elohîm. À E appartiennent xxii. 2, 5b, 8-10, 12-16, 19-21, 36b, 37a, 38, 40, 41 ; xxiii. 1-27, 29. Ce récit décrit la crainte de Moab et l’envoi de ses princes à Pethor à l’est pour convoquer Balaam. Elohîm ordonne à Balaam d’aller avec eux, et il profère le mot qu’Elohîm met dans sa bouche. Les poèmes de xxiii. et xxiv. sont probablement encore plus anciens que J et E.

Dans ch. xxv., on pense que 1b, 2, 3b et 4, qui racontent l’idolâtrie avec les filles de Moab, sont de J ; les versets 1a, 3a et 5 constituent un récit d’E de l’adoration de Baal-peor et de son châtiment ; les versets 6 à 15 conservent un récit analogue de P* d’un Hébreu ayant épousé une femme madianite et de sa punition. P* a complété ceci (versets 16, 17) par un commandement d’attaquer les Madianites. Ch. xxvi., un second recensement des Hébreux, est si répétitif qu’il provient clairement d’un suppléant sacerdotal. Ch. xxvii. 1-11, concernant l’héritage des filles en l’absence d’héritiers mâles, est d’une source analogue. Il en va de même des versets 12 à 14, qui introduisaient autrefois à ce point le récit P de la mort de Moïse maintenant placé en Deut. xxxiv. 1. Ch. xxvii. 15-23, sur la désignation de Josué pour conduire Israël, fait partie de la narration sacerdotale originale de P®. Ch. xxviii.-xxxvi., à l’exception de xxxii. 39-42 (partie de l’itinéraire de J), proviennent des divers suppléants sacerdotaux, P". Ch. xxviii. et xxix. contiennent des régulations tardives pour les fêtes, différentes matériellement des prescriptions P de Lévitique xxiii. Les raisons qui conduisent les critiques à assigner le traitement des vœux en ch. xxx., l’itinéraire en xxxiii. 1 et suiv., et d’autres parties de ce matériel à P* sont le style élaboré et répétitif, et diverses modifications de matière sacerdotale antérieure. Pour les détails, le lecteur est renvoyé aux ouvrages cités dans la bibliographie ci‑dessous.

Il ressort d’un examen attentif du matériau, lorsqu’il est groupé comme dans l’analyse ci‑dessus, que le livre des Nombres fait partie du même processus littéraire qui a produit le Pentateuque. Une trace de D (R**) apparaît en ch. xiv. 18 ; ainsi les quatre strates du Pentateuque sont présentes.

Bibliographie : Kuenen, The Hexateuch, 1886 ; Bacon, The Triple Tradition of the Exodus, 1894 ; Carpenter et H. Harford-Battersby, The Hexateuch, 1900 ; Baentsch, Exodus–Leviticus–Numeri, dans Nowack’s Handkommentar, 1903 ; G. Buchanan Gray, Numbers, dans l’International Critical Commentary, 1903.

E. c. G. A. B.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.