Définition dans Jewish Encyclopedia

Goshen

GOSHEN

Région de l’Égypte que les Israélites habitèrent pendant leur séjour dans ce pays. Elle est décrite comme située à la frontière orientale de la Basse-Égypte (Genèse xlvi. 28, 29 ; Exode xiii. 17 ; 1 Chroniques vii. 21), formant un avant-poste de celle-ci (Genèse xlvi. 34) ; apparemment peu (ou pas) peuplée d’Égyptiens (ib.), mais, aux yeux des bergers, manifestement « le meilleur du pays » (ib. xlvii. 6, 11), puisque le bétail de Pharaon y paissait (6). Selon le verset 11 « le pays de Rameses » (P ?) est synonyme de « le pays de Goshen ». « Goshen » seul (sans l’ajout « pays de ») n’est employé que dans xlvi. 28, 29. Dans ces deux versets il peut désigner une ville, comme le comprend la LXX., qui rend ici « Goshen » par « Heroonpolis », ajoutant au verset 28 à « jusqu’à Goshen » les mots « dans le pays de Ramesses » ; en xlv. 10 la LXX. translittère « Gesem d’Arabie ». Le nom « Arabie » signifie, dans l’usage égyptien, soit, en général, toute terre à l’est du Nil soit, en tant que district spécial, le « nome Arabia », le nº 20 de la Basse-Égypte. Heroonpolis ou Heropolis (selon les fouilles de Naville, le moderne Tell al-Maskhuta) était, toutefois, la capitale du 8e ou nome heroopolitain, à l’est de l’Arabian. Néanmoins, le nom « Arabie » semble être employé par la LXX. dans le sens spécial, car au règne de Ptolémée II l’administration grecque paraît avoir traité les nomes voisins, le 8e et le 20e, comme un seul district (comp. les « Revenue Laws of Ptolemy Philadelphus », éd. Grenfell, 1896, p. 1). Plus tard, les deux districts semblent avoir été séparés de nouveau (comp., e.g., Ptolémée, « Geographia », iv. 5, 63).

Le nom « Goshen » (égyptien, « Ksm », parfois abrégé en « Ks »), apparaissant pour la première fois dans un papyrus de la 12e dynastie (Griffith, "Kahim Papyri", 2, 14), désignait toutefois le 8e ou le soi-disant nome « Arabien », c.-à-d. le pays à l’ouest du nome de Bubastis, entre le bras péloüsiaque du Nil et le canal se détachant aujourd’hui à Belbeis. Il touchait l’entrée de la vallée désertique, aujourd’hui appelée Wadi al-Tumilat, où une fortification, érigée sous la 12e dynastie, protégeait l’entrée la plus facile en Égypte. Il est probable que la capitale P(er)-sopd(u) (Pisaptu chez les Assyriens), située près du moderne Saft al-Hannah, portât comme nom profane le même nom que la région, parce que les auteurs classiques parlent d’une ville Phacus(s)a à cet endroit (Ptolémée, l.c. ; plus obscurs sont Étienne de Byzance, la « Tabula Peutingerina », Geographiis Ravennatu, et Strabon, qui peuvent avoir confondu avec Goshen une ville au nom similaire, le moderne Fakus, au nord-est de Bubastus). Si tel est le cas, la prononciation biblique du nom est authentifiée contre le « Ges(s)em » de la LXX. et des versions qui en dépendent.

La désignation synonyme, « pays de Rameses », n’a pas encore été trouvée sur les monuments, mais semble se rapporter à la région bordant à l’est le pays de Goshen, le 8e ou nome heroopolitain, que l’on sait avoir été colonisé par le fameux pharaon Rameses H. La LXX. se trompe certainement en identifiant Heroonpolis avec Goshen, mais elle a par ailleurs raison de chercher les établissements israélites dans cette région (qui contenait les villes de Pithom et Succoth, Exode i. 11, xii. 37, etc.), la vallée étroite Wadi al-Tumilat des temps modernes, entre le lac Crocodile et l’ancien pays de Goshen. Cette partie du pays correspond parfaitement à la description de Goshen dans la Bible. Elle n’était atteinte que de manière irrégulière par les crues annuelles du Nil, et était donc moins propre à l’agriculture. Il suffit de supposer que, avec les Sémites ou dans l’usage égyptien populaire, le nom de « Ksm » (Goshen) fut étendu au-delà des limites de l’ancien pays et de ses fortifications frontières. Malheureusement, peu de choses sont connues de toute la région avant Rameses II. On pourrait aussi supposer que les Israélites se fixèrent, à l’époque de Joseph, dans l’ancien pays de Goshen, et se répandirent dans la période suivante sur le district nouvellement colonisé ; mais cela s’accorde moins bien avec les données bibliques. Aucune étymologie égyptienne du nom « Goshen » (Kosem) n’a été trouvée, qui semble être d’origine sémitique ; cela indiquerait des colons sémitiques déjà vers 2000 av. J.-C. ou avant. Dans Judith i. t) (« le pays de Gesem [R. V. “Goshen”] jusqu’à ce que tu arrives au-dessus de Tanis et de Memphis ») le nom semble être employé sans connaissance précise quant à l’emplacement du lieu.

BIBLIOGRAPHIE : La discussion la plus complète des données égyptiennes se trouvera chez Naville. The Shrme of Saft el-Henneh and the Land of Goahcn, in the 5th Memoir of the Ec/npt Explor. Fnnd. 18S5, p. 74 ; comp., aussi, his Pithom ihd Memoir). Ebers, Larch Gosen zum Sinai. 1873, est dépassé, comme les théories soutenues à plusieurs reprises par Brugsch (L'Exodc et leg Monuments, etc.).

Goring- Ox
Gottheil, Gustav

E. G, ir. W, M. M.

Voir la fiche concept
Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.