Définition dans Jewish Encyclopedia

Galilée

GALILEE

Données bibliques et post-bibliques : À l’époque grecque le nom usuel pour la division septentrionale de la Palestine occidentale. Le nom se forme à partir de « ha-Galil » dans l’Ancien Testament (Josué xx. 7, xxi. 32, LXX. ; I Rois ix. 11 ; II Rois xv. 29 ; I Paralipomènes vi. 61), ou de « Gelil ha-Goyim » (cercle des nations païennes ; Isa. viii. 23 ; comp. I Macc. v. 15), et désigne le pays montagneux qui s’élève à l’est de la plaine d’Esdrelon et s’étend jusqu’au Liban et à l’Anti-Liban. La Galilée était divisée en deux sections : la Galilée inférieure ou méridionale, et la Galilée supérieure ou septentrionale, séparées par la plaine de Rama (comp. Jos. xix. 30).

Politiquement pays juif, la Galilée, selon Josèphe (B. J. iii. 3, § 1), était bordée au nord et à l’ouest par le territoire tyrien, au sud par la Samarie et Scythopolis, et à l’est par le pays transjordain et le lac de Génésareth. Josèphe divise aussi la chaîne montagneuse de Galilée en deux sections, supérieure et inférieure, division qui correspond à la division naturelle du pays ci-dessus indiquée. Selon le même auteur, la Galilée supérieure était limitée au sud par Bersaba (peut-être l’enceinte en ruines d’Abu Sheba au sud de la plaine de Rama) ; à l’ouest par Meroth (dont la position ne peut être positivement déterminée) ; au nord par Baca (aussi inconnue) ; et à l’est par Thella sur le Jourdain. La Galilée inférieure s’étendait à l’ouest jusqu’à Chabulon près de Ptolémaïs ; au sud jusqu’à Eshaloth, c’est-à-dire Chisloth (Jos. xix. 12, 18) ; et à l’est jusqu’à Tibériade. D’autres passages de Josèphe montrent que la section juive de la Galilée n’allait pas très loin au nord ; car Kadesch était déjà en possession des Tyriennes (B. J. ii. 18, § 1, et ailleurs). En revanche, dans la spécification des frontières selon le Talmud (voir Hildesheimer, Beiträge zur Geographie Palästinas, 1886), la frontière nord-orientale de la Galilée s’étend plus à l’ouest et au nord, à savoir de Ptolémaïs à travers Ga'ton (aujourd’hui Ja'tun), Bet Zenita (Zuwenita), Kastra de-Gelil (Gelil), Kur (Al-Kura), Yatir (Ya'tir) et Tafnit (Tibnin) jusqu’à Marj ‘Ayun.

La Galilée, beau et pays très fertile, est justement louée par Josèphe (B. J. iii. 3, § 2). Selon son assertion, elle comprenait un certain nombre de villes et de nombreux villages, dont le plus petit n’aurait pas moins de 15 000 habitants. C’est sans doute une exagération, bien que la densité de la population soit hors de doute. Dès l’époque de l’Ancien Testament la population de cette région était fortement mêlée ; et elle le devint davantage après la chute du royaume d’Ephraïm. Pendant la lutte des Maccabées les Juifs de Galilée constituaient un si petit nombre qu’on put tous les amener à Jérusalem (I Macc. V. 23).

Il n’est pas expressément indiqué quand la Galilée fut conquise par les Maccabées, mais la suggestion de Schürer (Geschichte, 3e éd., i. 211 et seq.) que la section du territoire ituréen que convoqua Aristobule I (Josèphe, Ant. xiii. 11, § 3) fut la Galilée est probablement correcte. Sans aucun doute beaucoup de Juifs émigrèrent ensuite dans cette terre bénie, de sorte que la population devint majoritairement juive, comme le décrivent le Nouveau Testament et Josèphe. À la mort d’Hérode le Grand, la Galilée fut attribuée à Hérode Antipas ; et après sa déposition elle fut incorporée à la province de Syrie, dont elle fit partie, sauf sous le court règne d’Agrippa (40-44).

Après la chute de l’État juif commença une nouvelle période de prospérité pour la Galilée ; et elle devint graduellement le centre de la vie juive en Palestine.

B. G. H. F. Bu.

Dans la littérature rabbinique : La Galilée est surtout énumérée pour des motifs religieux et légaux dans le Talmud (B. B. iii. 2 ; Két. xiii. 9 ; Tosef., Két., fin ; Sanh. lib ; etc.). Elle comprenait le territoire nord situé à l’est du Jourdain, ce fleuve constituant la frontière. Kefar ‘Awtanai (Git. vii. 8) était à sa frontière méridionale (voir Josèphe, B. J. iii. 3, § 1). Selon Sheb. ix. 2, la Galilée était divisée en trois parties : la Galilée supérieure (au-dessus de Kefar Hananyah, où l’on ne trouve pas de sycomores), la Galilée inférieure (pays des sycomores), et la plaine (le Tehum, ou territoire de Tibériade). Dans la lettre adressée à ses « frères » de Galilée par R. Gamaliel (Tosef., ‘Eduy. ii. ; Sanh. ii. ; ib. 77a) la plaine n’est pas spécifiée.

Cette province est louée pour la fertilité de ses champs et de ses vignobles (Meg. 6a) ; ses fruits sont très doux (Ber. 44a). L’huile d’olive était l’un de ses produits principaux (Sifre, Deut. 33, dans la bénédiction d’Asher). « Il est plus facile de planter une légion d’oliviers en Galilée que d’élever un enfant en Palestine » (Ber. R. xx.). Des jarres galiléennes spéciales étaient fabriquées pour le stockage de l’huile (Kelim ii. 2). Le vin, en revanche, était rare (Nazir 31b). Le lin abondait, et les femmes étaient célèbres pour la finesse de leur filage domestique (B. K. 119).

Les habitants, en partie païens, en partie juifs, sont dits querelleurs et d’un caractère désagréable (Ned. 48a ; Tosef., Git. vi.). Toutefois une exception montrant une appréciation délicate des véritables implications de la charité est mentionnée (Tosef., Peah, viii.) : un vieil homme appauvri se vit offert les mets dont il s’était naguère délecté dans ses jours prospères. Les Galiléens tenaient davantage à leur honneur qu’à leur propriété (Yer. Két. iv. 14). Les veuves étaient traitées avec considération (Két. iv. 14). Les jeunes mariés n’étaient pas autorisés à rester seuls immédiatement après la cérémonie nuptiale (Két. 12a). Aux funérailles le prédicateur précédait le cercueil ; en Judée il le suivait (Shah. 158a). On dit dans le Talmud que Jose b. Joezer de Zareda et Jose b. Johanan de Jérusalem déclarèrent le pays des nations (« Erez ha-‘Ammim ») impur (Shah. 14b, 15a). Rachi entend par « Erez ha-‘Ammim » le pays des Gentils — c’est-à-dire le pays hors de la Palestine ; mais Kaminka conclut que la Galilée est visée, le nom étant semblable au biblique « Gelil ha-Goyim ». Ainsi il existe une différence essentielle concernant l’observance rituelle de pureté entre la Judée et la Galilée.

En général, les Galiléens sont dits stricts dans leurs observances religieuses (M. K. 23a ; Pess. 55a ; Yer. R. H. iv. 6 ; Yer. Sotah ix. 10). Les mesures et poids y étaient particuliers ; 1 séeh judéen = 5 séeh galiléen ; 5 sicles judéens = 10 sicles galiléens (B. B. 122b ; Hul. 137b). Les sicarii galiléens inspiraient la crainte (Tosef., Gib ii.). L’étude des traditions n’était pas une vertu galiléenne, et leur méthode dialectique n’était pas très souple (‘Er. 53a). Mais ce pour quoi les Galiléens sont surtout retenus est leur prononciation fautive : ‘ayin et alef, et les gutturales en général, étaient confondues, aucune distinction n’étant faite entre des mots comme ‘amar (= hamor, âne), hamar (vin), ‘amar (vêtement), emar (agneau : ‘Er. 53b) ; en conséquence les Galiléens n’étaient pas autorisés à servir de lecteurs dans les prières publiques (Meg. 24b). Pourtant, selon Geiger (Orient, iv. 432), doit être attribuée aux Galiléens l’origine de la Haggadah. La Galilée était très riche en villes et hameaux (Yer. Meg. i. 1), parmi lesquels se trouvaient Sepphoris (mDV or Asha, Shephar'am), Bet-She'arim, Tibériade, Magdala, Kefar Hananyah, ‘Akbara, Acco, Paneas, Césarée. Sur Galil, lieu du même nom que la province, voir Hildesheimer, Beiträge zur Geographie Palästinas, p. 80.

Bibliographie : Neubauer, La Géographie du Talmud, Paris, 1868 ; Dalman, Grammatik des Judäisch-Palästinischen Aramäischen, Leipsic, 1899 ; Hirsch Hildesheimer, Beiträge zur Geographie Palästinas, p. 80 ; Gudrin, Galilee, 1880 ; Merrill, Galilee in the Time of Christ, London, 1889 ; George Adam Smith, The Historical Geography of the Holy Land, London, 1894 ; A. Kaminka, Studien zur Geschichte Galiläas, Berlin, 1890.

8. s. E. G. H.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.