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Nabuchodonosor II : deux cylindres racontent la restauration de Kish

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Nabuchodonosor II : deux cylindres racontent la restauration de Kish

Deux cylindres d’argile inscrits au nom de Nabuchodonosor II documentent la restauration de la ziggurat de Kish, en Mésopotamie. Trouvés fortuitement en 2013 puis remis aux autorités irakiennes, ils ont fait l’objet d’une publication scientifique en décembre 2025. Le texte éclaire la manière dont le roi présentait ses travaux et sa légitimité religieuse ; il ne constitue pas une découverte directe sur les épisodes bibliques auxquels son nom est associé.

L’essentiel

  • Les deux cylindres portent le même texte cunéiforme relatif aux travaux de Nabuchodonosor II à Kish.
  • Ils ont été découverts en surface en 2013, et non lors d’une fouille archéologique récente.
  • L’inscription décrit la remise en état d’une ziggurat consacrée à Zababa et Ishtar.
  • Le texte est une déclaration royale et religieuse : il renseigne sur l’idéologie du souverain autant que sur le chantier.
Les ruines de la ziggurat de Kish à Tell al-Uhaymir en Irak
Ruines proches de la ziggurat de Kish à Tell al-Uhaymir, dans le gouvernorat de Babil en Irak. Photo : Osama Shukir Muhammed Amin, 24 octobre 2011 — Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

Source principale : Ahmed Ali Jawad et Hussein Fleih Al-Ammari, article publié dans la revue scientifique Iraq.
Pourquoi cette source : les auteurs appartiennent au State Board of Antiquities and Heritage irakien et publient la translittération, la traduction ainsi que le contexte archéologique des objets. Cette étude est plus directe et plus précise que la compilation de Futura.

Des objets trouvés en 2013 et publiés en 2025

La chronologie mérite d’être précisée. Selon l’article scientifique, des habitants ont trouvé les deux cylindres en 2013 à la surface de Tell al-Uhaymir, le site de l’ancienne Kish dans l’actuel Irak. Ils les ont ensuite remis au bureau local du State Board of Antiquities and Heritage. La découverte n’a donc pas été effectuée dans une couche fouillée et enregistrée par des archéologues.

Cette absence de contexte stratigraphique limite certaines conclusions sur l’emplacement exact où les objets avaient été déposés. Leur texte, leur forme et leur provenance générale permettent néanmoins aux auteurs de les rattacher au programme de restauration de la ziggurat de Kish. L’étude d’Ahmed Ali Jawad et Hussein Fleih Al-Ammari a été publiée en ligne par Cambridge University Press le 3 décembre 2025 dans la revue Iraq.

Repères techniques

  • Ziggurat : tour monumentale à degrés construite dans les villes de Mésopotamie et associée à un sanctuaire.
  • Cylindre de fondation : objet inscrit déposé dans un bâtiment pour conserver la mémoire du souverain, du chantier et des divinités auxquelles l’ouvrage était consacré.
  • Écriture cunéiforme : système d’écriture dont les signes en forme de coins étaient imprimés dans l’argile à l’aide d’un calame.
  • Contexte stratigraphique : position précise d’un objet dans les couches du sol et par rapport aux structures voisines, indispensable pour établir son histoire archéologique.

Une restauration présentée par le roi lui-même

Les deux objets portent une version identique de la même inscription. Nabuchodonosor II s’y présente comme roi de Babylone, héritier de Nabopolassar et souverain choisi par les grands dieux. Il affirme avoir entretenu les centres cultuels et restauré la ziggurat de Kish après la dégradation de ses murs en briques sous l’effet du temps et des pluies.

Le texte désigne la tour par son nom cérémoniel sumérien, que les auteurs traduisent par « Maison, tour-temple, demeure exaltée ». Il rappelle que des rois antérieurs l’avaient bâtie puis réparée. Des inscriptions et des briques déjà découvertes à Tell al-Uhaymir montrent en effet plusieurs phases de construction, depuis l’époque de Hammurabi et de son successeur Samsuiluna jusqu’à la période néo-babylonienne.

Nabuchodonosor attribue son action à son attention envers Zababa, dieu guerrier principal de Kish, et Ishtar. La fin de l’inscription demande en retour une longue vie, la stabilité du règne et la victoire sur les ennemis. Ce langage n’est pas un compte rendu administratif neutre : il met en scène un roi pieux, protecteur des sanctuaires et soutenu par les divinités.

Ce que les cylindres permettent d’établir

L’apport principal réside dans la documentation du chantier de Kish. Les briques estampillées au nom de Nabuchodonosor II indiquaient déjà son intervention sur le site, mais les deux cylindres fournissent un texte de fondation développé qui nomme la ziggurat, décrit son état de dégradation et présente la restauration dans la continuité de souverains plus anciens.

Ils donnent aussi accès à la représentation que la royauté néo-babylonienne produisait d’elle-même. La restauration d’un sanctuaire ancien permettait au souverain de s’inscrire dans une longue succession, d’affirmer sa responsabilité envers les cultes et de relier ses succès politiques à la faveur divine.

Un éclairage historique, pas une confirmation générale

Nabuchodonosor II est également connu par des sources babyloniennes, des vestiges monumentaux et plusieurs textes bibliques. Les cylindres de Kish confirment un aspect bien précis de son activité : son programme de construction et de restauration religieuse en Mésopotamie. Ils ne parlent ni de Jérusalem, ni de l’exil des Judéens, ni du personnage de Daniel.

Leur intérêt pour l’histoire du monde biblique est donc contextuel. Ils montrent le langage religieux et politique d’un souverain néo-babylonien dont le règne a profondément marqué l’histoire du Proche-Orient. Toute comparaison avec un récit particulier doit cependant s’appuyer sur les sources qui concernent directement l’événement étudié.


Sources et références

Note au lecteur : cet article résume les informations essentielles des sources citées. Pour découvrir le sujet dans son contexte complet et en savoir plus, nous vous invitons à consulter les articles et documents d’origine grâce aux liens indiqués ci-dessus.

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