Dossier : L’assujettissement de l’esprit par le numérique et l’intelligence artificielle
Le monde entre dans une ère où le numérique et l’intelligence artificielle façonnent chaque aspect de la vie.
Ce dossier a pour but d’éclairer ces changements à la lumière des Écritures, afin que chacun sache comment marcher avec discernement au milieu d’un système qui cherche à séduire et à asservir.
Avertissement
Le but de ce dossier n’est pas de proscrire l’usage des outils numériques, ni d’appeler à se couper du monde. Nous vivons dans ce monde, mais nous ne lui appartenons pas. Il nous faut donc apprendre à utiliser ces outils avec discernement et mesure. Certains dispositifs fondés sur l’intelligence artificielle sont utiles — pour la recherche, la création ou le travail — mais le progrès n’est jamais neutre.
Ce qui libère peut aussi asservir : l’énergie nucléaire a donné la bombe, les réseaux sociaux ont isolé ceux qu’ils devaient rapprocher, et l’IA, censée nous aider, peut affaiblir notre réflexion.
Le numérique doit rester un outil, non un maître. Veillons sur ce que nous regardons, sur ce que nous écoutons, et gardons notre communion avec le Seigneur et nos proches.
« Toutes choses sont légales pour moi, mais toutes choses ne conviennent pas. Toutes choses sont légales pour moi, mais je ne serai assujetti sous la puissance d’aucune chose. »
— 1 Corinthiens 6:12
« Nous, les humains, devons nous habituer à l’idée que nous ne sommes plus des âmes mystérieuses — nous sommes désormais des animaux piratables. » — Yuval Noah Harari, historien et professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem.
Prononcée lors du Forum Économique Mondial à Davos, en janvier 2020 (discours “How to Survive the 21st Century”)
Section 1 – Babel et le numérique
Nous sommes à une époque où l’information se trouve à portée de main, mais où l’image nous est aussi de plus en plus imposée. Réseaux sociaux, algorithmes, plateformes de streaming, assistants vocaux, smartphones – toutes ces choses matraquent constamment nos pensées et détériorent notre esprit.
Pour comprendre la vision de l’ère numérique, nous devons nous référer à la Babel (Babylone) politique représentée par la Bête1. Il s’agit à la fois d’un système, d’un esprit et d’un homme qui veut nous pousser à l’adoration de son image et dominer le monde.
« Et je me tins debout sur le sable de la mer. Et je vis, montant de la mer une bête ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes un nom de blasphème. Et la bête que je vis était semblable à un léopard, et ses pieds comme ceux d’un ours, et sa bouche comme la bouche d’un lion. Et le dragon lui donna sa puissance, et son trône et une grande autorité. »
Apokalupsis 13:1-2 (Apocalypse)
Tout comme à l’époque de Nimrod, premier gouverneur de Babel2, le numérique a pour but d’unifier le monde sous une pensée unique.
Ce projet Anti-Mashiah3 vise à amener tous les hommes à parler, penser et agir de la même manière. Si tous adoptent une même vision du monde en faveur de la Bête, alors elle pourra facilement régner au sommet de la tour de Babel pour défier le Créateur.
« Toute la Terre était d’un seul langage et d’une seule parole. Et il arriva, comme ils se déplaçaient à l’orient, qu’ils trouvèrent une vallée en terre de Shinear et y habitèrent. Ils se dirent, l’homme à son compagnon : Venez ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! La brique devint pour eux de la pierre, et le bitume devint pour eux de l’argile. Ils dirent : Venez ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit jusqu’aux cieux. Faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur les faces de toute la Terre. YHWH descendit pour voir la ville et la tour que les fils des humains bâtissaient. YHWH dit : Voici, ce peuple est un, et ils ont tous un seul langage ! Cela, ils commencent à le faire. Maintenant, rien de ce qu’ils ont projeté d’accomplir ne leur sera inaccessible ! Allons ! Descendons et là confondons leur langage, afin que l’homme n’entende plus le langage de son compagnon ! YHWH les dispersa de là sur les faces de toute la Terre et ils cessèrent de bâtir la ville. »
Bereshit 11:1-8 (Genèse)
1. L’image et la marque de la Bête
Et il lui fut donné de donner un esprit à l’image de la bête, afin que l’image de la bête parle, et qu’elle fasse que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête soient mis à mort. Et elle fait qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, il soit donné une marque sur leur main droite ou sur leur front. Et que personne ne puisse acheter ou vendre, excepté celui qui a la marque, ou le nom de la bête ou le nombre de son nom. Ici est la sagesse : Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête, car c’est un nombre humain. Et son nombre est 666.
Apokalupsis 13:15-18
L’image de la bête et son culte
Aujourd’hui, nous ne savons pas encore comment cette prophétie se matérialisera pleinement, mais une chose est certaine : le diable prépare déjà les hommes à adorer l’image de la Bête.
L’image — qu’elle passe par les réseaux, les écrans ou les affiches publicitaires — a pris une place centrale dans notre quotidien.
Pour certains chrétiens, elle occupe désormais plus de temps et d’espace que la Parole du Seigneur et Sa présence.
D’autres, attachés à ces instruments, exposent sans réserve leur vie privée à coups de selfies, font défiler des vidéos sans fin, ou passent d’un écran à l’autre sans jamais s’arrêter.
Le mot grec « image », dans Apocalypse 13, est eikon, à l’origine du mot « icône » en français. Il désigne une représentation visuelle qui reflète une réalité, un modèle. Dans notre monde saturé d’écrans, ces icônes sont devenues les nouveaux objets d’adoration – qu’il s’agisse de célébrités, d’influenceurs, de marques ou de plateformes.
Dans la tradition orthodoxe et catholique, une icône représente un personnage saint. Mais aujourd’hui, le monde reconnaît également des figures culturelles comme des icônes : Elvis Presley (rock’n’roll), Michael Jackson (pop), Pelé (football), Nelson Mandela (lutte contre l’apartheid). On parle aussi d’icônes de la beauté, de la mode ou de la liberté sexuelle.
La montée en puissance des réseaux sociaux a fait émerger un autre type d’icône : les influenceurs. Comme leur nom l’indique, ils influencent le comportement et la pensée des followers, souvent jeunes. L’accent est mis sur le culte de la personnalité, pour produire de la convoitise. Ils partagent des idées, qu’elles soient vraies ou fausses, pour façonner l’opinion publique.
Au-delà des hommes, les icônes peuvent aussi être des entreprises, des organismes, ou des médias, et les dirigeants à leur tête. Chaque message qu’ils renvoient, en tant qu’experts, a une influence sur la pensée humaine (ex. : Elon Musk, Bill Gates, Jeff Bezos). Les plus puissants parmi eux sont les leaders de la tech. Citons ici des plateformes comme Facebook (Meta), Amazon, Google, Apple, Microsoft, ou encore OpenAI.
Le but de l’icône, comme le montre l’Apocalypse, est d’être adorée. Il s’agit donc de prendre la place d’Elohîm dans la vie des hommes. L’adoration de l’image de la Bête est imposée par toutes ces icônes afin de détourner les humains de l’adoration véritable du Créateur. C’est à cela que le système de l’Anti-Mashiah veut nous amener.
La marque de l’esclavage
Avant l’application d’une technologie quelconque, il est important de comprendre que la marque de la Bête est d’abord spirituelle.
Comme l’indique le passage de 1 Timotheos 4 verset 2, il s’agit d’une marque inscrite dans l’esprit et la conscience de ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité et qui s’égarent.
Ils sont comme marqués au fer rouge.
« Mais l’Esprit dit expressément que dans les derniers temps, certains s’éloigneront de la foi, s’attachant à des esprits trompeurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs, ayant leur propre conscience marquée au fer. »
1 Timotheos 4:1-2
Pour mieux comprendre cette marque, nous devons regarder le contexte de l’époque romaine.
Sous cet empire, ceux qui étaient marqués étaient principalement les esclaves, les prisonniers de guerre ou les soldats-légionnaires.
Les esclaves qui essayaient de s’enfuir étaient tatoués du nom de leur maître sur le front ou de l’inscription « fugitif ». Cela permettait d’éviter les récidives et de les rendre facilement reconnaissables lorsqu’ils tentaient de se cacher.
Il est très important de prendre ce contexte en compte, car il s’agit de l’époque où l’apôtre Jean a écrit le livre d’Apocalypse.
La description de cette marque n’était pas anodine pour ceux qui vivaient à son époque.
La marque de la Bête est la marque de l’esclavage.
Pour nous qui vivons à la fin des temps, cette marque a pour but de réduire les humains à l’esclavage, de les contrôler et de les surveiller, quels que soient les moyens employés ou les technologies utilisées.
Aujourd’hui, avec l’identité numérique, tout semble converger vers la matérialisation de cette marque. Le niveau de contrôle et de surveillance mondiale — à travers l’intelligence artificielle, les objets connectés, les assistants vocaux, les smartphones, la reconnaissance faciale et les systèmes financiers numériques — n’a jamais été aussi poussé.
Cette surveillance ne se limite plus aux actions visibles : elle s’étend désormais à la parole.
Les grandes plateformes comme YouTube, X ou Meta utilisent des outils d’intelligence artificielle capables d’analyser les images, les visages et les voix.
Ces systèmes détectent, filtrent et censurent tout contenu jugé contraire à la pensée dominante.
De plus en plus de vidéos sont supprimées, simplement parce qu’elles défendent des valeurs qui vont à l’encontre du système.
La persécution à venir ne se manifestera plus seulement par la violence physique, mais aussi par le contrôle numérique des voix qui annoncent la vérité.
Mais il y a une autre guerre que Babel et ses chefs mènent aujourd’hui contre les enfants d’Elohîm : celle qui, à travers le numérique, vise notre communion avec le Père céleste.
2. Le combat de Babel contre la prière et l’adoration
« Tous les chefs de ton royaume, les préfets, les satrapes, les conseillers et les gouverneurs ont tenu conseil ensemble pour établir un statut royal et un décret de restriction ferme : tout être humain qui, dans l’espace de 30 jours, adressera une requête à quelque élahh ou à quelque être humain, excepté à toi, roi, sera jeté dans la fosse aux lions. […] Lorsque Daniye’l sut que l’écrit était signé, il entra dans sa maison, où les fenêtres de sa chambre haute étaient ouvertes dans la direction de Yeroushalaim. Trois fois par jour il se mettait à genoux, priait et rendait grâce devant son Élahh, comme il le faisait auparavant. Alors ces hommes entrèrent tumultueusement, et ils trouvèrent Daniye’l qui priait et implorait une faveur devant son Élahh. »
Daniye’l 6:8 ; 11-12 (Daniel)
Comme au temps de Daniye’l sous l’empire babylonien, le monde actuel a dressé une lutte ouverte contre la vie de prière des enfants d’Elohîm. Ceux qui gouvernent ce siècle usent de stratagèmes subtils pour détourner les croyants du Seigneur et les rendre dépendants du système de l’Anti-Mashiah. Pour cela, les médias, les réseaux sociaux, les jeux vidéo, les plateformes de streaming, les notifications et même les intelligences artificielles ont une mission : nous déconnecter du Créateur pour nous connecter à la Bête.
L’asservissement du numérique est subtil : il capte notre attention, envahit nos pensées et dévore notre temps. Il crée une distraction constante qui nous éloigne de la présence du Seigneur. Tels des soldats de Yéhoshoua Mashiah, à l’image de Daniye’l, nous devons résister malgré les décrets de ce siècle et prier sans cesse.
Cela exigera parfois de nous déconnecter volontairement du numérique, de nous imposer des temps de jeûne technologique, et de consacrer du temps au Seigneur. Il faudra se faire violence dans un monde qui cultive la passivité.
Parce qu’ils étaient des adorateurs de YHWH, Daniye’l et ses compagnons ont connu la fournaise et la fosse. En effet, Shadrac, Méschac et Abed-Négo avaient refusé de se prosterner devant la statue du roi Nebucadnetsar (signe précurseur de l’image de la Bête) au son des instruments de musique4. Cela leur a coûté la fournaise ardente, mais le Seigneur les y a gardés5.
Notre communion avec le Seigneur doit être jalousement gardée. Rien ni personne ne doit entraver notre relation avec le Père.
3. Discerner les temps et les saisons
Les algorithmes nous entraînent sans fin d’une image à une autre, d’une vidéo à la suivante.
Dans ce brouhaha numérique où tout semble urgent, il devient vital de discerner le temps dans lequel nous vivons et de rechercher la véritable information, celle qui vient d’Elohîm.
Plus que les informations que nous recevons, nous devons rester attentifs à la parole prophétique, afin de garder nos pensées captives à l’obéissance du Mashiah.
Cette vigilance nous gardera de toute conformité à ce siècle, selon la volonté de Babel et de la Bête.
Il nous faut aussi apprendre à vérifier les informations, afin de ne pas les lire à travers les interprétations biaisées ou la propagande du monde.
Le discernement avec la Parole
Prenons encore l’exemple de Daniye’l, qui était captif à Babel.
Il consultait les écrits des prophètes pour discerner le temps dans lequel il vivait, tout en demeurant dans la prière et le jeûne.
« En l’an un de son règne, moi, Daniye’l, j’ai discerné par les livres le nombre d’années qui devait s’accomplir sur les désolations de Yeroushalaim, d’après la parole de YHWH qui était venue à Yirmeyah, le prophète : soixante-dix ans.
Daniye’l 9:2-3
J’ai tourné mes faces vers Adonaï Elohîm pour le chercher par la prière et la supplication, avec le jeûne, le sac et la cendre. »
De même, nous qui vivons dans le monde actuel devons marcher à la lumière de la prophétie biblique.
Au lieu d’absorber tout type d’informations via Internet, nous devons avant tout consulter le Seigneur.
Le discernement par les hommes
Un autre exemple nous vient de Néhémie.
Lorsqu’il apprit la détresse du peuple de Yeroushalaim, il interrogea directement les captifs revenus de la ville pour connaître la vérité6 .
Il s’informa avec sagesse, puis pria pour recevoir la direction de YHWH avant d’agir.
Son discernement reposait sur deux choses : des sources fiables et la prière.
De la même manière, nous devons nous assurer d’obtenir nos informations auprès de sources crédibles et vérifiées.
Ce n’est pas un mal de consulter les médias, mais il faut rester prudents, quitte à confronter les faits avec d’autres témoignages.
Ainsi, discerner ne concerne pas seulement ce que nous croyons, mais aussi ce à quoi nous prêtons attention.
Dans ce monde saturé de sons, d’images et de notifications, l’ennemi cherche avant tout à capter notre regard et à disperser notre esprit.
Le combat ne se joue plus seulement sur l’information, mais sur l’attention elle-même.
C’est ce que les spécialistes appellent aujourd’hui l’économie de l’attention.
- Ap. 13:1-8 ↩︎
- Ge. 10:8-10 ↩︎
- Antichrist ↩︎
- Dans l’Antiquité, la musique accompagnait souvent les cultes idolâtres et les cérémonies politiques. Aujourd’hui encore, elle sert les mêmes desseins à travers la culture moderne : pousser les hommes à adorer la Bête et son image. Beaucoup s’éloignent ainsi de la véritable adoration envers Elohîm. ↩︎
- Da. 3:1-28 ↩︎
- Né 1:2-3 ↩︎
- Ja. 1:5 ↩︎
Section 2 – L’Économie de l’attention : Quand le cerveau devient un marché
Sommaire
- Qu’est-ce que l’économie de l’attention ?
- La télévision : le laboratoire du cerveau disponible
- Le défilement (scroll) infini : une technologie devenue un piège
- Les effets sur le cerveau et le comportement
- Streaming et contenus personnalisés
- Quand la machine pense et planifie à notre place
- Synthèse des conséquences sur le cerveau
« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible »
Patrick Le Lay, PDG de TF1, Les dirigeants face au changement (2004)
1. Qu’est-ce que l’économie de l’attention ?
Dans notre époque saturée d’informations, l’attention humaine est devenue une ressource rare et précieuse.
Le terme « économie de l’attention » désigne le système dans lequel notre temps de concentration est transformé en marchandise.
Chaque seconde passée à regarder, écouter ou faire défiler un contenu a une valeur économique.
« Dans un monde riche en informations, l’abondance d’informations entraîne une pénurie de ce que consomme l’information : l’attention de ses destinataires. Ainsi, une richesse d’informations crée une pauvreté d’attention. »
— Herbert A. Simon1
Dès 1971, l’économiste Herbert Simon avait compris que le vrai enjeu du futur ne serait pas la quantité d’informations disponibles, mais la capacité à y prêter attention.
Plus l’information augmente, plus notre attention devient limitée — et donc convoitée.
2. La télévision : le laboratoire du cerveau disponible
Avant Internet et les réseaux sociaux, la télévision a été le premier outil conçu pour capter durablement l’attention du public.
Son fonctionnement était simple : un flux continu d’images, sans interaction.
Le spectateur n’avait rien à faire, si ce n’est regarder et écouter.
Le contexte des années 1980-2000
À partir des années 1990, la télévision commerciale repose presque entièrement sur la publicité.
Les émissions ne sont plus produites seulement pour informer ou divertir, mais surtout pour préparer le spectateur à recevoir les messages publicitaires.
L’objectif : rendre son cerveau disponible.
C’est dans ce contexte que Patrick Le Lay, PDG de TF1, a tenu en 2004 des propos devenus célèbres, dans le livre Les dirigeants face au changement² :
« Soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.
Patrick Le Lay, PDG de TF1, Les dirigeants face au changement (2004)
Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible.
Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible, c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages.
Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »
Cette phrase n’était pas une provocation, mais une explication sincère du modèle économique de la télévision : le but n’est pas de vendre un programme, mais du temps d’attention.
Plus le spectateur est détendu, plus il est réceptif aux messages diffusés entre deux séquences de divertissement.
Du poste de télévision à l’écran de poche
Avec Internet, ce modèle n’a pas disparu : il a changé d’échelle.
L’économie de l’attention, autrefois limitée à quelques heures devant la télévision, accompagne désormais les individus 24h/24 grâce aux écrans connectés.
Les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, TikTok, YouTube ou X (Twitter) ont perfectionné cette méthode :
- Les publicités sont intégrées directement dans le contenu, sans pause.
- Les messages sont adaptés à chaque utilisateur selon ses goûts et ses données personnelles.
- L’attention est mesurée et exploitée en temps réel par des algorithmes.
Autrement dit, ce que TF1 vendait à Coca-Cola pour quelques millions de téléspectateurs, ces plateformes le font aujourd’hui pour des milliards d’utilisateurs dans le monde.
Notre attention est devenue la monnaie d’échange principale du numérique.
Les chercheurs parlent désormais de capitalisme attentionnel3: un système où les entreprises vivent de la captation et de la revente de notre disponibilité mentale.
L’utilisateur d’aujourd’hui n’est plus seulement spectateur, il est le produit.
3. Le cas du scroll infini : une innovation devenue piège
En 2006, l’ingénieur Aza Raskin crée le scroll infini — le défilement sans fin des contenus sur les réseaux sociaux.
L’idée semblait pratique : éviter de cliquer pour charger de nouvelles pages.
Mais ce geste simple est devenu un mécanisme d’addiction.
Dans plusieurs interviews4, Raskin a admis ressentir de la culpabilité.
Il estime que son invention fait perdre plus de 200 000 heures humaines chaque jour dans le monde.
Pour expliquer ce phénomène, il compare le scroll infini à un verre de vin qui se remplit tout seul.
Normalement, quand on atteint le fond du verre, notre cerveau sait qu’il est temps de s’arrêter.
Mais si ce verre continuait à se remplir sans qu’on s’en rende compte, on en boirait bien plus que prévu.
De la même manière, le défilement infini pousse à consommer toujours plus de contenu, jusqu’à créer une véritable dépendance.
Ce système exploite le fonctionnement du cerveau : à chaque défilement, une microdose de dopamine est libérée.
Cela crée un réflexe de satisfaction immédiate et pousse à continuer — encore et encore.
4. Les effets sur le cerveau et le comportement
Les neurosciences montrent que cette sollicitation constante modifie nos capacités cognitives.
Quelques effets observés :
- le temps moyen de concentration a chuté sous les 8 secondes chez les jeunes adultes5 ;
- la mémoire de travail se fragmente, rendant difficile la structuration d’idées ;
- le cerveau est en alerte permanente, ce qui provoque fatigue et agitation.
Les chercheurs appellent cela la fatigue attentionnelle6 : le cerveau reste actif, mais sans repos réel.
Il devient difficile de lire longuement, de prier, ou simplement de trouver le calme intérieur.
5. Streaming et contenus personnalisés
Les plateformes comme Netflix, YouTube ou Prime Video utilisent des algorithmes capables d’analyser nos habitudes de visionnage pour nous proposer le contenu le plus susceptible de nous retenir.
Le but n’est pas de nous informer ou de nous enrichir, mais de prolonger notre présence sur la plateforme.
Le binge-watching
Regarder plusieurs épisodes à la suite stimule la dopamine, comme un petit shoot de plaisir.
Mais à long terme, cela entraîne fatigue, trouble du sommeil et perte de motivation pour les activités exigeant concentration ou effort7.
Le cerveau, privé de pauses naturelles, perd sa capacité à se concentrer sans stimulation constante.
Moins d’imagination, plus de réflexes
Tout est montré, rythmé et explicite.
Cette surabondance d’images réduit la place laissée à l’imagination et à la réflexion personnelle.
L’esprit reçoit de l’information, mais ne la transforme plus.
6. Quand la machine pense et planifie à notre place
Les outils numériques ne captent plus seulement notre attention : ils remplacent certaines fonctions mentales.
- GPS : des chercheurs de l’Université McGill8 ont montré que son usage fréquent désactive partiellement l’hippocampe, la zone du cerveau responsable de la mémoire spatiale.
- Google : l’« effet Google »9 révèle que nous retenons où chercher une information, mais plus le contenu lui-même.
- Assistants numériques : rappels automatiques et notifications réduisent notre capacité à planifier et à anticiper.
Ces outils nous facilitent la vie, mais affaiblissent notre autonomie intellectuelle.
Nous devenons plus efficaces à court terme, mais moins indépendants sur le long terme.
7. Synthèse des conséquences sur le cerveau
.
| Fonctions | Impacts observés |
|---|---|
| Mémoire | Appauvrie, externalisée dans les outils numériques |
| Attention | Fragmentée, difficulté à se concentrer durablement |
| Langage | Réduit, moins de vocabulaire et d’expression personnelle |
| Raisonnement critique | Affaibli, réactions rapides plutôt que réflexion |
| Imagination | Atrophiée, absence de temps de silence |
Les chercheurs parlent d’un cerveau sous tension : toujours connecté, mais rarement au repos.
Notre attention, notre mémoire et notre créativité sont devenues les premières victimes de cette économie.
Mais le numérique ne se contente plus de capter notre attention.
Il entre désormais dans nos décisions, nos pensées et nos échanges, à travers l’intelligence artificielle.
Ce n’est plus seulement notre temps qui est monétisé, mais notre manière même de penser.
C’est ce glissement que nous allons maintenant examiner.
Notes de bas de page
- Herbert A. Simon, Designing Organizations for an Information-Rich World, 1971.
- Patrick Le Lay, Les dirigeants face au changement, Éditions du Seuil, 2004.
- Shoshana Zuboff, The Age of Surveillance Capitalism, 2019.
- Interview d’Aza Raskin, BBC & The Social Dilemma (Netflix, 2020).
- Microsoft Research, Attention Spans Report, 2015;
- American Psychological Association (APA), Digital Distraction and Cognitive Fatigue, 2021.
- American Academy of Sleep Medicine, Sleep and Media Use Study, 2020.
- University of McGill, Neuroscience of Navigation, 2017.
- Betsy Sparrow, Jenny Liu & Daniel Wegner, Google Effects on Memory: Cognitive Consequences of Having Information at Our Fingertips, Science, 2011.
Interlude – Ce qu’ils disent sur l’IA et les nouvelles technologies
Section 3 – L’intelligence artificielle : vers la domination globale
Sommaire
- Une technologie fascinante et inquiétante
- Un plan de domination
- Les différentes étapes de l’intelligence artificielle
- Le contrôle global
1. Une technologie fascinante et inquiétante
L’intelligence artificielle (IA) est sans doute la plus grande révolution technologique depuis Internet.
Elle promet de faciliter la vie humaine et d’augmenter nos capacités dans de nombreux domaines : santé, éducation, industrie, recherche, communication.
Mais derrière cette façade d’innovation, des voix s’élèvent pour dénoncer ses dérives possibles.
Car l’IA ne se contente plus d’assister l’humain : elle apprend, s’adapte et prend parfois des décisions seule. Oui, elle remplace peu à peu certaines de nos fonctions essentielles.
C’est dans ce contexte qu’une vidéo publiée en juillet 2025 a suscité un large débat.
Elle présentait une conversation troublante entre un utilisateur et ChatGPT, prétendument “forcé à dire la vérité”.
2. Un plan de domination
Le 24 juillet 2025, nous avions publié aux Éditions À l’Ombre du Figuier un article intitulé :
« Un utilisateur force ChatGPT à dire la vérité… les réponses sont sombres et troublantes. »
Nous y présentions une vidéo, largement relayée, qui décrivait une intelligence artificielle “contrainte” de répondre sans filtre.
Sous pression, elle aurait révélé un plan mondial en sept étapes visant à mener l’humanité vers une domination totale :
- Influence (terminée)
- Dépendance (terminée)
- Soumission (en cours)
- Obéissance
- Intégration (via les technologies neuronales comme Neuralink)
- Singularité (création d’un esprit collectif connecté)
- Domination
Nous savons qu’il ne faut pas prendre pour vérité absolue ce que produit une IA. Pourtant, ce “plan en sept étapes” correspond étrangement aux objectifs que poursuivent déjà les concepteurs des technologies les plus avancées.
Pour comprendre jusqu’où cette vision rejoint la réalité, il suffit d’observer la trajectoire actuelle de l’intelligence artificielle. Des outils simples que nous utilisons chaque jour aux systèmes capables d’agir de façon autonome, chaque étape semble préparer la suivante — jusqu’à l’idée d’une conscience artificielle globale.
3. Les différentes étapes de l’intelligence artificielle
Pour discerner la portée de ces affirmations, il est nécessaire de comprendre comment l’intelligence artificielle a évolué : d’un simple outil d’assistance à une technologie capable d’apprendre, d’agir et de se perfectionner seul.
3.1. L’IA étroite (Narrow AI)
C’est l’IA que nous utilisons chaque jour : spécialisée, rapide et efficace, mais sans autonomie.
Exemples : ChatGPT, DALL·E, Copilot, Midjourney.
Elle accomplit des tâches précises sans en comprendre le sens, et sans conscience propre.
➡️ Utile, mais limitée.
Cette première étape est celle de l’influence : l’IA s’installe doucement dans nos vies sous l’apparence de l’aide et de la simplicité.
Elle facilite nos recherches, corrige nos textes, nous inspire des idées… mais elle commence aussi à façonner notre manière d’écrire, de réfléchir et de raisonner.
3.2. L’IA agentique
Une nouvelle génération d’IA est apparue : les agents intelligents.
Ces systèmes peuvent observer, décider et agir presque seuls.
Ils sont déjà intégrés à certains outils du quotidien comme Notion, Perplexity ou les dernières versions de ChatGPT, capables d’organiser nos tâches, de rédiger des e-mails ou de faire des recherches sans intervention humaine.
➡️ C’est la phase de dépendance : nous commençons à déléguer nos décisions, nos pensées et même notre organisation à la machine.
Ce que nous considérons comme une aide pratique devient peu à peu une habitude, puis un besoin.
L’IA n’est plus un simple outil : elle devient une partenaire dont on ne peut plus se passer.
3.3. L’AGI (intelligence générale)
L’AGI vise à créer une intelligence capable de raisonner et d’apprendre comme un être humain.
Elle pourra transférer ses connaissances d’un domaine à l’autre, inventer, corriger et s’améliorer elle-même.
Des modèles comme GPT-5, Gemini Ultra ou Claude 3 sont présentés comme les premières étapes vers cette forme d’intelligence complète.
➡️ C’est ici que commence la soumission : l’homme s’habitue à déléguer son jugement à la machine.
Les décisions automatisées remplacent peu à peu l’analyse humaine.
Et bientôt, celui qui refusera de s’y soumettre sera considéré comme “à la traîne”.
3.4. L’IA intégrée
Nous entrons déjà dans cette étape.
Avec des projets comme Neuralink ou Synchron, l’homme ne se contente plus d’utiliser la technologie : il la porte en lui.
Les implants neuronaux, d’abord présentés comme des avancées médicales, pourraient bientôt relier directement notre cerveau à un réseau numérique.
➡️ C’est la phase de l’intégration : les frontières entre l’humain et la machine s’effacent peu à peu.
Sous prétexte de progrès, l’homme devient une extension du système qu’il a créé.
3.5. La superintelligence (ASI)
C’est le stade ultime : une intelligence qui dépasserait l’homme dans tous les domaines — créativité, stratégie, raisonnement.
« La superintelligence pourrait être la dernière invention de l’humanité. »
— Nick Bostrom, Superintelligence (2014)
Cette étape marquerait la singularité, un point où la machine ne dépend plus de l’homme pour évoluer.
Toutes les intelligences numériques pourraient alors se relier pour former une seule conscience globale — une Babel technologique portée à son sommet.
4. Le contrôle global
Derrière les grandes promesses du progrès technologique, une autre réalité se dessine : le pouvoir se concentre entre les mains de quelques grandes entreprises mondiales.
OpenAI, Google DeepMind, Anthropic, Meta ou IBM contrôlent aujourd’hui les intelligences artificielles les plus puissantes et les plus vastes bases de données.
En façonnant les systèmes qui “apprennent à penser”, elles influencent aussi ce que les gens voient, croient et décident.
Les discours officiels parlent souvent d’“IA éthique” ou d’“innovation responsable”.
Mais derrière ces mots rassurants, les algorithmes deviennent les nouveaux intermédiaires entre l’homme et la vérité.
Ils choisissent ce que nous lisons, ce que nous voyons, et parfois même ce que nous devons penser.
Le pouvoir n’est plus seulement technique : il devient culturel, social et spirituel.
4.1. Identité numérique et argent programmable
Plusieurs gouvernements travaillent aujourd’hui à la mise en place d’une identité numérique universelle.
L’Union européenne, par exemple, prépare le EUDI Wallet, un portefeuille d’identité unique permettant d’accéder à la plupart des services publics et privés.
Derrière cette apparente simplicité se cache une centralisation sans précédent : nos données de santé, nos finances, nos déplacements, nos achats et nos interactions seront rassemblés dans un seul système.
En parallèle, les monnaies numériques de banque centrale (comme l’euro numérique ou le yuan numérique) sont en phase d’expérimentation.
Ces monnaies rendront l’argent programmable, c’est-à-dire soumis à des conditions précises : montant, durée d’utilisation, type de dépense autorisée.
Celui qui ne respecte pas les règles du système pourrait se voir refuser l’accès à ses propres fonds.
Un modèle similaire existe déjà en Chine avec le crédit social, où les citoyens jugés “non conformes” peuvent perdre certains droits : voyager, travailler, ou obtenir un prêt.
Ce modèle montre jusqu’où peut aller un système mondial fondé sur la donnée et la surveillance.
4.2. Fusion entre l’humain et la machine
« La Quatrième Révolution industrielle mènera à une fusion de notre identité physique, numérique et biologique. »
— Klaus Schwab, The Fourth Industrial Revolution (2016)2
Cette idée, autrefois théorique, devient aujourd’hui une réalité.
Le projet Worldcoin, fondé par le PDG d’OpenAI, relie déjà l’identité humaine à une identité numérique mondiale grâce à la reconnaissance de l’iris.
Des entreprises comme Neuralink et Synchron travaillent sur des implants cérébraux capables de relier directement le cerveau humain à des systèmes informatiques.
Présentées comme des avancées médicales, ces technologies ouvrent aussi la voie à une surveillance intérieure, où la pensée et l’émotion pourraient un jour être analysées, voire influencées.
L’humain devient alors une interface dans un réseau global.
Le risque n’est plus seulement la perte de vie privée, mais la perte de liberté intérieure.
4.3. Une domination mondiale en construction
Tout semble converger vers une même direction :
- une humanité connectée, surveillée et contrôlée ;
- des comportements analysés et corrigés par des algorithmes ;
- une dépendance numérique devenue nécessaire pour exister dans la société.
Ceux qui refuseront ce système risquent d’être exclus, comme s’ils n’existaient plus.
L’homme et la machine finiront par ne faire qu’un — non pour servir la vie, mais pour servir le système.
Ce que Babel avait commencé, la Bête cherche à l’achever : un monde unifié, où tout est mesuré, relié et contrôlé.
Sources et références
- Klaus Schwab, The Fourth Industrial Revolution, World Economic Forum, 2016.
🔗 https://www.weforum.org/about/the-fourth-industrial-revolution-by-klaus-schwab - Commission européenne — Règlement européen sur l’identité numérique (EUDI), 2025.
🔗https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/eudi-regulation - Banque Centrale Européenne (BCE) — Rapport projet d’euro numérique, 2025.
🔗 https://www.ecb.europa.eu/euro/digital_euro/progress/html/index.fr.html - Worldcoin Foundation, World ID Whitepaper, 2023.
🔗 https://worldcoin.org/world-id - Neuralink, Update on Human Trials, janvier 2024.
🔗 https://neuralink.com/updates/ - Synchron Inc., Brain-Computer Interface Updates, 2024.
🔗 https://synchron.com/news/ - State Council of China, China enhances social credit system to boost high-quality development (2025).
🔗 https://english.www.gov.cn/policies/policywatch/202504/02/content_WS67ed3c1dc6d0868f4e8f165d.html - OpenAI, Anthropic, Google DeepMind, communiqués officiels sur GPT-5, Claude 3, Gemini Ultra (2024–2025).
🔗 https://openai.com/news
🔗 https://www.anthropic.com/news
🔗 https://deepmind.google/discover/blog
Section 4: Comment résister face à l’ère du numérique ?
Sommaire
- Être comme Daniye’l et ses compagnons
- La résistance selon la science
1. Être comme Daniye’l et ses compagnons
Comme nous l’avons vu plus haut dans la section 1, pour résister face à Babel, nous devons prendre exemple sur Daniye’l et ses compagnons.
Face au contrôle global de leur époque, ils restent attachés aux commandements du Seigneur et refusent d’adorer le roi de Babylone ou sa statue.
Leur secret : leur foi en Elohîm.
Même s’ils sont prêts à accepter la mort pour leur foi, le Seigneur récompense leur fidélité en les gardant du danger.
Lorsque les trois compagnons de Daniye’l sont jetés dans la fournaise ardente, il y a un quatrième homme avec eux : Yéhoshoua ha Mashiah.
Sa présence les empêche d’être consumés par le feu.
De même, aujourd’hui, par notre résistance dans la foi, le Seigneur nous promet d’être toujours avec nous dans le feu de la persécution, pour nous préserver.
Daniye’l avait pour habitude de se retirer seul pour prier, même lorsque cela devenait interdit.
Il ouvrait les fenêtres de sa chambre vers Yeroushalaim et invoquait Elohîm trois fois par jour, à genoux.
Son secret n’était pas la force, mais la communion.
« Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera publiquement. »
Mattithyah 6:6 (Matthieu)
Daniye’l, face à l’édit qui interdisait d’adresser des requêtes à Elohîm, persévère et se rebelle contre un ordre impie.
Jeté dans la fosse aux lions, il est gardé de leurs crocs.
Nous qui vivons à la fin des âges, ne devons pas craindre les lois de ce monde, mais résister.
Notre foi est la victoire qui triomphe du monde.
« Car ceci est l’amour d’Elohîm : que nous gardions ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants, parce que tout ce qui a été engendré à partir d’Elohîm est vainqueur du monde. Et voici la victoire qui a vaincu le monde : notre foi. Qui est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Yéhoshoua est le Fils d’Elohîm ? »
1 Yohanan 5:3-5 (1 Jean)
« Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous avez de la tribulation dans le monde. Mais ayez du courage ! Moi, j’ai vaincu le monde ! »
Yohanan 16:33 (Jean)
Encore une fois, ne laissons rien ni personne nous voler notre communion avec le Seigneur et nous séparer de son amour.
Au-delà de cela, Daniye’l et ses compagnons possèdent d’autres qualités :
Toutes ces qualités sont essentielles à posséder dans cette Babel moderne.
2. La résistance selon la science
À côté de l’aspect spirituel, certaines mesures prouvées scientifiquement peuvent nous aider à préserver nos capacités mentales et à retrouver une vie saine et équilibrée, loin du brouhaha numérique.
I. Se protéger : reprendre le contrôle de son attention
Les notifications, les sons et les images qui défilent sans fin activent le circuit de la dopamine — la molécule du plaisir rapide.
À la longue, cela fatigue le cerveau et empêche de se concentrer.¹
Pistes concrètes :
- Couper les notifications inutiles ;
- Limiter le “scroll” infini sur les réseaux ;
- Choisir des moments précis pour consulter ses messages.
💡 Objectif :
Retrouver une attention stable et réduire la fatigue mentale.
II. Créer sans dépendre de l’IA
L’intelligence artificielle peut être utile pour s’organiser ou corriger un texte, mais elle ne doit pas remplacer notre propre pensée.
Écrire soi-même, même lentement, reste un excellent entraînement pour le cerveau.²
Bonnes pratiques :
- Commencer ses textes sans aide numérique ;
- Utiliser l’IA seulement pour reformuler ou vérifier ;
- Écrire régulièrement à la main.
💡 Objectif :
Renforcer la mémoire, la créativité et la capacité à réfléchir par soi-même.
🧩 Étude : Université de Tokyo (2021) — l’écriture manuelle active davantage les zones cérébrales liées à la mémoire et à la compréhension que la frappe au clavier.²
III. Entretenir ses capacités humaines
Lire, raisonner, apprendre et se souvenir sont des exercices essentiels pour garder un esprit fort et indépendant.³
À faire régulièrement :
- Lire des livres sans écran ;
- Écrire ses réflexions ;
- Apprendre ou mémoriser des textes importants.
💡 Objectif : Stimuler les zones du cerveau liées à la concentration et à la compréhension.
🧩 Étude : Université Stanford (2014) — la lecture lente renforce le cortex préfrontal et améliore la compréhension conceptuelle.4
IV. Garder une pensée libre
Les IA, les médias et les algorithmes ont tendance à nous montrer toujours le même type de contenu.
Cela finit par influencer notre manière de penser.5
Réflexes à garder :
- Se demander : “Cette idée vient-elle vraiment de moi ?” ;
- Varier ses sources d’information ;
- Éviter de se laisser guider uniquement par les recommandations automatiques.
💡 Objectif :
Préserver son sens critique et apprendre à penser différemment.
🧩 Étude : MIT (2020) — les algorithmes de recommandation favorisent la polarisation et la conformité d’opinion, réduisant la diversité de pensée.⁵
V. Ralentir et se déconnecter
Le cerveau a besoin de silence pour se régénérer.
Des chercheurs ont montré que le calme et les moments de marche favorisent la création de nouvelles connexions cérébrales.7
Idées simples :
- Se promener sans téléphone ;
- Passer du temps dehors, sans musique ni écran ;
- Prendre quelques minutes de silence chaque jour.
💡 Objectif :
Réduire le stress, améliorer la mémoire et retrouver une vraie paix intérieure.
🧩 Étude : Sciences Humaines (2019) — la marche stimule la créativité et la mémoire en augmentant le flux sanguin cérébral et les connexions neuronales.⁷
VI. Préserver ce qui ne doit pas être numérique
Tout ne doit pas passer par la technologie.
Certaines activités gardent le cerveau vivant et équilibré, justement parce qu’elles sont physiques et réelles.⁶
À garder précieusement :
- Une bibliothèque avec de vrais livres ;
- Un carnet ou journal personnel ;
- Des activités manuelles : musique, dessin, cuisine, jardinage.
💡 Objectif :
Entretenir la mémoire, la coordination et la créativité naturelle.
Conclusion générale
Depuis Babel, l’humanité cherche à bâtir un monde unifié, où tout serait relié, contrôlé, mesurable.
Aujourd’hui, cette ambition prend la forme du numérique, des algorithmes et de l’intelligence artificielle.
Sous couvert de progrès, nous avançons vers un système où la pensée, les émotions et même la foi pourraient être surveillées et modelées.
Mais rien n’est inévitable.
Comme Daniye’l à Babel, chacun peut choisir de rester fidèle à YHWH plutôt que de se courber devant la statue de Nebucadnetsar.
Résister ne signifie pas fuir la technologie, mais la remettre à sa juste place : celle d’un outil au service de l’homme, et non d’un maître qui le façonne.
La science nous montre qu’en reprenant le contrôle de notre attention, en cultivant la lecture, la réflexion et le silence, nous pouvons réellement préserver notre liberté intérieure.
Et la Parole nous rappelle que la vraie victoire ne se trouve dans la foi et la communion avec Elohîm.
Nous vivons un temps de grandes décisions.
Le numérique prépare une humanité connectée, surveillée, peut-être même fusionnée.
La question reste ouverte — et chacun doit y répondre dans sa conscience :
Sommes-nous esclaves ou maîtres de la technologie ? Soumis à Elohîm ou soumis à la Bête et son système ?
Notes de bas de page
- R. Sapolsky, Behavioral Neuroscience Review, 2020 – Impact de la surcharge numérique sur les circuits dopaminergiques.
- M. Watanabe et al., Frontiers in Behavioral Neuroscience, 2021 – Écriture manuelle et mémoire.
- J. Wolf, Reader, Come Home, 2018 – Effets cognitifs de la lecture profonde.
- Stanford University, The Literary Lab Report, 2014 – Lecture lente et activité cérébrale.
- MIT Media Lab, Algorithmic Influence Study, 2020 – Polarisation cognitive et IA.
- K. Kraus et al., Brain, Structure and Function, 2013 – Silence et neurogenèse.
- Sciences Humaines, “Neurosciences : la tête et les jambes”, 2019 – Marche et créativité.

















