Définition dans McClintock & Strong
Johann Jacob Moser
Moser, Johann Jacob
Moser, Johann Jacob, éminent juriste protestant allemand et hymnologue, réputé pour ses efforts en faveur de l’Église dans ses rapports avec l’État, naquit à Stuttgart le 18 janvier 1701. Il fit des études de droit à l’université de Tübingen, où il soutint sa thèse en 1720, et la même année fut nommé professeur extraordinaire. Comme il n’y avait cependant qu’un faible auditoire, il partit en 1721 pour Vienne. L’empereur et le vice-chancelier, le comte de Schönborn, lui offrirent une position très importante à la condition qu’il abjurât les doctrines luthériennes, mais il refusa résolument. De retour dans son pays, il fut accusé d’avoir fourni à l’empereur des informations concernant des affaires que le duc de Wurtemberg souhaitait garder secrètes. En 1724 il retourna à Vienne, où il fut encore mieux reçu que la première fois ; le comte de Schönborn lui accorda une pension et le chargea de divers travaux de jurisprudence.
Rappelé à Stuttgart en 1726, Moser fut nommé conseiller de la régence, et l’année suivante professeur de jurisprudence au collège ducal de Tübingen. Cependant irrité par la jalousie de plusieurs de ses collègues, il démissionna en 1732. En 1733, le duc Charles‑Alexander prenant les rênes du gouvernement, il fut de nouveau nommé conseiller. En 1736 le roi de Prusse le nomma conseiller privé et professeur de jurisprudence à l’université de Francfort-sur-l’Oder. En 1739 il démissionna aussi de cette chaire en raison de différends avec ses collègues, et se retira dans la vie privée à Ebersdorf. Pendant les huit années qu’il y passa, plusieurs princes le chargèrent de missions fort importantes ; ainsi, en 1741, il représenta l’électeur de Trèves dans les longues discussions qui précédèrent l’élection de l’empereur Charles VII. En 1747, après avoir refusé d’approuver les changements religieux introduits par le comte Zinzendorf, il accepta la chancellerie d’Hesse‑Hombourg, à condition qu’on lui permît d’appliquer ses vues libérales sur le gouvernement et l’économie politique ; lorsque ce privilège lui fut ensuite retiré, il démissionna et s’établit à Hanau, où il fonda en 1749 une école professionnelle pour jeunes gens destinés à l’administration. Il devint plus tard conseiller juridique de Wurtemberg ; et ayant, à ce titre, résisté aux mesures arbitraires du premier ministre, il fut arrêté le 12 juillet 1759 et emprisonné pendant cinq ans, sans jugement. Libéré par le Conseil aulique en septembre 1764, il reprit ses fonctions, qu’il exerça encore six années, puis se retire de la vie publique. Il mourut à Stuttgart le 30 septembre 1785. Parmi ses œuvres et pamphlets, plus de cinq cents volumes couvrant, outre des sujets juridiques, aussi le domaine de la religion pratique, spécialement l’hymnologie, il convient de signaler particulièrement ceux qui touchent plus ou moins au droit ecclésiastique et aux objets humanitaires ; tels sont : Merkwürdige Reichshofrath Conclusa (Francf. 1726, 8 volumes, 8vo) ; Bibliotheca juris publici (Stuttg. 1729-1734, 3 vol., 8vo) ; Miscellanea juridico‑historica (Francf. 1729-1730, 2 vol., 8vo) ; Grundriss d. heutigen Staatsverfassung von Deutschland (Tubing. 1731, 8vo ; six éditions depuis) ; Einleitung in den Reichshofraths-Process (Francf. 1733-1737, 4 vol., 8vo) ; Syntagma dissertationum Jus publicum Germanicum illustrantium (Tubing. 1735, 4to) ; Corpus juris evangelicorum ecclesiasticum (Zullichau, 1737-1738, 2 vol., 4to) ; Altes deutsches Staatsrecht (Nürnberg, 1737-1754, 53 fasc., 4to) ; Alte u. neue Reichshofraths Conclusa in causis illustribus (Francf. 1743-1746, 3 parts, 8vo) ; Opuscula academica selecta Juris capita explicantia (Francf. 1745, 4to) ; Deutsches Staatsarchiv (Francf. 1751-1757, 13 fasc., 4to) ; Neues deutsches Staatsrecht (Stuttg. 1766-1772, 20 vol., 4to, avec 3 vol. de supplément [Francf. 1781-1782, 3 vol., 4to], et un Index, 1775) ; Vermischte Nachrichten v. reichsritterschaftlichen Sachen (Nürnberg, 1772, 6 fasc., 8vo) ; Beiträge zu reichsritterschqftlichen Sachen (Ulm, 1775, 4 parts, 8vo) ; Abhandlungen über verschiedene Reichsmaterien (Ulm, 1772-1778, 5 vol., 4to) ; Reichsstädtisches Magazin (Ulm, 1774-1775, 2 vol., 8vo) ; Neueste Geschichte der unmittelbaren Reichsritterschaft (Ulm, 1775-1776, 2 vol., 8vo) ; Erläuterung des Westphalischen Friedens (Erlangen, 1775-1776, 2 parts, 4to) ; Versuch des neuesten europäischen Völkerrechts in Friedens-und Kriegszeiten (Francf. 1777-1780, 10 vol., 8vo) ; Betrachtungen über die Wahlcapitulation Josephs II (Francf. 1778, 2 vol., 4to) ; Beiträge zu dem neuesten europäischen Völkerrechte (Tubing. 1787, 5 parts, 8vo), etc. Voir Lebensgeschichte Mosers (autobiographie [Francf. 1777-1783], 4 parts, 8vo) ; Ledderhose, Aus dem Leben J. v. Moser's (2e éd. 1852) ; Grüneisen, in Piper's Kirchen-Kalender, 1852 ; Weidlich, Nachrichten von jetztlebenden Rechtsgelehrten, vol. 2 ; Hirsching, Hist. lit. Handbuch ; Herzog, Real-Encyklop. 10:32 ; Hoefer, Nouv. Biog. Générale, 36:719 ; Bullet. Theol., octobre 1869, p. 310. (J.H.W.)