Définition dans McClintock & Strong
Anan (fondateur du karaïsme)
Anan (2)
Anan (Ananias, ou Ananus), BEN-DAVID, le célèbre fondateur du karaïsme. La date exacte de sa naissance ne peut être aujourd'hui établie. Tout ce que nous savons est que son oncle Salomon, qui fut prince ou patriarche des Juifs exilés, mourut sans enfant en apr. J.-C. 761 ou 762 ; qu'Anan était le successeur légitime à la patriarcat ; et qu'il était alors assez âgé pour devenir le prince de la Captivité, de sorte qu'il avait probablement environ trente ans. Il fut cependant empêché d'obtenir la patriarchat par les frères R. Jehudai le Borgne et R. Dudai, alors gaonim ou présidents des académies (le premier à Sora, de 759 à 762 ; le second à Pumbaditha, de 761 à 764), parce qu'il rejetait les traditions des pères et faisait de la Bible la seule règle de sa foi ; et son frère cadet, Chanaizja, ou Achunai, fut élu à sa place. Anan, cependant, ne se disposait pas à se soumettre sans réserve à un tel affront, et ses partisans l'encouragèrent à faire appel au calife Abugafar Almansor contre la décision des collèges. Au début le calife fut disposé à favoriser sa prétention, mais finalement la partie rabbinique triompha, et Anan dut quitter le pays. Il se retira à Jérusalem, où il bâtit une synagogue dont les murs étaient encore debout au temps de la Première Croisade. Avec l'établissement de la communauté, le schisme devint formel. Les Juifs rabbiniques excommuniaient Anan et son parti ; et Anan, d'autre part, déclara qu'il souhaitait que tous les Juifs rabbiniques fussent en son corps ; il se détruirait alors, afin qu'ils mourussent avec lui. Les écrits d'Anan sont malheureusement perdus, et nous devons principalement les déclarations et allusions des historiens arabes Makrizi, Masudi, Sharastani et Abulfeda pour connaître son système doctrinal. Les principes de base sont l'unité de Elohîm et sa justice. Anan rejeta absolument le Talmud, et conseilla à ses disciples de « rechercher diligemment les Écritures ». Il rejeta aussi le calendrier introduit par Hillel II, et réinstitua le commencement scripturaire du mois, lequel est lorsque la nouvelle lune paraît. Le sabbat devait être observé selon l'Écriture, et il fut à cet égard plus strict en théorie que les rabbins. Il abolit l'usage des phylactères en expliquant Exode 13:9 figurativement, comme en Proverbes 3:3 ; Proverbes 6:21. En matière d'héritage il plaça fils et fille sur un pied d'égalité, et déclara qu'un mari n'a pas droit à hériter des biens de son épouse décédée. De Mashiah, en tant que fondateur du christianisme, Anan parla en termes du plus grand respect. « Les amis de la vérité doivent savoir », lit-on dans un passage hébreu cité par Wolf, Bibl. Hebri 4, 1086, « que Yéhoshoua le Nazaréen fut un grand maître, un homme juste et bon ; un qui craignit Elohîm, et qui n'enseigna rien comme loi ou jugement que la loi écrite de Elohîm (תורת האלחים), rejetant tout ce qui pourrait être prouvé différent ou contraire à ce que Moïse (sur lui la paix) écrivit dans la loi. » Les disciples d'Anan le regardaient avec une telle adoration et révérence qu'ils instituèrent une prière pour commémorer sa mort, que les Karaïtes disent encore chaque sabbat, et qui est ainsi : « Notre Seigneur et Elohîm de nos pères, aie pitié de nos morts et de tes morts, et de tous les morts de tout ton peuple, la maison d'Israël ; principalement et avant tout, sur notre rabbi Anan le prince, l'homme de Elohîm, le patriarche de la Captivité, qui ouvrit la voie de la loi, éclaira les yeux des Karaïtes, détourna beaucoup du péché et de la transgression, et nous guida dans la droite voie. » Voir Rule, Hist. of the Karaite Jews, p. 103 sqq. ; Gratz, Gesch. d. Juden, 5, 174 sqq. ; Fürst, Gesch. des Karäertums, 1, 36 sqq. ; les זכרונות, dans הקראים אּחלק ראשון סדר תפלית (Vienne, 1854). (B. P.)