Définition dans McClintock & Strong
Affection
Affection, au sens philosophique, désigne la manière dont nous sommes affectés par une chose pendant une durée, qu'il y ait douleur ou plaisir ; mais au sens le plus courant elle peut se définir comme une inclinaison fixée de l'esprit envers un être ou une chose particuliers. Elle occupe une place intermédiaire entre la disposition d'une part et la passion d'autre part. Elle se distingue de la disposition, qui, étant une branche de la nature originelle, doit exister avant qu'il y ait occasion de l'exercer sur un objet particulier ; tandis que l'affection ne peut être originelle, parce qu'ayant une relation spéciale à un objet particulier, elle ne peut exister que l'objet ait été présenté au moins une fois. Elle se distingue aussi de la passion, qui, dépendant de la présence réelle ou imaginaire de son objet, disparaît avec l'objet ; tandis que l'affection est une liaison durable, et, comme les autres liaisons, subsiste même lorsque nous ne pensons pas à l'objet. VOIR DISPOSITION et VOIR PASSION.
Les affections, pour ce qui regarde la religion, peuvent se définir comme les «exercices vigoureux et sensibles de l'inclination et de la volonté de l'âme envers les objets religieux». Quelles que soient les extrémités auxquelles les stoïciens ou les enthousiastes aient pu arriver, il est évident que l'exercice des affections est essentiel à l'existence de la vraie religion. Il est vrai, en effet, «que toute dévotion affectueuse n'est pas sage et raisonnable ; mais il est non moins vrai que toute dévotion sage et raisonnable doit être affectueuse.» Les affections sont les ressorts de l'action ; elles appartiennent à notre nature, de sorte qu'avec les plus hautes perceptions de la vérité et de la religion, nous serions inactifs sans elles. Elles influencent considérablement les hommes dans les affaires communes de la vie ; combien plus donc doivent‑elles opérer dans ces objets importants qui touchent Elohîm, l'immortalité de l'âme, et le bonheur ou le malheur d'un état futur ! La religion des saints les plus éminents a toujours consisté dans l'exercice d'affections saintes. Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ) lui‑même nous donne un exemple des affections les plus vives et les plus vigoureuses ; et nous avons toute raison de croire que l'emploi des bienheureuses occupations célestes consiste en l'exercice des affections. En outre, les Écritures de vérité nous enseignent que la religion n'est rien si elle n'occupe pas les affections (Deutéronome 6:4‑5 ; Deutéronome 30:6 ; Romains 12:11 ; 1 Corinthiens 13:13 ; Psaume 27:14).
Il faut toutefois distinguer ce qui peut être purement naturel et ce qui est vraiment spirituel. Les affections peuvent être excitée de façon naturelle sous les ordonnances, par une impression naturelle (Ézéchiel 33:32), par une sympathie naturelle, ou par le tempérament naturel de notre constitution. Ce n'est pas un signe que nos affections sont spirituelles parce qu'elles sont élevées, produisent de grands effets sur le corps, nous excitent à beaucoup d'activités extérieures, ou à constamment parler de nous‑mêmes. Ces choses se trouvent souvent chez de simples professeurs de religion (Matthieu 7:21‑22).
Pour savoir si nos affections sont excitée d'une manière spirituelle, il faut examiner si ce qui excite nos affections est réellement spirituel ; si nos consciences sont alarmées et nos cœurs impressionnés ; si le jugement est éclairé et que nous ayons une perception de l'excellence morale des choses divines ; et enfin si nos affections ont une tendance sainte et produisent les heureux effets d'obéissance à Elohîm, d'humilité en nous‑mêmes et de justice envers nos semblables. Voir Lord Kaimes, Elements of Criticism, 2, 517 ; Edwards, On the Affections ; Pike and Hayward, Cases of Conscience ; Watts, Use and Abuse of the Passions ; M'Laurin, Essays, § 5 et 6 ; Jeremy Taylor, Works, 2, 114, 164 ; Buck.
