Définition dans McClintock & Strong

Aera

Aera (Ère), une série d'années employée à des fins chronologiques, datant d'un événement bien connu. VOIR ÉPOQUE.

I. Les anciens Juifs faisaient usage de plusieurs ères dans leurs calculs :

1. D'après Genèse 7:11; Genèse 8:13, il apparaît qu'ils comptaient d'après les vies des patriarches, ou d'autres personnages illustres.

2. Depuis leur sortie d'Égypte, et la première institution de leur polité (Exode 19:1; Nombres 1:1; Nombres 33:38; 1 Rois 6:1).

3. Par la suite, depuis la construction du temple (1 Rois 9:10; 2 Chroniques 8:1), et depuis les règnes des rois de Juda et d'Israël.

4. Depuis le commencement de la captivité babylonienne (Ézéchiel 1:1; Ézéchiel 33:21; Ézéchiel 40:1), et, peut‑être, aussi depuis leur retour et la dédicace du second temple. Avec le temps ils adoptèrent,

5. l'ère des Séleucides, qui, dans les livres des Maccabées est appelée l'ère des Grecs, et l'ère alexandrine ; elle commença à partir de l'année où Séleucos Nicator atteignit la souveraineté ; c.-à-d. vers 312 ans avant la naissance de Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ). Cette ère continua généralement d'être en usage parmi les Orientaux, à l'exception des Mohammedans, qui l'employèrent, conjointement avec leur propre ère, depuis la fuite de Mahomet. Les Juifs n'eurent pas d'autre époque jusqu'en apr. J.-C. 1040, lorsque, expulsés d'Asie par les califes, ils commencèrent à dater depuis la Création, sans toutefois abandonner entièrement l'ère des Séleucides.

6. Ils avaient aussi coutume de compter leurs années d'après les années où leurs princes commençaient à régner. Ainsi, dans 1 Rois 15:1; Ésaïe 36:1; et Jérémie 1:2‑3, nous avons des traces de leur ancien calcul selon les années de leurs rois ; et, à des époques plus tardives (1 Maccabées 13:42; 14:27), selon les années des princes asmoneens. De ce mode de computation nous avons des vestiges dans Matthieu 2:1; Luc 1:5; et Luc 3:1.

7. Depuis la compilation du Talmud, les Juifs comptent leurs années depuis la création du monde, qu'ils fixent en av. J.-C. 3761. (Voir Reland, Antiq. Hebr. ; Schulzii Compend. Arch. Hebr. ; Jahn, Arch. Bibl.) VOIR CHRONOLOGIE.

II. Les anciens païens employèrent les aires suivantes :

1. L'ère de la première Olympiade est placée dans l'année du monde 3228, et avant l'Ère vulgaire 776.

2. La prise de Troie par les Grecs, dans l'année du monde 2820, et av. J.-C. 1184.

3. Le voyage entrepris pour rapporter la toison d'or, dans l'année du monde 2760.

4. La fondation de Rome, av. J.-C. 753.

5. L'ère de Nabonassar, av. J.-C. 747.

6. L'ère d'Alexandre le Grand, ou sa dernière victoire sur Darius, av. J.-C. 330.

7. L'ère julienne, depuis av. J.-C. 45.

8. Dans une grande partie de l'Inde, l'ère de Sûlwanah, depuis apr. J.-C. 78.

9. Dans l'Empire romain tardif, l'ère de Dioclétien, depuis apr. J.-C. 284.

10. Parmi les Mohammedans, l'Hégire, depuis apr. J.-C. 622.

11. Parmi les Persans modernes, l'ère de Yezdegird, depuis apr. J.-C. 632. VOIR AGE.

III. Les chrétiens, pendant longtemps, n'eurent pas d'ère propre, mais suivirent celles en usage dans les divers pays.

1. Dans la partie occidentale de l'Empire romain, l'ère consulaire resta en usage jusqu'au VIe siècle apr. J.-C. Fréquemment aussi les années furent comptées depuis l'accession d'un empereur au trône.

2. L'ère Diocletiana, commençant avec l'accession de Dioclétien au trône (284), entra en usage la première et devint fort commune en Égypte. Les chrétiens qui l'employèrent la nommèrent Ère des Martyrs, à cause du grand nombre de ceux qui subirent le martyre sous le règne de cet empereur. Elle est encore utilisée par les Abyssins et les Coptes.

3. Du temps de Constantin la coutume naquit de compter les années selon les indictions. Un cycle d'indiction est une période de quinze ans, et la première année du premier cycle est généralement considérée comme correspondant à l'année 313 de l'Ère chrétienne. Cette ère fut très commune au Moyen Âge.

4. L'Ère hispanique fut en usage en Espagne du Ve au XIVe siècle, quand elle céda la place à l'ère dionysienne. Elle commence avec l'année av. J.-C. 38, c.-à-d. l'année suivant la conquête de l'Espagne par Auguste.

5. L'Ère des Séleucides, ou ère macédonienne, commence, selon le calcul généralement suivi, le 1er septembre av. J.-C. 312, époque des premières conquêtes de Séleucos Nicator en Syrie. Elle est encore employée dans l'année ecclésiastique des chrétiens syriens.

6. L'Ère d'Antioche, adoptée pour commémorer la victoire de César sur les plaines de Pharsale, commence le 1er sept. av. J.-C. 49, selon le calcul des Grecs, mais onze mois plus tard selon celui des Syriens. Elle est suivie par Evagrius dans son Histoire ecclésiastique.

7. L'Ère des Arméniens commence apr. J.-C. 552, année où les Arméniens, au concile de Thèbéne (Tiben), se séparèrent du corps principal de l'Église orientale en rejetant le concile de Chalcédoine.

8. L'Ère de Constantinople, ou ère byzantine, commence avec la création du monde, qu'elle fixe 5508 ans avant l'Ère chrétienne ou vulgaire. Elle est encore en usage parmi les Albanais, Serbes et Grecs modernes.

9. L'ère la plus commune parmi les chrétiens est l'ère dionysienne (Ère Dionysiana), ainsi nommée d'après Dionysius Exiguus (q.v.), qui la proposa au VIe siècle. Elle compte les années depuis la naissance, ou plutôt la conception du Mashiah (Christ), désignant le janvier de l'année dont le décembre vit la naissance du Mashiah (Christ) comme le janvier de la première année post Christum. Le Mashiah (Christ), selon ce calcul, fut conçu à la fin de la première année «POST incarnationem» (c.-à-d. la conception). Comme première année post Christum, Dionysius suppose l'année 754 depuis la fondation de Rome, hypothèse qui a été depuis longtemps démontrée incorrecte. VOIR NATIVITÉ. L'ère dionysienne fut adoptée à Rome dès le milieu du VIe siècle. La première transaction publique datée selon elle est le Concilium German. an. 742 ; et le premier souverain qui l'employa fut Charlemagne. Au XIe siècle elle fut adoptée par les papes, depuis quoi son usage dans l'Église occidentale est devenu universel.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.