Définition dans Jewish Encyclopedia
Livre d'Habacuc
HABAKKUK, BOOK OF
Données bibliques : L’un des douze livres prophétiques mineurs. Il se divise facilement en deux parties : (1) ch. i-ii ; (2) ch. iii. La première partie est un « massa » (un oracle de condamnation). Mais contrairement à l’usage dans d’autres livres prophétiques, il n’est pas indiqué contre quel peuple la prophétie est prononcée. Tel qu’il se présente maintenant dans le texte massorétique, ce premier morceau a la forme d’un dialogue.
Ch. i. 1-4 se lamente de la corruption morale régnante, que Elohîm ne semble pas entendre ; i. 5-11 contient l’annonce divine d’un jugement imminent par les Chaldéens ; i. 13-17 exprime la plainte du prophète contre l’orgueil et la cruauté excessifs de l’ennemi. Dans ch. ii, Elohîm exhorte Habacuc à ne pas juger hâtivement que le mal triomphe, mais à demeurer confiant (1-4). Cinq « malédictions », le contenu du « mashal » ou du « proverbe railleur » (5-6), phrased par le peuple opprimé par le conquérant, sont énumérées (6, 9, 13, 13, 19). Ch. iii est un psaume évoquant diverses théophanies, décrivant la puissance guerrière d’Elohîm, qui plie la terre, les montagnes et les fleuves à Ses desseins — voire le soleil et la lune — au bénéfice de Son peuple. Le chant se conclut par l’affirmation que, bien que les bénédictions de la nature manquent en des jours d’aridité, le chantre se réjouira en YHWH (17-19).
Le livre foisonne d’expressions frappantes et de mots rares, par ex. la description de l’invasion des Chaldéens (i. 6 sq.) ; d’Elohîm comme ayant « des yeux trop purs pour voir le mal » (i. 13) ; des « hommes … comme des poissons de la mer » (i. 14) ; du culte des ustensiles du pêcheur (i. 16) ; de la « pierre qui crie » (ii. 11) ; de la folie de l’idolâtrie (ii. 18-19). Le ch. iii est particulièrement riche en comparaisons frappantes (14-15). Le livre est remarquable aussi par son originalité. L’auteur s’écarte de la méthode habituelle des Prophètes. Dans leurs discours, la nation est centrale ; chez Habacuc c’est Elohîm et Sa gouvernance du monde qui le sont. Il tente de démêler le sens de la tolérance divine envers la tyrannie et l’injustice. Dans ses questions Habacuc adresse des doutes à Elohîm, sans pourtant se dresser contre Lui (G. A. Smith, « The Twelve Prophets », ii. 130 et s.).
