Définition dans Jewish Encyclopedia

Ezra

EZRA THE SCRIBE

(nsiDn Nniy) Biblique
Données : Un descendant de Seraïah, le grand prêtre (Néhémie viii. 13 ; Esdras vii. 1 s.; II Rois xxv. 18-21) ; membre de l’ordre sacerdotal, et donc connu aussi sous le nom d’Esdras le Prêtre (jriDn Esdras vii. 11 ; x. 10, 16). Le nom, probablement une abréviation d’“Azaryahu” (Elohîm aide), apparaît en grec (LXX., Apocrypha, Josèphe) et en latin (Vulgate) sous la forme “Esdras.” Bien qu’Esdras ait été l’un des personnages les plus importants de son époque, et d’une influence considérable sur le développement du judaïsme, sa biographie doit être reconstituée à partir de matériaux rares, fournis en partie par des fragments de ses propres mémoires (voir Esdras, Livre d’). La première mention certaine de lui se rapporte à un firman royal lui accordant la permission de conduire un groupe d’exilés de retour à Jérusalem (Esdras vii. 12-26). Cet édit fut promulgué dans la septième année du roi Artaxerxès, correspondant à 458 av. J.-C. Il n’y a aucune raison de douter de l’authenticité du document tel qu’il est incorporé en araméen dans le Livre d’Esdras, quoiqu’on puisse admettre une teinte judaïque. Les arguments avancés pour la thèse opposée (Cornill, “Einleitung in das Alte Testament,” p. 264 ; Driver, “Introduction to the Literature of the Old Testament,” 10e éd., p. 550) portent au plus sur l’exactitude verbale, non sur l’exactitude matérielle, du décret. Il n’existe pas non plus de raison de penser que le roi en question fût autre qu’Artaxerxès Longimanus. L’affirmation d’A. van Hoonacker (“Nehemie et Esdras,” etc., Paris, 1890) selon laquelle Esdras serait venu à Jérusalem dans la septième année d’Artaxerxès II (397 av. J.-C.; comp. Winckler, “Altorientalische Forschungen,” ii. 2; Cheyne, in “Biblical World,” oct. 1899) est intenable (voir Guthe, “Gesch. des Volkes Israel,” i. 252 ; Piepenbring, “Histoire du Peuple d’Israël,” p. 537 ; Kuenen, “Gesammelte Abhandlungen zur Bibl. Wissenschaft,” éd. Budde, pp. 239 s.).

Bien que plus accueillie, l’hypothèse de Koster (in “Het Herstel van Israel,” éd. allemande par Basedow, pp. 103 s.) selon laquelle Esdras n’arriva à Jérusalem que lors de la seconde visite de Néhémie (433 av. J.-C.) ne peut être soutenue (voir Ed. Meyer, “Die Entstehung des Judenthums,” 1896, pp. 60, 89 ; idem : Wellhausen, “Die Rückkehr der Juden,” pp. 3 s.). Il est probable que la réputation de savant dont il jouissait (d’où « the ready scribe » ; Esdras vii. 6) lui valut la faveur du roi, qui, dans le firman, semble lui avoir conféré de vastes prérogatives pour mettre son projet à exécution. Le nombre des voyageurs se monte à environ 1 500, pour la plupart issus des tribus de Juda et de Benjamin (Esdras viii. 1-14), sans compter les femmes et les enfants. Les compagnons d’Esdras se rassemblèrent à Jérusalem, le fleuve coulant vers Aïlwa. Mais aucun lévite ne faisant partie d’eux, Esdras persuada 38 lévites et 220 nethinim de se joindre à son expédition. Après avoir observé un jour de jeûne et de prière en commun, le douzième jour du premier mois (Nissan = avril), sans escorte militaire mais avec les précautions nécessaires pour la sauvegarde des larges présents et des trésors confiés à leur garde, ils s’acheminèrent et arrivèrent sans incident à Jérusalem au cinquième mois (Av = août).

Peu après son arrivée, Esdras fut contraint de prendre des mesures énergiques contre les mariages avec des femmes non-hébraïques (devenus courants même parmi des hommes de haut rang), et il insista de façon très dramatique pour la répudiation de telles épouses (Esdras ix. et x.) ; mais ce ne fut qu’après l’arrivée de Néhémie (444 av. J.-C. ; comp. Néh. viii. 1 s.) qu’il publia le “livre de la loi de Moïse” qu’il avait apporté de Babylone, et fit reconnaître solennellement la colonie sur sa base comme code religieux et civil. Esdras est en outre mentionné comme chef d’un des deux chœurs chantant des hymnes d’action de grâces lors de la dédicace du mur (Néh. xii. 33 s.), note suspectée d’être une glosse de valeur historique contestable.

E. G. H.

Dans la littérature rabbinique : Esdras marque le printemps de l’histoire nationale du judaïsme. “Les fleurs paraissent sur la terre” (Cant. ii. 12) se rapporte à Esdras et Néhémie (Midr. Cant., ad loc.). Esdras méritait d’être le véhicule de la Loi, s’il ne l’eût déjà reçue par Moïse (Sanh. 21b). Elle avait été oubliée, mais Esdras la restaura (Suk. 20a). Sans ses fautes, Israël au temps d’Esdras aurait connu des miracles comme à l’époque de Josué (Ber. 4a). Esdras fut disciple de Baruch ben Neriya (Cant. R.) ; ses études l’empêchèrent de se joindre au premier groupe retournant à Jérusalem sous le règne de Cyrus, l’étude de la Loi étant pour lui d’une importance supérieure à la reconstruction du Temple. Selon une autre opinion, Esdras resta en arrière afin de ne pas entrer en concurrence, même involontaire, avec Josué ben Joçadaq pour la charge de grand prêtre. Esdras rétablit le texte du Pentateuque, y introduisant les caractères assyriens ou « carrés », apparemment comme mesure polémique contre les Samaritains (Sanh. 21b). Il montrait ses doutes sur l’exactitude de certains mots du texte en mettant des points au-dessus d’eux. « Si Élie, disait-il, approuve le texte, les points seront négligés ; s’il désapprouve, les mots douteux seront supprimés du texte » (Ab. R. N. xxxiv.). Esdras aurait écrit le Livre des Chroniques et le livre portant son nom (B. B. 16a).

Il est considéré et cité comme le type de la personne la plus compétente et érudite en Loi (Ber. R. xxxvi.). Les Rabbins associent son nom à plusieurs institutions importantes. C’est lui qui ordonna que trois hommes lisent dix versets de la Torah les deuxième et cinquième jours de la semaine et lors du service de l’après-midi (“Miuhah”) du sabbat (B. K. 82a) ; que les “malédictions” du Lévitique soient lues avant Chavouot, et celles du Deutéronome avant Roch ha-Chana (Meg. 31b ; voir Bloch, “Die Institutionen des Judenthums,” i.1, pp. 112 s., Vienne, 1879). Il ordonna aussi que les tribunaux siègent le lundi et le jeudi ; que les vêtements soient lavés ces jours ; que l’ail soit mangé à la veille du sabbat ; que la femme se lève tôt et fasse cuire le pain le matin ; que les femmes portent une ceinture (B. K. 82a ; Yer. Meg. iv. 75a) ; que les femmes prennent un bain rituel (B. K. 82a) ; que des colporteurs puissent visiter les cités où des marchands étaient établis (B. K. 82a ; voir Bloch, l.c. p. 127) ; que dans certaines contingences les hommes se plongent dans une baignoire rituelle ; que la lecture à la fin des bénédictions soit « min ha-‘olam we-‘ad ha-‘olam » (d’éternité en éternité : contre les Sadducéens ; voir Bloch, l.c. p. 137). Son nom est aussi associé au travail de la Grande Synagogue (Meg. 17b). On dit qu’il prononça le Nom Divin (YHWH) selon ses sons propres (Yoma 69b), et que les débuts du calendrier juif sont ramenés à lui (Bezah 6a ; Rachi, ad loc.).

La tradition veut qu’Esdras mourût à l’âge de 120 ans en Babylonie. Benjamin de Tudèle montra sa tombe sur le Shatt al-‘Arab, près du point où le Tigre se jette dans l’Euphrate (“Itinerary,” i. 73). Selon une autre légende, il se trouvait au moment de sa mort à Babylone, comme courtisan de la suite d’Artaxerxès (voir Vigouroux, “Dictionnaire de la Bible,” ii. 1931). Josèphe, cependant, relate qu’Esdras mourut à Jérusalem, où il fut enterré (“Ant.” xi. 5, § 5). Dans le selihah met N pour le 10 de Tevet, la date du décès d’Esdras est donnée comme le 9 de Tevet (voir Choulhan ‘Aruk, Orah Hayyim, 580).

E. C. E. G. H. — I. Br.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.